Alors que nous sommes en plein dans les matchs de conférence, un premier bilan s’impose à moins de dix semaines de la March Madness. Qui s’impose comme le favori ? Quelles équipes ont surpris ? Lesquelles ont déçu ? Quels joueurs sont sortis du lot ?
Syracuse, Kentucky et Ohio State confirment leur statut
Les Orange sont actuellement l’équipe n°1 du pays avec un bilan parfait de 20-0 mais la seule équipe classée qu’ils ont rencontré est Marquette, #20 (victoire 73-66). On attend de voir les Orange à l’œuvre lors de la deuxième partie des matchs de conférence avec notamment un triptyque Georgetown, Louisville et UConn la même semaine. Mais sur ce qu’on a vu jusqu’à présent, c’est du solide.
Kentucky est dans les temps également. Classé n°2 du top 25 avec une seule défaite au buzzer à Indiana, les Wildcats sont plus que jamais redoutables. Ils ont parfaitement entamé les matchs de conférence avec des victoires contre South Carolina, Auburn et Tennessee. Dans ce match contre les Volunteers disputé dans le Tennessee, on a vu une équipe de Kentucky en difficulté mais qui a su faire face et trouver les ressources nécessaires pour l’emporter. On a encore vu à la manœuvre un énorme Michael Kidd-Gilchrist qui s’impose vraiment comme le meilleur joueur des Wildcats. 17pts et 11rbs au compteur ainsi qu’une paire de shoots décisifs. Le freshman n’a pas froid aux yeux et est devenu le clutch player de Calipari. L’équipe est bien équilibrée avec 5 joueurs en double figure. Kidd-Gilchrist et Doron Lamb sont les artilleurs et Anthony Davis fait le ménage dans la raquette (13.1pts, 10.2rbs, 4.6 blocks). Terrence Jones alterne le bon et le très mauvais mais il a pris vraiment le rôle de leader de vestiaire et de grand frère pour encadrer ces coéquipiers. Lui même n’est que sophomore mais on sent chez lui une vraie emprise sur ses coéquipiers et une maturité que les autres n’ont pas.
Le plus décevant reste Marquise Teague : 10.7pts, 4.2pds et 3.2to. Le gamin fait beaucoup de mauvais choix et n’est définitivement pas encore prêt pour la NBA contrairement aux autres meneurs qu’a eu Calipari par le passé.
Reste le plus dur à venir pour les Wildcats : Mississippi State et Florida, les deux meilleurs équipes de la conférence avec Kentucky.
Du côté d’Ohio State, on a déjà 3 défaites au compteur mais les Buckeyes évoluent dans la conférence la plus relevée cette saison : la Big Ten. Outre Ohio State, on retrouve Michigan State, Michigan, Indiana, Wisconsin, Illinois, Purdue ! Dur, dur… OSU a commencé les matchs de conférence par une défaite à Indiana 74-70 mais les Hoosiers étaient encore sur leur nuage. OSU est ensuite tombé à Illinois 79-74. Le Fighting Illini était emmené ce soir là par un Brandon Paul en feu : 43pts à 8/10 à 3pts pour l’arrière de 3e année.
Ohio State reste néanmoins solide avec un Jared Sullinger toujours aussi dominant à l’intérieur : 17.3pts et 9.3rbs à 60% au shoot.
North Carolina corrigé
Si j’avais écrit cet article il y a une semaine, j’aurais parlé des Tar Heels dans le premier paragraphe. Mais voilà, entre temps UNC s’est fait démolir à Florida State 90-57. Je n’avais pas vu une équipe de North Carolina aussi faible depuis bien longtemps. Donc forcément, le doute s’installe quand à la capacité des Tar Heels à aller au bout. Il manquait de tout dans ce match : l’envie, le sérieux, l’intensité. On sait que chaque match de conférence à l’extérieur s’apparente à un véritable traquenard mais il s’emblerait que les hommes de Roy Williams aient pris ce match à la légère, ça ne pardonne pas contre une équipe des Seminoles qui se positionne maintenant depuis plusieurs années comme la 3e puissance de l’ACC derrière les deux rivaux. Autre élément mis en cause dans ce désastre : le calendrier inter-conférence. Avant ce premier match de conférence à l’extérieur, UNC n’avait disputé en tout et pour tout que 3 matchs à l’extérieur sur 17 ! Un sur terrain neutre contre Michigan State, un à UNC-Asheville (ça reste dans l’état de Caroline du Nord) et un à Kentucky. Depuis le 3 décembre, UNC jouait tranquillement dans son antre. Alors bien sur ce n’est qu’un match mais lors du tournoi NCAA, sur terrain neutre face à un adversaire redoutable les Tar Heels seront-ils faire face ? Je suis officiellement inquiet.
Les bonnes surprises
Indiana assurément est la belle histoire de cette saison, on a longuement parlé il n’y a pas longtemps. Les Hoosiers sont actuellement classés #11 au top 25 mais connaissent un petit coup de moins bien. Ils ont perdu deux matchs de suite : à domicile face à Minnesota 77-74 et dans le match retour à Ohio State où ils ont été surclassé 80-63. Rien d’inquiétant pour le moment mais vu la qualité incroyable de la Big Ten cette année, il va falloir être très costaud pour finir dans le haut du tableau.
Baylor et Missouri sont les deux bonnes surprises en Big 12. Classé #3, les Bears ont néanmoins perdu lourdement le match au sommet lundi soir à Kansas 92-74, concédant ainsi leur première défaite de la saison. Overrated les Bears ? Peut-être mais on ne gagne pas non plus à Kansas en claquant des doigts. Baylor doit faire face à une semaine décisive pour eux car outre ce match à Kansas, les Bears affronte Missouri samedi pour le match au sommet du week-end. Les Tigers sont classés 5e au niveau national et n’ont perdu qu’un match à Kansas State. Le vainqueur reviendra sur les talons de Kansas en tête de la conférence, le perdant sera largué. On remarque aussi que même avec une équipe annoncée moyenne cette année, Kansas est encore une fois l’équipe à battre en Big 12.
Dans les années 1980, le titre en ACC se jouait souvent entre UNC, NC State, Duke et Virginia. Les Cavaliers de Virginia n’ont pas beaucoup brillé depuis cette époque où un certain Ralph Sampson évoluait. Mais les Cavaliers vont mieux cette année : 14-2 pour le moment. Une défaite contre TCU en début de saison et une autre d’un poil contre Duke dans un très beau match (61-58). Les Blue Devils ont du s’employer jusque dans les dernières minutes pour assurer la victoire. Emmené par le senior Mike Scott (16.9pts, 8.9rbs et 58% au shoot) les Cavaliers (#15) effectuent leur meilleure saison depuis les années Sampson.
Les déceptions
La Big East en général et Villanova et Pittsburgh en particulier font partis des grandes déceptions de la saison pour le moment. La conférence qui dominait de la tête et des épaules la NCAA ces dernières années semblent beaucoup moins forte cette année. En dehors de Syracuse (#1), UConn (#13), Georgetown (#10) et Marquette (#21), le reste est bien décevant. Louisville qui avait commencé la saison dans le top 10, a perdu de 30pts à Providence. Villanova reste sur 5 défaites lors de ces 6 derniers matchs et Pittsburgh (tête de série #1 lors de la dernière March Madness) est actuellement dernier de la Big East avec un bilan de 11-8, 0-6 en conférence ! Les Panthers n’ont marqué que 39pts dans une défaite à domicile contre Rutgers et restent sur 7 défaites de suite.
Autre conférence à la peine : la Pac-12. Aucune équipe classée dans le top 25 national et la vitrine de la conférence, UCLA, subit encore une année difficile. L’exode de ces joueurs (pour la plupart freshmens) a été trop massif et les nouveaux joueurs ne sont pas aussi bons que la génération qui a disputé 3 Final Four. De plus, les Bruins sont exilés à Anaheim cette année car leur salle mythique, le Pauley Pavilion est en travaux. Ca n’aide pas. On pensait voir le retour de Washington et Arizona, les deux autres programmes historiques de la conférence qui avaient montré de bonnes choses la saison passée mais pour l’instant c’est décevant. Résultat, c’est Stanford qui domine avec un bilan de 15-3, 5-1.
Qui sera joueur de l’année ?
A l’heure actuelle difficile de le dire mais je parierai sur un de ces 3 joueurs. Et ce n’est pas forcément ceux qu’on attendait.
Thomas Robinson, Kansas
Le junior de Kansas est en train d’exploser cette saison. Ces moyennes sont impressionnantes : 17.8pts, 12.3rbs et 54% au shoot. Il est passé de 7.6 à 17.8ppg et a doublé sa moyenne aux rebonds maintenant que la place est libre depuis le départ des jumeaux Morris. Grâce à lui, Kansas est classé #7 et réalise une nouvelle fois une grosse saison.
Jared Sullinger, Ohio State
On ne s’attendait pas vraiment à le voir revenir mais son annonce à chaud après l’élimination face à Kentucky faisait plaisir à voir ! Le pivot des Buckeyes continue donc sur sa lancée avec des stats quasi-similaires : 17.3pts, 9.3rbs, 60% au shoot. Il a manqué un match face à Kansas et ça s’est vu. Sans lui, les Buckeyes ne seraient même pas dans le top 20.
Doug McDermott, Creighton
Le sophomore de Creighton est le nouveau shooteur fou de la NCAA. Deuxième meilleur marqueur du pays avec 24.3ppg, il prend également 8.5 rbs par match. Mais c’est surtout son adresse qui font de lui un phénomène : 62% à 2pts et surtout 53% à 3pts (33/62) ! Auteur de 44pts contre Bradley le 7 janvier dernier, McDermott permet aux Bluejays de Creighton de dominer la Missouri Valley Conference (16-2, 6-1, #19). Membre de l’équipe américaine des U19 lors des championnats du monde l’été dernier en Lettonie (avec Jeremy Lamb de UConn), il avait permit au Team USA d’atteindre les quarts de finale. Une expérience qui l’a fait grandir et progresser dixit le bonhomme. Bien entouré, son coach n’est autre que son père Greg McDermott. Doug avait également évolué au lycée Ames High School dans l’Iowa au côté d’Harrison Barnes.
Tout comme Murray State dont on a parlé la semaine dernière, Creighton fait parti de ces équipes sur lesquelles il faudra compter lors de la March Madness, capable d’un exploit à la VCU ou à la Butler.
AP Top 25
Pour finir le top 25, histoire de voir un peu où nous en sommes :
PS: le top 25 est donné chaque lundi, il ne prend donc pas en compte la défaite de Baylor lundi soir par exemple.
PS2: entre parenthèses, le nombre de premières places données par les votants.
| RK | TEAM |
RECORD |
PTS |
| 1 | Syracuse (60) |
19-0 |
1,619 |
| 2 | Kentucky (4) |
17-1 |
1,558 |
| 3 | Baylor (1) |
17-0 |
1,503 |
| 4 | Duke |
15-2 |
1,380 |
| 5 | Missouri |
16-1 |
1,335 |
| 6 | Ohio State |
16-3 |
1,312 |
| 7 | Kansas |
14-3 |
1,218 |
| 8 | North Carolina |
15-3 |
1,172 |
| 9 | Michigan State |
15-3 |
1,119 |
| 10 | Georgetown |
14-3 |
884 |
| 11 | Indiana |
15-3 |
858 |
| 12 | Murray State |
18-0 |
825 |
| 13 | Connecticut |
14-3 |
807 |
| 14 | UNLV |
16-3 |
651 |
| 15 | Virginia |
14-2 |
649 |
| 16 | San Diego State |
15-2 |
621 |
| 17 | Florida |
14-4 |
596 |
| 18 | Mississippi State |
15-3 |
590 |
| 19 | Creighton |
16-2 |
471 |
| 20 | Michigan |
14-4 |
461 |
| 21 | Marquette |
14-4 |
278 |
| 22 | Illinois |
15-3 |
257 |
| 23 | Louisville |
14-4 |
208 |
| 24 | Saint Mary’s |
17-2 |
167 |
| 25 | Kansas State |
12-4 |
102 |










Ben, pourquoi le calendrier inter-conférence est si mal fichu ?
McDermott, futur grand shooteur/rebondeur en NBA ?
Et Marquise Teague est en quelle année ?
Merci^^
Le calendrier inter-conférence est géré directement par les universités (contrairement au calendrier de conférence géré par la conférence elle-même). C’est eux qui s’arrangent pour trouver des adversaires. Donc le fait que UNC n’ait joué que 3 matchs à l’extérieur avant le début des matchs de conférence est entièrement leur faute.
T’as plusieurs stratégies: soit tu te fais un calendrier facile histoire d’éviter les défaites et de pouvoir monter dans les rankings. On adopte souvent cette stratégie quand une équipe est assez jeune pour lui donner confiance.
Soit tu choisis un calendrier difficile avec bcp de bonnes équipes (comme Michigan State cette année) et avec des possibilités de défaites. Mais si tu gagnes forcément ça s’en ressent dans les rankings. Si tu perd, la force du calendrier est quand même pris en compte.
Pour McDermott, je sais pas trop j’ai juste vu un bout de match de Creighton cette année contre Illinois State. C’est un peu le « shooteur blanc de l’année » dans la lignée des Redick ou Fredette. Sauf que lui c’est un SF-PF contrairement aux autre qui était des arrières. Il a déjà joué dans le basket fiba où il s’est pas trop mal débrouillé et il est bien entouré donc à suivre.
Enfin Teague est freshman, dans la lignée des meneurs qu’a eu Calipari depuis qq années (Rose, Evans, Wall, Knight). La différence c’est que les autres étaient « nba-ready » (un an de plus pour Knight n’aurait pas été un luxe…) lui j’ai l’impression qu’il lui faudra plus de temps.
Merci pour toutes ces réponses.