Jeudi 27 décembre, en début d’après-midi, Billy King, GM des Nets, annonçait la nouvelle: « Vu la direction que nous prenions, nous sentions que nous devions provoquer un changement ». Avery Johnson, à la tête des Nets depuis 2010, est démis de ses fonctions après 10 défaites lors des 13 dernières rencontres. Retour sur les causes de cette décision et l’avenir de la franchise de Brooklyn.
La chute précipitée de Johnson
Après un mois de novembre très convaincant (11-4, Avery Johnson coach du mois à l’est), les Nets sont entrés dans une zone tourmentée, avec un bilan de 3 victoires pour 10 défaites en décembre. Avec 50% de victoires, les Nets pointent à la septième place de la conférence est. Compte-tenu des blessures rencontrées – Gerald Wallace, Brook Lopez, Deron Williams – depuis le début de la saison, ce bilan aurait pu être honorable. Mais il s’est avéré insuffisant pour le tandem Prokhorov-King.
Mikhail Prokhorov said he decided to fire Avery Johnson last week and waited until before they played the Bobcats. #dirty
— Stefan Bondy (@NYDNInterNets) 29 décembre 2012

Avery Johnson et Deron Williams, une image qui appartient désormais au passé.
La claque prise face aux Celtics, en direct sur les télévisions nationales le jour de Noël, a probablement également pesé dans la balance. Face à une équipe morte de faim, les Nets n’ont pas fait le poids. Entre un Deron Williams manquant d’implication (10 points, 6 assists), un Joe Johnson imprécis (12 points à 4/14) et un Brook Lopez moins tranchant depuis son retour de blessure (15 points à 41,7%, 8 rebonds), les Nets ont livré l’une de leur plus mauvaise prestation de la saison. Etre battus 93-76 à domicile lors du match le plus important de la saison régulière médiatiquement parlant est une pilule difficile à avaler.
Troisième élément à ne pas négliger: le facteur Deron. Depuis son passage à Utah et ses querelles avec Jerry Sloan, Deron Williams s’est construit une réputation de « coach-killer ». Pousser Jerry Sloan hors du Jazz après 23 ans à la tête de l’équipe était son premier fait d’armes. Avery Johnson est-il sa deuxième victime? La direction nie avoir subi l’influence des joueurs pour prendre sa décision. Mais, ces dernières semaines, Deron Williams avait lancé plusieurs attaques contre le style de jeu prôné par Avery Johnson. Auteur en ce moment de la plus mauvaise saison de sa carrière, le meneur s’est fendu d’une explication, rapportée par Howard Beck (du New York Times):
« Ce système était un très bon système pour mon style de jeu, » expliquant Williams de la « flex offense » de Coach Jerry Sloan. « Je suis un joueur de système. J’adore le système de Coach Sloan. J’adorais le jeu offensif là-bas.
Ces commentaires étaient provocants à plus d’un niveau.
Williams a été largement mis en cause lors du retrait soudain de Sloan en février 2011, juste avant le départ du joueur chez les Nets. Ses dernières éloges du système de Sloan peuvent être vues comme des critiques subtiles de l’attaque mise en place par Avery Johnson. Deron Williams n’a rien fait pour décourager cette interprétation quand il a comparé les attaques mises en place par les Nets et celles de Utah. « Est-ce aussi bien ici? Non », répond-il. « C’est juste plus d’isolations et de un-contre-un » dans l’attaque de Johnson.
En remettant ouvertement en question les choix tactiques de son coach, Deron Williams ne pouvait pas ignorer qu’il mettrait la pression sur Avery Johnson. Qu’il enverrai le message: « si je ne joue pas à mon niveau cette saison, c’est à cause d’Avery. » Et quand le joueur le mieux payé d’une franchise s’exprime de la sorte, il met son coach sur la sellette.
Deron Williams a toutefois exprimé à plusieurs reprises ne pas avoir poussé la direction à virer Avery Johnson.
Deron also said if he were consulted, he’d have said Avery should be coach.
— Stefan Bondy (@NYDNInterNets) 28 décembre 2012
Deux défaites plus tard, Avery Johnson prenait la porte, au désarroi de certains joueurs du roster qui, comme le rapporte Stefan Bondy, continuaient à lui faire confiance.
Among Avery Johnson’s staunchest supporters: Stackhouse, Gerald Wallace and Joe Johnson.
— Stefan Bondy (@NYDNInterNets) 28 décembre 2012
Une réalité qui inspire Mikhail Prokhorov, avec un commentaire très révélateur de l’ambiance qui règne du côté de Brooklyn:
But it doesn’t matter who supported Avery because the most important guy did not — Mikhail Prokhorov
— Stefan Bondy (@NYDNInterNets) 28 décembre 2012
Quel remplaçant?

PJ Carlesimo, ancien coach des Blazers, Warriors et Sonics/Thunder, assurera l’intérim sur le banc des Nets.
Pour remplacer Avery Johnson, PJ Carlesimo assurera l’intérim. Comme convenu avec les dirigeants, l’ancien meilleur ami de Latrell Sprewell gardera le poste sur une base purement temporaire. Il a d’ailleurs annoncé la couleur à Mike Mazzeo, quelques heures avant son premier match de Head coach intérimaire:
PJ Carlesimo: J’aime la grande majorité de ce que nous faisions. Nous allons peut être simplifier un peu, nous allons peut être faire des petits ajustements. Mais il n’y aura pas de changements révolutionnaires. Rien dans le court-terme en tout cas. Nous devons juste survivre aux matchs de ce soir et de demain
Dans ces conditions, sauf si l’électro-choc psychologique réveille les troupes, difficile d’imaginer un destin à la Mike Woodson pour Carlesimo. On en vient donc à la question du successeur d’Avery Johnson.
Prokhorov smiled when asked about Phil Jackson: « Now, P.J. is the head coach. And if it becomes necessary, you know the usual suspects are. »
— Stefan Bondy (@NYDNInterNets) 29 décembre 2012
La rumeur qui revient le plus souvent amènerait Phil Jackson à Brooklyn. Pour plusieurs raisons, on ne peut exclure l’homme aux 11 Bagues. Tout d’abord, en amenant Phil Jackson dans sa franchise, Mikhail Prokhorov réaliserait un très grand coup: il attirerait un coach mythique et un ancien joueur des Knicks sur le banc, tout en devenant le propriétaire qui a été capable de sortir Jackson de sa retraite. Phil Jackson pourrait aussi trouver son avantage chez les Nets. Comme nous l’avons vu lors des négociations entre Phil Jackson et les Lakers il y a quelques semaines, Phil Jackson a besoin de deux facteurs pour le faire revenir sur un banc: l’argent et une liberté totale dans la gestion sportive. La question financière ne pose pas de problème à Prokhorov. Reste la liberté sur la gestion sportive. Jackson n’étant actuellement pas officiellement « intéressé » par le poste, il faudra aller le convaincre. Et donc que Prokhorov et King acceptent de faire des compromis. Certains de ses proches ont toutefois confirmé que l’idée de coacher à New York était « intrigante » pour Jackson, comme l’évoque Ken Berger.
L’arrivée de Phil Jackson et de son attaque en triangle pourrait faire des Nets une équipe difficile à jouer. Le roster est presque conçu pour ce type de système. Deron Williams est le PG intelligent et créatif indispensable pour bâtir et gérer cette attaque. Joe Johnson est un tireur d’élite, capable de dégainer rapidement et avec précision. Gerald Wallace est un slasheur, toujours à même de profiter des ouvertures dans les défenses. On rajoute dans le mix un Brook Lopez et son talent offensif et on obtient au final un quatuor très intéressant pour profiter des ouvertures créées par l’attaque en triangle. Les Andray Blatche, MarShon Brooks, CJ Watson, Keith Bogans, Jerry Stackhouse voire Teletovic et on se rend compte que même le banc pourrait s’y retrouver dans cette attaque.

L’ancien Knick Phil Jackson est au sommet de la liste pour reprendre le poste à la tête des Nets.
Phil Jackson n’est pas le seul nom à revenir. Nate McMillan et Mike Brown, deux coachs partageant une vision tactique similaire à celle de Avery Johnson, ont également été nommés. Tout comme les frères Van Gundy. Ou les noms des « anciens » Mike Dunleavy et Larry Brown, tous deux originaires de Brooklyn, sont également apparus. Et là où personne n’a ouvertement commenté la possibilité d’accepter le poste, Dunleavy a déjà exprimé ses plans pour l’équipe sur la radio Sirius XM:
Mike Dunleavy: Je viens de Brooklyn. Y coacher serait un rêve devenu réalité. (…) La première chose que tu devras y faire comme coach, ce sera de donner à Deron des shots dans sa zone de confort.
D’autres profils moins réputés ont été également évoqué. Si Phil Jackson venait à refuser, pourquoi ne pas proposer le poste à Brian Shaw, son ancien assistant désormais à Indiana qui connait parfaitement l’attaque en triangle? La dernière rumeur – qui semble elle fondée – annonce que Kelvin Sampson, assistant coach des Rockets, comme sérieux candidat pour le poste. Son intérim en remplacement de McHale en début de saison a impressionné beaucoup de monde, notamment du côté du front office des Nets.
Adrian Wojnarowski (Yahoo! Sports): L’assistant coach des Rockets Kelvin Sampson est devenu un candidat de premier plan pour le poste de head-coach, ont confié certaines sources à Yahoo! Sports. (…)
Le GM des Nets Billy King est intrigué par Sampson, parmi d’autres candidats et compte éventuellement lui parler, ont confirmé les sources.
Si la piste menant Phil Jackson à Brooklyn venait à échouer, ce ne sont pas les candidats qui manqueront. Et Kelvin Sampson, ancien coach des Sooners de l’Université d’Oklahoma, sera en première ligne pour reprendre le poste. Avec une pression immense et une exigence de résultats immédiats.




Il y a des fois où les fêtes de Noël ont du bon. Mardi, l’article aurait été bien différent
Il y a une quote d’Avery que tu n’as pas reprise où il justifiait plus ou moins son licenciement en disant qu’au bout d’un moment les joueurs n’écoutaient plus un discours toujours identique. Je trouve que c’est étrange comme déclaration, il n’aurait pas réussi à se renouveler ?
Les déclarations de Wallace et Williams n’ont probablement pas aidé non plus. Ce qui est sur, c’est que cette équipe vaut mieux que son niveau actuel. Par contre, on le dit depuis le début, la complémentarité entre les talents du roster laisse un peu à désirer. et certains ajustements, notamment au niveau de la frontline ne ferait probalement pas de mal.
Si l’article était sorti mardi, j’aurai sans doute axé sur la crise à Brooklyn, les problèmes rencontrés. Et de sans doute arriver à la conclusion: « Si Avery Johnson ne trouve pas de solutions pour relancer la machine dans les semaines à venir, il risque de prendre la porte d’ici la mi-janvier (avant que la porte ne soit ouverte à un trade de Humphries) ».
D’une manière ou d’une autre, je pense que Avery Johnson a perdu son vestiaire au début du mois de décembre. L’équipe tournait bien en novembre, en s’appuyant à juste titre sur l’efficacité intérieure de Lopez. Lopez s’est blessé, et le schéma de jeu a dû être adapté à la nouvelle réalité: Deron Williams et Joe Johnson devenus les seuls moteurs offensifs. Comme évoqué dans l’article, Deron Williams a, semble-t-il, toujours eu beaucoup de difficultés avec la philosophie de jeu d’Avery Johnson (ça se voit même statistiquement). Et JJ est toujours à la recherche de ses marques avec ses nouveaux collègues. Du coup, l’équipe a coulé offensivement, sans que A. Johnson ne trouve de parade pour arrêter la spirale négative… La suite de l’histoire, on la connait: Deron Williams, joueur le mieux payé du roster et pierre angulaire des plans de Prokhorov-King, se plaint ouvertement du style de jeu et A. Johnson prend la porte… Donc, oui, d’une certaine manière, A. Johnson a perdu son vestiaire et personne n’a provoqué l’électro-choc pour le défendre.
Puisque c’est un commentaire, je me permets aussi mon opinion personnelle sur le sujet. Je pense que le licenciement de A. Johnson peut se comprendre d’une certaine façon: les Nets jouent un jeu qui est loin d’être sexy, utilisant bien mal des talents présents dans le roster. C’est moche, lent, avec peu de mouvements sans ballon et un jeu en contre-attaque proche du néant. Loin de l’image glamour, sexy et moderne que les dirigeants souhaitent insuffler à la franchise.
Maintenant, d’un autre côté, on peut difficilement incriminer A. Johnson pour tous les problèmes rencontrés. Il a déjà dû faire sans Gerald Wallace en novembre et sans Brook Lopez en décembre. Dans ces conditions, avec deux starters déjà passés sur l’IL, rendre un bilan de 14-14 est loin d’être honteux.
Le prochain coach va donc devoir obtenir des résultats immédiatement, en insufflant une nouvelle énergie et un style de jeu plus dynamique que celui présenté par A. Johnson…
Le problème est à la base, Avery Johnson n’est pas un coach sexy.
Il a assoupli un peu ses principes pour Deron, mais Avery n’est pas un chantre du hourra basket. C’est peut-être une erreur de casting dès le départ de ce point de vue là.
On ne peut par contre pas lui reprocher de n’avoir rien tenté pour redynamiser un peu son équipe, en sacrifiant K-Hump notamment. Le résultat est discutable mais au moins y a un petit coup de pied dans un 5 qui paraissait quasi inamovible.
« C’est peut-être une erreur de casting dès le départ de ce point de vue là. »
–> Je te rejoins totalement sur ce point. Avery Johnson est un très bon coach. Il est très exigeant, notamment sur la dimension défensive du jeu. C’était connu à la base, et AJ avait annoncé la couleur dès le début de la saison. En le paraphrasant, il expliquait que si les Nets voulaient faire quelque chose cette saison, cela commencerait par le travail défensif. D’où le paradoxe du recrutement qui est allé chercher J. Johnson, un talent exclusivement offensif, comme principale recrue cet été. A partir du moment où Dwight Howard a refusé de venir à Brooklyn, on savait A. Johnson condamné à moyen-terme. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si il n’a pas été prolongé cet été malgré un contrat finissant en 2013…
« Le résultat est discutable mais au moins y a un petit coup de pied dans un 5 qui paraissait quasi inamovible. »
–> Le problème vient de là: en touchant à Humphries, A. Johnson s’est paradoxalement mis beaucoup de monde à dos. Pourtant, le choix étant cohérent sportivement, mais personne ne semble l’avoir compris.
On rajoute à cela la gestion assez inexplicable et très controversée du temps de jeu de MarShon Brooks, et on réalise que peu de monde était en fait derrière A. Johnson. Bref, A. Johnson ne pouvait même pas s’appuyer sur le soutien des fans pour appuyer ses choix.
C’est vrai que la gestion du cas MarShon Brooks est assez incompréhensible. Il était intouchable cet été et là il moisit sur le banc. Hier, il jouait 6 minutes, même le changement de coach ne lui a pas profitable.
Un match à 14 points en décembre. Et puis c’est tout…
D’ailleurs, à propos du contrat non-prolongé d’A. Johnson, voila ce que Stefan Bondy (journaliste du New York Daily News attitré au suivi des Nets):
« Part of the reason Avery Johnson felt things went sour with the Nets is because Mikhail Prokhorov refused to give him a contract extension, leaving him as a lameduck coach who had no leverage or respect from the players. »
Et, citant PJ Carlesimo:
« I think very few coaches in this league have the … I don’t know what word I’m thinking of … it’s kind of power. [...] If you don’t have that, which very, very few do, it’s infinitely better to have many years on your contract, and hopefully at a good number, because that doesmake you a more efficient coach, no question. »
(http://www.nydailynews.com/blogs/nets/2012/12/pj-carlesimo-discusses-his-leverage-and-credibility-compared-to-a-more-established-coac)
bien fait pour sa gueule! Le prochain qui sort humphries du 5, je repasse un coup de telephone à mon pote Mikhail Prokhorov! D’ailleurs, j’espère bien que le prochain coach va créer tous les systèmes pour ce joueur et foutre ce gros naze de lopez (propriété de ce fumier de bob) sur le banc! Sinon je me démerde pour que sa tête saute aussi!
…..comment que c’est bon de troller tous les articles de Max en fait
Plus sérieusement, humphries a tant d’influence que ça en coulisse comme tu sembles le sous-entendre max? Je croyais qu’il était détesté par la planète entière pour son coté people peu en adéquation avec son niveau basketballistique très moyen…
Je ne pense pas que Humphries a une énorme influence directe sur le vestiaire. Mais son benchage un peu trop « intensif » a été pas mal critiqué. Comme si, du jour au lendemain, tout le monde avait oublié « son coté people peu en adéquation avec son niveau basketballistique très moyen ».
Surtout que son passage sur le banc s’est fait au bénéfice de Reggie Evans, un mec plein d’énergie et de bonne volonté mais qui est aussi charismatique et doué balle en main qu’un frigidaire…
Il n’y a que stephyx pour confondre K-Hump avec un basketteur.
Si on faisait une fantasy « saut en hauteur », ok, mais le basket, nan.