Si les New York Knicks restent compétitifs, respectés et craints, ils ne parviennent pas à conserver le titre acquis en 1970. Le roster évolue petit à petit pour rester à un haut niveau et se qualifier pour les finales ’72.
Nous l’avons vu et revu, les Knicks avaient atteint en 1970 un degré d’alchimie rarement égalé. L’unité de ce roster était la clé du titre. Pour autant, en l’espace de 2 ans, le groupe va considérablement évoluer.
Jerry Lucas, joueur dominant sur le déclin
L’Expansion Draft de 1970 apporte un premier mauvais coup aux Knicks. Trois franchises NBA sont créées cette année-là, les Buffalo Braves, les Cleveland Cavaliers et les Portland Trail Blazers. Donnie May et Bill Hoskett sont retenus par les Braves, et John Warren est sélectionné par les Cavs.
Un mois plus tard, le 20 juin 1970, Nate « the Snake » Bowman est envoyé aux Braves en échange de Mike Silliman. Les Knicks réalisent une saison plus qu’honorable (52-30) et sont éliminés en finale de conférence par les Baltimore Bullets (4-3).
Après cette saison, Cazzie Russell est, à son tour, transféré aux Warriors. Les Knicks obtiennent Jerry Lucas, ancienne star universitaire, champion olympique en 1960, à Rome, et joueur dominant de la deuxième moitié des années 60 (3x All-NBA First Team, 2x All-NBA Second Team, Rookie de l’année en 1964, MVP du All-Star Fame en 1965). Si son palmarès en impose, il commence toutefois un léger déclin.
Rolls Royce Backcourt
La saison 1971-72 débute très moyennement. Après un mois et 6 victoires en 14 matchs, Mike Riordan et Dave Stallworth sont envoyés aux Baltimore Bullets en échange d’Earl Monroe. Drafté en 1967, The Pearl n’est jamais passé sous les 21 points par match en 5 saisons. Artiste du jeu, il avait une philosophie bien particulière.
Earl Monroe : Le truc, c’est que je ne sais pas ce que je vais faire avec le ballon et si je ne sais pas, je suis sûr que le gars qui défend sur moi ne le sait pas non plus.
L’association Monroe – Frazier fait saliver. Rapidement, les 2 arrières sont même surnommés the Rolls Royce Backcourt. Les débuts de Black Jesus sont toutefois timides, 11.4 points en 60 matchs.

Walt Frazier et Earl Monroe, un peu de ventre en plus mais toujours potes et proches des Knicks.
Willis Reed est de plus en plus miné par les blessures aux genoux et ne joue que 11 matchs durant la saison. L’arrivée de Jerry Lucas (16.7ppg-13.1rpg, 51.2%), plutôt complémentaire de Dave DeBusschere (15.4ppg-11.3rpg, 42.7%), permet d’assurer le scoring intérieur. A la mène, Walt Frazier (23.2ppg-6.7rpg-5.8apg) drive parfaitement les troupes.
Willis Reed, forfait tous les playoffs
En playoffs, les Knicks commencent par prendre leur revanche sur les Bullets (4-2) puis éliminent les Celtics (4-1) pour retrouver les Lakers, présents en finale 8 fois sur les 13 dernières saisons mais toujours en quête d’un premier titre depuis 1954. Désormais coachés par Bill Sharman, les Lakers ont perdu Elgin Baylor, blessé et parti à la retraite sans titre, mais disposent toujours de Wilt Chamberlain (35 ans) et Jerry West (33 ans), ainsi que Gail Goodrich, la nouvelle pépite de la franchise.
Forfait tous les playoffs, Willis Reed est également absent des finales. Les Knicks sont aussi privés de Dick Barnett mais parviennent à arracher le match 1 dans le sillage de John Lucas.

Jerry Lucas face à Wilt Chamberlain
Le pivot des Knicks est un joueur atypique pour l’époque à ce poste. Il a d’ailleurs fait la majeure partie de sa carrière NBA au poste 4. Fort shooteur extérieur, il forçait les pivots à sortir de leur zone de confort. Wilt Chamberlain n’a pas l’envie pour le suivre et laisse son vis-à-vis scorer 26 points.
Bill Bradley, 11/12 au tir, est le top scoreur du match 1 (29pts), Dave DeBusschere (19pts-18rbs) fait son job et Walt Frazier (14pts-12rbs-11pds) signe son traditionnel triple-double pour une victoire surprise des Knicks 114-92 au Forum de Los Angeles.
Les Knicks n’ont plus de jus
Les Lakers remportent le match 2. Durant la première mi-temps, Dave DeBusschere complète l’infirmerie. Il tente de jouer au match 3 mais après un 0/6 au tir, il renonce à entrer sur le terrain après la pause.
Dave DeBusschere : Je ne pense pas que j’aidais l’équipe.
Les Lakers mènent 2-1 et Wilt Chamberlain marque le match 4 de son immense empreinte. Blessé au poignet, il reste sur le parquet. En fin de match, il prend sa 5e faute. Jamais expulsé, il ne joue absolument pas soft en prolongation, bloque des tirs et prend 24 rebonds en 53 minutes. 116-111, les Lakers ont gagné les 2 matchs à New York.
Les Knicks n’ont plus de jus. Walt Frazier (27pts-10pds) est présent dans le match 5 mais subit la loi de Wilt Chamberlain (24pts-29rbs-8pds). Dominateurs en saison régulière (69-13), les Lakers retrouvent enfin les joies du titre.
Trop affaiblis, les Knicks ne peuvent pas nourrir de regret. Au contraire, cet échec est vite relativisé pour repartir en guerre avec, cette fois, Willis Reed sur le parquet.


