En signant Nikola Pekovic, les Wolves ont réalisé à coup sûr une excellente affaire. Le pivot monténégrin, 24 ans, s’est engagé pour 3 ans et 13M$, en faveur de la franchise du Minnesota. Désormais, la NBA va apprendre à découvrir cet intérieur à la technique au-dessus de la moyenne.
Qui est Pekovic ?
Formé au Budućnost Podgorica, le club majeur monténégrin, Nikola Pekovic décide de forcer son destin. Les clubs d’ex-Yougoslavie ne rechigne jamais à donner leur chance aux jeunes, mais, sûr de son potentiel, le jeune Pekovic choisit, dès ses 16 ans de tenter sa chance au plus haut niveau. Il signe ainsi au KK Atlas où il restera 3 saisons. En 2004-05, à à peine 18 ans, il tourne déjà à 7.5 points, à 75% au tir !
Déjà très mûr physiquement, Pekovic impose ses bonnes mains lors de l’Euro Junior 2005 où il tourne à 11.6 points et 9.1 rebonds. Les scouts du Partizan Belgrade sont évidemment présents dans les tribunes russes et, alors qu’ils avaient un à priori plus favorable sur le macédonien Predrag Samardziski, ils décident de miser sur le jeune monténégrin. En 2006, pour DraftExpress, il est le second prospect européen le plus intéressant après Ante Tomic.
Durant l’été 2006, il remporte l’Euro U20, en compilant notamment 18 points, 8 rebonds et 2 blocks face à la Turquie en finale. Déjà très puissant, il se démarque en s’écartant peu du cercle, alors que la tendance était vraiment aux intérieurs fuyants. Lui, son dada, c’est matraqué le cercle, si possible en plaçant une petite feinte de grand père. Son jeu de jambe est déjà impressionnant et le Partizan voit en lui le successeur du vétéran Peja Drobnjak et de Kosta Perovic, en partance pour les Warriors.
Sa première saison au Partizan est plutôt réussie puisqu’il signe 7.1 points (57.4%) et 3.6 rebonds en Euroleague. Il joue beaucoup sur ses qualités physiques et reçoit une réputation peu flatteuse de « specimen physique » alors que ses mains sont très sûrs. Parfois comparé à Mario Kasun, cela effraie les scouts US qui n’ont pas gardé un grand souvenir du croate lors de son passage au Magic. D’autant plus que sa deuxième saison est moins réussie que la première. Mais il n’a que 20 ans…
Dusko Vujosevic va alors le rebooster. Son coach va tout mettre en oeuvre pour qu’il explose. Conscient du potentiel de son poulain, Vujosevic décide d’en faire son titulaire indiscutable lors du départ de Peja Drobnjak et de jouer davantage sur lui. Fin octobre 2007, en Euroleague, Barcelone va en faire les frais. Il plante 29 points, 13/14 au tir. Egalement bon défenseur, son ascension est en marche et il signe 15.4 points à 61.7% de moyenne.
En fin de saison, il se présente à la draft et Kevin McHale le récupère au début du second tour. Un projet à plus long terme, puisque Pekovic décide de s’engager au Panathinaikos où il remportera deux titres de champion de Grèce, qui font suite aux trois titres de champion de Serbie et aux deux ligues Adriatiques remportées avec le Partizan. Il remporte aussi l’Euroleague 2009. Cette année-là, il intègre la All-Euroleague First Team avec 11.4 points à 71.4% ! Durant le F4, il plante 20 points en 19 minutes contre l’Olympiacos.
Lors de l’été 2008, il fait ses grands débuts avec la sélection du Monténégro. Vainqueur en Bosnie (79-74), Nikola Pekovic inscrit 10 points lors du premier match de l’histoire de cette sélection.
Au Panathinaikos, il développe encore son jeu dos au panier et devient quasiment inarrêtable une fois servi post bas.. Scoreur minute et ultra adroit, il n’est pas rare de le voir inscrire 20 points à 7/9 en 22 minutes comme face au Barça. En Euroleague, il provoque 6.1 fautes par match et score à 60% pour 14.8 points de moyenne. Pas mal pour un gars qui dépasse à peine les 20 minutes par match.

Quelle place dans la raquette ?
L’an dernier, l’association Jefferson – Love faisait saliver. Deux jeunes joueurs très techniques, la menace allait être constante. Sauf que ni l’un, ni l’autre n’avaient la taille et le physique pour évoluer en permanence au poste 5, et Ryan Hollins puis Darko Milicic ont alors pris la place de Love dans le 5. A partir de là, le départ de l’un des deux devient inéluctable et la tendance est plutôt au transfert de Jefferson. La prolongation de Milicic, l’arrivée de Pekovic et la cour assidue effectuée à David Lee vont dans ce sens.
Avec Ryan Hollins sous contrat jusqu’en 2012, Darko Milicic prolongé pour 4 ans, Nikola Pekovic signé sur 3 ans et Kevin Love sous contrat rookie jusqu’en 2013, la raquette est blindée avec de jeunes joueurs au profil plutôt complémentaire. Au passage, Pekovic a signé le plus gros contrat pour un second tour (13M$ sur 3 ans, mieux que Scola et ses 9.5M$ sur 3 ans).
Si Hollins n’apparait pas comme incontournable et devrait se contenter d’un rôle de cinquième homme — si Lee signe –, la hiérarchie entre Milicic et Pekovic apparait comme floue. Le pivot serbe, totalement relancé par son transfert à New York, part certainement avec une longueur d’avance. Kurt Rambis est devenu fan du bonhomme et a activement participé à sa prolongation de contrat. L’ancien Laker apprécie ses bonnes mains et sa qualité de passe. En 24 matchs, il a surtout réussi à rendre l’amour du jeu à Milicic qui ne voulait plus entendre parler de la NBA.
Marc Cornstein : Darko voulait continuer ici. Il se sentait comme chez lui dès qu’il est arrivé. Kurt Rambis a été fantastique avec lui. Il a relancé sa carrière. Il a cru en Darko en tant que joueur et personne. Si vous m’aviez dit mi-février que nous en serions là au 1er juillet, c’est juste remarquable. Je le dis depuis longtemps, l’équipe qui allait croire en Darko serait récompensé. Ils l’ont fait.
Nikola Pekovic est habitué à sortir du banc. Il complète Mike Batiste depuis 2 ans et a appris à devenir rentable sur 20 minutes. Un rôle parfait pour s’intégrer en NBA ? Probablement. Comme pour Milicic, David Kahn et Kurt Rambis sont allés à Athènes pour le convaincre de signer dans le Minnesota. Cet investissement n’est certainement pas pour le laisser moisir sur le banc.
Par contre, Pekovic ne sera plus avantagé par son physique. Il n’est pas un 7-footer et, même s’il est bien tanké, il sera dans la moyenne des athlètes bodybuildés qui galopent en NBA. Rebondeur moyen et contreur peu performant, il risque de connaître quelques critiques lors de l’épluchage de ses feuilles de stats. Mais, quand on a côtoyé Coach Vujosevic puis Coach Obradovic, on a un sens du jeu un peu plus développé que la moyenne et ça peut compenser pas mal de choses. Il devra aussi imposer ses qualités naturelles de finisseur pour prendre définitivement l’avantage sur Hollins. Si Lee ne signe pas, il faudra peut-être aussi tester la complémentarité entre Milicic et Pekovic.
Un argument pour Rubio ?
Les Wolves n’ont pas une bonne réputation lorsqu’il s’agit d’utiliser des européens. Pour un Rasho Nesterovic qui a bénéficié de patience ou un Darko Milicic relativement bien utilisé, combien d’échecs ? Marko Jaric, Sasha Pavlovic, Oleksiy Pecherov récemment, Gundars Vetra et Stojko Vrankovic dans les années 90 n’ont pas explosé aux Twin Cities.
L’échec le plus retentissant reste Igor Rakocevic, 78 points en 42 matchs ! Heureusement, alors âgé de 24 ans, le serbe avait choisi de rentrer immédiatement en Europe au lieu de s’éterniser dans un système qui ne lui correspondait pas.
Des échecs qui pouvaient freiner l’envie de Ricky Rubio à rejoindre une équipe peu réputée à faire confiance aux européens. Quand David Kahn passera à Barcelone au printemps prochain, il pourra peut-être mettre en avant l’intégration réussie de Pekovic. Un argument marginal, mais un petit plus pour le meneur espagnol.
D’ici là, on ne peut que souhaiter une saison réussie au pivot monténégrin. Le tandem Kahn – Rambis s’est investi sur le dossier et il semble inimaginable qu’il n’ait pas sa chance. La NBA a tourné cette sombre page où l’européen n’était qu’un indigène au basket peu compatible à celui pratiqué sur son sol. A Pekovic de jouer !


C’est un joueur qui a le profil NBA, puissant, de très bonnes mains et un bel arsenal offensif pour ne rien gâcher.
Je suis persuadé qu’il fera son trou.