Oscar Robertson

Oscar Robertson fut élevé dans une partie extrêmement pauvre du Tennessee. Sa famille avait si peu de ressources qu’elle ne pouvait lui acheter un ballon de basket. Cependant, au moment...

Oscar Robertson fut élevé dans une partie extrêmement pauvre du Tennessee. Sa famille avait si peu de ressources qu’elle ne pouvait lui acheter un ballon de basket. Cependant, au moment où il rejoignit le lycée, l’esprit de compétition qui l’animait allait faire de lui un leader au sein de l’équipe du lycée de Crispus Attucks, dans l’Indiana, où ses parents l’avaient envoyé. En 1955, il mène son équipe au titre d’Etat, un fait historique puisque c’était la première équipe entièrement composée de joueurs noirs vainqueur d’un titre. Robertson mènera son équipe à un nouveau titre l’année suivante, en restant invaincu toute la saison, une première dans l’Indiana.

En 1956, il part à l’Université de Cincinnati, une université où peu d’étudiants étaient noirs. Face au racisme ambiant, lui répond sur le parquet, il établiera 19 records pour sa fac et 14 records NCAA. Lors de ses années sophomore, junior et sénior, il recevra le titre de College Player of the Year, qui porte depuis 1998 son nom, Oscar Robertson Trophy. Seule ombre au tableau de sa carrière universitaire, aucun titre de champion national. Pourtant, il fut le premier (et le seul à ce jour avec Magic Johnson), à réussir un triple-double lors d’un final four. C’était contre Louisville, le 21 mars 1959, lors du match pour la troisième place, où il a compilé 39 points, 17 rebonds et 10 passes décisives. Il a quitté la fac, diplôme en poche, en 1960.

Les J.O de Rome

En 1960, il est sélectionné pour participer aux Jeux Olympiques de Rome. Il fut désigné co-capitaine, avec Jerry West, de ce qui restera certainement la plus belle équipe universitaire envoyée par les USA aux Jeux Olympiques. Parmi ses coéquipiers, trois futurs Hall-of-Famers, Jerry West bien sûr mais aussi Jerry Lucas et Walt Bellamy ainsi que 4 futurs all-stars, Bob Boozer, Terry Dischinger, Darrall Imhoff et Adrian Smith. Robertson était le SF titulaire de l’équipe mais pouvait rendre également des services à la mène. Il était, avec Jerry Lucas, le meilleur scoreur de l’équipe. Les USA ont remporté leurs 9 matchs, avec en moyenne, 42.4 points d’écart et évidemment ils sont rentrés avec la médaille d’or.

En un mot, polyvalent

A la fin de son cursus, Oscar Robertson se présente à la draft ’60. Jusqu’en 1966, les franchises pouvaient renoncer à leur premier pick pour choisir un joueur issu d’une fac locale, c’est ce qu’on appelait le choix territorial. Les Cincinnati Royals useront de ce droit pour sélectionner en première position la star de la fac locale, Oscar Robertson. Sa nouvelle franchise reste sur 2 saisons à 19 victoires. L’équipe est menée par l’ailier Jack Twyman et aucune autre option n’émerge réellement. Sa saison rookie permettra de remédier à ce problème.

Replacé à la mène, Robertson va devenir Big O, apportant 30.6 points (troisième meilleure moyenne d’un rookie dans toute l’histoire NBA) 10.1 rebonds et 9.7 assists (meilleur passeur de la league). Bien entendu, il sera all-star et remportera le titre de MVP du All-Star Game avec une victoire de la conférence Ouest 153-131. En fin de saison, il sera nommé Rookie de l’année, terminera 5e dans la course au MVP (derrière Bill Russell, Bob Pettit, Elgin Baylor et Wilt Chamberlain, rien que ça) et sera nommé dans la All-NBA First Team.

Individuellement, sa saison rookie est donc une réussite mais les Royals n’iront pas en playoffs. Le nombre de victoires a quasiment doublé (19 à 33) mais l’équipe reste quatrième (et dernière) de la Conférence Ouest. A l’époque, il n’y avait que 8 équipes (donc 4 à l’Ouest et 4 à l’Est) et seuls les trois premiers participaient aux playoffs. Les Royals les manqueront pour une petite victoire.

Lors de sa saison sophomore, Big O réussira un exploit inégalé à ce jour: une saison avec un triple-double de moyenne: 30.8 points, 12.5 rebonds et 11.4 assists par match. Vraiment exceptionnel! Il est également devenu le premier joueur à tourner à plus de 10 passes de moyenne sur une saison, un exploit qui semblait promis à Bob Cousy mais sa meilleure moyenne fut 9.53 assists par match. A noter qu’une passe décisive n’était comptabilisée que si le joueur n’avait pas dribblé avant de marquer. C’était donc plus strict qu’aujourd’hui.

En fin de saison, les Royals confirment leur progression, 43 victoires, et une défaite en demi-finale (le premier tour des playoffs à l’époque) contre les Pistons (alors dans la conférence Ouest) Robertson reste dans la All-First Team (il y aura un fauteuil douillé jusqu’en 1969) et termine troisième dans la course au MVP, malgré son triple double de moyenne. Il faut dire que Bill Russell (18.9pts-23.6rbds au sein des invincibles Celtics) et Wilt Chamberlain (50.4pts-25.7rbds!!!) avaient aussi de sérieux arguments.

Lors des années suivantes, Robertson continue de faire progresser son équipe, l’amenant à 55 victoires en 1964 mais n’arrivera jamais à passer le stade des finales de conférence. Individuellement, il enfile les récompenses et les records, MVP en 1964, 12 fois All-Star (3 fois MVP), sept saisons consécutives à plus de 30 points par match (seul Jordan et Chamberlain ont fait aussi bien), 6 fois meilleur passeur de la league, seul arrière à avoir récupéré plus de 10 rebonds par match. Et si les steals voire les blocks avaient été comptabilisés à cette époque, on trouverait certainement d’autres stats démontrant toute la polyvalance de ce joueur hors norme. Cependant, malgré l’apport de stars tels que Jerry Lucas, Adrian Smith, Tom Van Arsdale ou Wayne Embry les Royals régressent, en 1968 puis 69, ils ne participeront pas aux playoffs. Et Robertson n’a toujours pas de bague…

Avant la saison 1970-71, une brouille avec Bob Cousy devenu coach des Royals, pousse Oscar Robertson à partir vers les Milwaukee Bucks, en échange de notamment de Flynn Robinson, où il formera un duo extraordinaire avec le numéro 1 de la draft ’69, Kareem Abdul-Jabbar. Aux Bucks, il retrouve également son ex-coéquipier en sélection US, Bob Boozer. La progression de la franchise est fulgurante, 27 victoires en 1969 (première saison NBA), 56 en 1970 (apport de KAJ) et 66 en 1971 (KAJ+O) avec, en fin de saison, le titre à la clé après une domination sans partage en playoffs (12 victoires, 2 défaites et un 4-0 en finale contre les Bullets) Cette saison reste la meilleure de l’histoire des Bucks, puisqu’elle a amené le seul et unique titre de l’histoire de la franchise mais aussi car le bilan en saison régulière n’a jamais été aussi bon depuis.

Lors des deux saisons suivantes, les Bucks remportent la Division Midwest mais ils tomberont face aux Lakers puis face aux Warriors. En 1974, les Bucks atteignent à nouveau les finales mais seront vaincus en sept matchs par les Celtics alors qu’ils avaient la meilleure attaque (101.2ppg), la meilleure défense (93.6ppg) et le MVP (Kareem Abdul-Jabbar). La franchise du Wisconsin ne se remettra jamais de ces finales et Robertson prendra sa retraite après ce septième match. L’année suivante, alors que Kareem Abdul-Jabbar est toujours présent dans l’équipe, elle ne remportera plus que 38 matchs, preuve de toute l’importance que pouvait avoir Robertson dans cette équipe.

La retraite

A sa retraite, il fut commentateur durant un an mais fut surtout porte-parole de la National Kidney Foundation, une association qui a pour but de promouvoir les dons volontaires d’organe. En 1997, il donna un rein à sa fille Tia.

Il fait partie des rares joueurs à avoir un maillot retiré dans 2 franchises différentes. Son #14 fut retiré par les Royals et flotte aujourd’hui au-dessus de l’ARCO Arena (puisque les Royals sont désormais les Sacramento Kings) puis le #1 qu’il arborait aux Bucks fut également retiré.

Il fut introduit au Hall of Fame en 1980, il fut désigné troisième plus grand joueur de tous les temps d’après le Slam Magazine en 2003. Bien entendu, il faisait aussi partie des 50 plus grands joueurs nommés par la NBA pour ses 50 ans. De plus, il fut dans la classe inaugurale Hall of Fame universitaire, avec John Wooden, Bill Russell, Dean Smith et le Docteur James Naismith.

Enfin, il a publié sa biographie en 2003, The Big O: My Life, My Times, My Game .

Sa fiche

  • Né le 24/11/1938 à Charlotte, Tennessee.
  • Poste: Meneur de jeu/Ailier
  • Taille: 1.98m (6-5)
  • Poids: 93kgs (205 lbs)
  • High School: Crispus Attucks (Indiana)
  • College: Cincinnati
  • Drafté par les Cincinnati Royals en 1ere position lors de la draft ’60.

Franchises NBA:

  • Cincinnati Royals (1960-69)
  • Milwaukee Bucks (1970-74)

Palmarès

  • Champion NBA (1971)
  • MVP de la saison régulière (1964)
  • All-NBA First Team (8 fois de 1961 à 1969)
  • All-NBA Second Team (1970 et ’71)
  • Rookie of the Year (1961)
  • 12 fois All-Star entre 1961 et 1974
  • MVP du All-Star Game (1961, ’64 et ’69)
  • Champion Olympique (1960)
  • Intronisé au Hall of Fame (1980).
  • Elu parmi les 50 meilleurs joueurs de l’histoire (1996).

Stats en carrière

  • Points: 26 710, soit 25.7 par match. Au moment de sa retraite, il était le second plus gros scoreur de tous les temps, derrière Wilt Chamberlain. Il est 10e aujourd’hui.
  • Assists: 9 887, soit 9.5 par match. Au moment de sa retraite, il était le meilleur passeur de tous les temps. Il est 4e aujourd’hui.
  • Rebonds: 7804, soit 7.5 par match.
  • Triple-double: 181, record inégalé.
  • Nombre de LF: 7694 à 83.7%, numéro 1 au moment de sa retraite, troisième aujourd’hui.