Deuxième épisode de notre historique des Detroit Pistons. Et aujourd’hui, on reviendra sur les 80′s, une époque marquée par l’émergence des Bad Boys de Detroit qui parviendront á décrocher deux titres NBA, au nez et á la barbe des Bulls de Jordan, des Lakers de Magic Johnson et Kareem Abdul-Jabbar, des Celtics de Larry Bird ou encore des Blazers de Clyde Drexler…
La révélation Isiah Thomas

Isiah Thomas, en drive face á Magic Johnson
La saison 1980-81 fut encore des plus calamiteuse. Mais cette nouvelle saison de galère permet à la franchise du Michigan de décrocher le second pick de la draft 1981. Ils sélectionnent le meneur de l’Indiana University, Isiah Thomas, petit joueur par la taille (1.83m) mais incroyablement grand par le talent. 8 ans plus tard, il deviendra la clef de voûte de l’équipe double championne NBA en 1989 et 1990. Lors de cette même draft, les Pistons réalisent un deuxième superbe choix en récupérant Kelly Tripucka de l’Université de Notre-Dame en 12ème choix. Les deux rookies ne tardent pas à se faire une place en NBA et redressent le navire en perdition qu’était devenu les Pistons. Ils conduisent l’équipe à un ratio de 47% de victoires (39-43) lors de la saison 1981-82 – alors qu’ils n’étaient que sophomores - et sont tous deux sélectionnées pour le All Star Game. La reconstruction des Pistons se poursuit lorsque Greg Kelser est envoyé aux Sonics pour le polyvalent SG Vinnie Jonhson en échange de Greg Kelser.
Les mouvements bien sentis se poursuivent en 1982 lorsque les Pistons échangent Phil Hubbard, Paul Mokeski et des choix de draft contre Bill Laimbeer et Kenny Carr des Cavaliers. Lors de la saison 1982-83, les Pistons, malgré les très bons transferts effectués, ne parviennent toujours pas à dépasser la barre des .500, la faute à un banc toujours un peu court. L’équipe était drivée de main de maître par Isiah Thomas, Kelly Tripucka alimentait le marquoir (26,5 points par match) et Bill Laimbeer se chargeait du sale boulot en dominant le rebond (12,1 prises par match).
La reconstruction se poursuivait. Durant l’intersaison 1983, les dirigeants donnent les commandes de l’équipe au désormais mythique Chuck Daly. Lors de la saison 1983-84, les Pistons battent un record assez incroyable – surtout pour les Pistons : celui du nombre de points marqués en un seul match. Lors de la nuit du 13 décembre, les Pistons parviennent non sans mal à battre (les deux équipes ont du batailler durant une triple prolongation) les Nuggets de Denver sur le score fou de 186-184, soit un total de 370 points scorés… Durant ce match, les scoreurs se sont évidemment faits plaisir: pour les Pistons, Thomas scoraient 47 points, John Long, 41 et Tripucka, 35 tandis que les Nuggets Kiki Vandeweghe et Alex English enfilaient respectivement 51 et 47 points. Lors de cette même saison qui fut prolifique en records offensifs, Tripucka a battu le record de la franchise de points marqués en un seul match avec 56 points face aux Bulls, battant le vieux record de Dave Bing de 2 points. Isiah Thomas lui battait aussi son petit record, en volant 204 ballons sur la saison. Isiaih Thomas est également désigné MVP du All Star Game 84 et membre de la All-NBA First Team au terme de cette saison. Les Pistons retrouvaient pour la première fois depuis longtemps les play-offs mais leur manque d’expérience leur joua des tours et ils se font éliminer au premier tour par les New York Knicks. Mais non sans avoir lutté… Dans le Game 5 décisif, alors que les Knicks avaient le match en main, Isiah Thomas a réalisé un des plus impressionants rushs de l’histoire des playoffs, en scorant 16 points en 94 secondes pour envoyer le match en prolongations. Une prolongatioon au final inutile pour les Pistons, qui étaient envoyés en vacances par une défaite 113-120 à domicile.
Joe Dumars débarque dans le Michigan

Joe Dumars
La saison suivante, les Pistons, toujours emmenés par le tandem Thomas-Laimbeer, finissaient la saison avec 46 victoires pour 36 défaites et sweepent les Nets avant de se faire – logiquement – sortir par les Celtics de Bird. L’intersaison 1985 est une nouvelle foire aux bonnes affaires pour les dirigeants : lors de la draft, ils sélectionnent en 18ème choix le joueur de McNeese State, Joe Dumars qui deviendra, quelques saisons plus tard une des personnalités clé de la franchise. La cellule de recrutement fait également venir Rick Mahorn de Washington à Detroit. Leur saison ressemble à la précédente, terminant avec une nouvelle fois 46 victoires. Mais l’équipe, toujours menée par le duo Thomas-Laimbeer, tombe une nouvelle fois très tôt durant les playoffs, des frais des Hawks et ce dès le premier tour. Un événement assez rare troubla la fin de saison des Pistons : l’effondrement du toit du Pontiac Silverdome, les obligea à jouer les 15 derniers matchs de leur saison et leur premier tour des playoffs entre leur ancienne Cobo Arena et la Joe Louis Arena.
Lors de l’été 1986, la chantier de construction se poursuit avec l’acquisition de la scoring machine Adrian Dantley. Les Pistons commencent á se faire surnommer les Bad Boys, surnom qui provient du style de jeu très physique et de la défense de fer imposée par Coach Daly. L’équipe parvint enfin à réussir en playoffs, se faisant sortir en sept matches (117-114 lors du Game 7) en finale de conférence par, une nouvelle fois, les mythique Celtics de Larry Bird qui retrouvaient ainsi donc pour la 2ème fois consécutives les Lakers de Los Angeles (emmenés par Magic Jonhson et Kareem Abdul-Jabbar) en finale NBA.
La saison suivante, les progrès de l’équipe se poursuivent et ils parviennent à se qualifier pour les NBA Finals (et ce, après avoir été sacré champion de la Central Division pour la première fois). La révélation de Dennis Rodman n’y est peut être pas pour rien dans cette réussite. Son arrivée faisait des Pistons des terreurs de raquettes, voyant à la fois Rodman, Laimbeer et Mahorn grabber plus de 565 rebonds sur la saison… En finale, opposés aux Lakers de Los Angeles, les Bad Boys ne rendent les armes qu’après sept matchs de combat acharné : lors du septième match, les Lakers remportent le titre grâce à une courte victoire 108-105… On peut se poser la question de savoir ce qu’il aurait advenu de ce match si Isiah Thomas et ses cojones avait pu y prendre part, maintenu sur la touche pour cause d’une cheville foulée.
Vers le premier titre de la franchise

Bad Boys? Juste un petit peu, á l'image de Bill Laimbeer...
La saison 1988-89 est peut être la plus importante de l’histoire de la franchise. Après 48 ans d’attente, les Bad Boys atteignent la consécration ultime en devenant Champions NBA. Mais avant cela, les Pistons ont une nouvelle fois changé pour emménager dans le Palace of Auburn Hills, qui est toujours leur salle actuellement. L’équipe est conduite par le génial Isiah Thomas, le deuxième Guard était Joe Dumars (l’actuel General Manager de la franchise), Vinnie Jonhson, capable du meilleur comme du pire, jouait à l’aile et le jeu intérieur est très solide avec Bill Laimbeer, Dennis Rodman, Rick Mahorn, James Edwards, et John Salley, des joueurs de l’ombre amenant une véritable raquette de folie… L’attaque est emmenée par les 18 points par match de Isiah Thomas, mais 4 autres joueurs scorent plus de 13 points par match, Rodman domine à la fois le rebond avec 9,4 prises par match mais aussi le pourcentage aux shoots. Au rayon performances individuelles, on signale également la présence de deux Pistons dans le NBA All-Defensive First Team, Dennis Rodman et Joe Dumars. Lors des playoffs, les Pistons ne rencontrent aucune opposition, sweepant lors des deux premiers tours les Celtics et les Bucks, éliminant les Bulls de Jordan au bout de 6 matchs et mettant un 4-0 aux Lakers, dans un remake de la finale de l’année précédente. Le monde découvre également lors de ces Finals le talent de Joe Dumars, qui inscrit 27.3 points par match et nommé MVP de ces Finals. Durant ces playoffs, les Pistons s’imposent grâce á leurs qualités défensives incroyables, limitant leurs opposants à 92.9 points par match, record de la plus petite moyenne de points concédés en Finals depuis l’introduction de la règle des 24 secondes en 1954.
La saison 1989-90 ressemble comme deux gouttes d’eau à la précédente pour les Pistons: l’effectif ne change que très peu et le titre est au bout de la saison. Les records de franchise continuent de tomber, notamment celui de la plus longue série de victoires consécutives (12). La défense est encore et toujours la clef du succès des Pistons, l’équipe n’encaissant « que » 98.3 points par match, soit la meilleure défense de la ligue (et de loin, les deuxièmes au classement étant les Rockets avec 105.3 points/match). Seuls les Bulls d’un certain Michael Jordan réussissent à faire douter les Pistons en finale de conférence en obligeant ces derniers à jouer un périlleux Game 7. Les Pistons s’imposent par après en finale 4 manches à 1 face aux Blazers de Portland de Clyde Drexler et Isiah Thomas devient le MVP de ces NBA Finals 1990.
Ensuite, on assiste aux débuts d’un règne sans partage des Bulls de Jordan. Un règne qui débute symboliquement lorsque, durant les playoffs 1991, ils sortent les champions en titre de Detroit 4-0 en finale de conférence… La saison n’est cependant pas triste au Palace of Auburn Hills: Joe Dumars continue de s’affirmer comme le fer de lance de l’attaque des Pistons tandis que la défense, toujours le point fort de l’équipe, est très performante, n’encaissant que 96.8 points par match. Ce travail défensif est récompensé par le deuxième titre consécutif de Rodman en tant que Defensive Player of the Year et les Pistons placent de nouveau deux de leurs joueurs (Rodman et Dumars) dans le All-Defensive Team.

L'équipe championne en 1990
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Ah les Bad Boys, une autre époque !
Je me suis souvent demandé s’ils auraient gagné le titre sans le départ de Dantley.