[Playoffs] Preview — Conférence Ouest

L.A Lakers (1) vs Oklahoma City Thunder (8)

Saison Régulière: 3-1 pour les Lakers

Le duel tant attendu

Jadis sixième, le jeune Thunder coaché par Scott Brooks a fait forte impression cette année en multipliant les grosses victoires et surtout en acquérant une régularité, une fiabilité certaine. Celle-ci est en grande partie le fait de la pépite all-star Kevin Durant qui tournait pour sa 3ème saison à 30.1 pts (meilleur scoreur de la ligue), 47.6% au shoot et 90% aux lancers (6ème meilleur), 7.6 rbds et 3.3 petites turnovers. C’est aussi et surtout l’oeuvre de Scott Brooks qui a amené une défense 10ème aux points encaissés, 3ème aux rebonds pris et qui n’a subi que 6 revers lorsque l’équipe marquait 100 pts et plus.

On aurait pu croire le Thunder léger sous les panneaux mais deux facteurs font qu’ils comblent plus ou moins bien ce secteur: d’une part l’athléticité de l’effectif. Si Nenad Krstic, Nick Collison ou Serge Obaka n’ont pas une présence physique imposante, ils compensent par une plus grande mobilité et les ailiers comme Green, Sefolosha ou Harden apportent leur défense pot-de-colle. D’autre part la rapidité du jeu, emmené par un Westbrook qui peut tout faire et une équipe qui peut jouer avec un small ball très efficace.

Il reste que les champions en titre ont toutes les armes en leur possession pour palier au défi athlétique du Thunder, boucler Kevin Durant et tenir la raquette d’une main de fer. Pourquoi des doutes subsistent? C’est principalement dû à une saison en demi-teinte d’un champion qui a subi de nombreuses blessures: Kobe Bryant, Andrew Bynum, Pau Gasol ont tous subi une blessure plus ou moins longue, le second est d’ailleurs préservé depuis un moment à cause d’un talon d’Achille récalcitrant. En second lieu, Ron Artest reste une énigme. Il a réalisé sa pire saison offensive en carrière (11 pts, 41.4% au shoot) et a souvent disputé son spot avec un Lamar Odom irrégulier. Enfin, dernier point négatif en vu c’est une profondeur de banc à priori beaucoup moins forte que celle du Thunder: Farmar, Vujacic, Mbenga, Walton, Powell….hormis Odom, il n’y a pas de foudre de guerre.

Le trio infernal

Tous ces soucis sont balayés d’un trait de plume par le retour en forme de Kobe Bryant, un Pau Gasol qui a voulu jouer tous les derniers matchs pour garder un énorme rythme (24.2 pts, 12.4 rbds sur les 10 derniers matchs) et la seconde tour, Bynum, qui s’est amplement reposé pour tenir toutes les playoffs à l’image du Shaq à Cleveland. La triple-menace pèsera donc sur le Thunder, à laquelle on ajoute la défense de Ron Artest qui peut se concentrer sur l’aspect défensif vu qu’il a totalement abandonné l’offense (en théorie…), il sera en relais sur Kevin Durant assurément. Enfin, troisième point, le banc. Fait avéré, sa nullité obligera les stars de la Cité des Anges à être irréprochables en tout point et à ne pas sous-estimer les jeunots.

Conclusion: Un champion avec une assurance moindre, des performances irrégulières et encore plusieurs questions en suspend (Gasol/Bynum? Odom dans le 5? Blessés?) mais un champion quoi qu’il arrive. Le Thunder peut jouer crânement sa chance comme l’avaient fait les Warriors il n’y a pas si longtemps face aux Mavs, et la défense devra annihiler le 24 des Lakers tout en protégeant le cercle afin d’avoir un optimum. Les deux tours jumelles gardent une plus-value qui donne un avantage à L.A non-négligeable.

Lakers 4-2 Thunder

Dallas Mavericks (2) vs San Antonio Spurs (7)

Saison Régulière: 3-1 pour les Mavs

Duel du Texas par excellence, deux équipes au profil opposés, voilà qui nous promet du grand spectacle. Il y a clairement un avant et après blockbuster trade à Dallas et depuis l’arrivée de ces nombreux joueurs l’équipe est passé de prétendant aux playoffs à contender au titre.

Dirk défend sur Tim

L’effectif pléthorique et hautement qualitatif des Mavs fait peur: Jason Kidd a réalisé une saison hors-norme pour son âge (13.6 pts, 42.5% à 3-pts, 6.6 rbds, 9.2 pds) , le Wünderkind est en mode MVP (27.4 pts, 9.3 rbds, 3.2 assists) en cette fin de saison, Terry et Beaubois en facteurs X, Caron Butler – Shawn Marion – Deshawn Stevenson peuvent autant marquer que défendre surtout pour le dernier qui en a fait sa spécialité. Le point névralgique se trouve à l’intérieur comme souvent chez les contenders car avec Dirk il y a maintenant Brendan Haywood et Erick Dampier, deux colosses qui vont faire valoir leur taille, leur largeur et leur défense face à des Spurs qui sont traditionnellement bien pourvus à ce niveau.

Alliant une équipe offensive et défensive, jeune et portée par des joueurs tous en quête de titre, les Mavs font presque figure de favoris, d’autant plus que Rick Carlisle est loin d’être la dernière des enclumes pour manager une opposition totalement défensive.

Quoi que….Gregg Popovich, cet ancien agent secret :) n’a pas lésiné pour préparer ces playoffs et se qualifier in extremis. A San Antonio c’est la fin d’un cycle, on retrouve une équipe avec un roster de « vieux », Tim Duncan lui-même a subi des blessures comme T.P ou Ginobili et à un moment ou un autre de la saison, chacun a tenu l’équipe seul en compagnie d’une pléiade de joueurs de devoirs et de quelques révélations. Toujours dans le Top 10 défensif, cette équipe danse sur plusieurs pieds: celui de Duncan leader sur le déclin (17 pts, 10 rbds), d’un Ginobili qui a mis le feu en fin de saison avant de retourner voir l’infirmerie (17 ppg) et d’un T.P de retour depuis quelques matchs qui reprend le rythme, inutile de préciser qu’aucun d’eux n’atteint les 80 matchs joués mais what’s the point ? L’intérêt comme le disait Popovich c’était d’arriver en playoff à 100% et là seulement, avec un effectif complet, les Spurs sont loin d’être morts.

La révélation George Hill reviendra certainement au bon moment, Richard Jefferson justifie mieux son statut après un début de saison décevant, Dejuan Blair s’avère être LE steal de la dernière draft, preuve en est son double double-double contre les Mavs lors de la dernière journée et les vieux briscards comme McDyess, Bonner…peuvent faire l’affaire. L’effectif est évidemment beaucoup moins sexy et séduisant sur le papier que celui de Dallas, voire pour certains ferait peine à voir mais il faut garder à l’esprit que San Antonio est une équipe tenue par un trio entouré de « faire-valoir » qui peuvent s’enflammer à n’importe quel moment.

Conclusion: Il semble que le fort Alamo ne veuille rendre ses armes si vite, il se battra bec et ongle pour sa survie face à un favori affiché. Ultime test s’il en est pour Dallas, une victoire sur San Antonio montrerait la réalité de leur puissance offensive/défensive et de leur supériorité affichée dans le Texas. En espérant que les coups de sifflet ne viennent pas fausser le jeu…

Dallas 4-3 San Antonio

Phoenix Suns (3) vs Portland TrailBlazers (6)

Saison Régulière: 2-1 pour les Suns

Le non-choc par excellence. Nous avons d’un côté une équipe de Phoenix qui depuis le All-Star Break est intenable, ayant enchaîné pas moins de 22 victoires lors de ses 26 dernières rencontres! De l’autre, une équipe des Blazers qui a subi des coups très dur: la perte successive de Greg Oden puis Joel Przybilla au poste 5 et pour le reste de la saison; les blessures à répétition de Brandon Roy, LaMarcus Aldridge….

Amaré Stoudemire sur LaMarcus Aldridge

Portland s’en est pourtant sorti. Grâce aux blessures, certains joueurs se sont révélés à l’instar de Marcus Camby, débarqué en février, irrésistible dans la raquette avec Juwan Howard en back-up, de Martell Webster et de Nicolas Batum, des rookies, et d’Andre Miller véritable maître à jouer de l’équipe…Nate McMillan fait donc avec les moyens du bord et devrait opposer une certaine résistance mais rien de bien effrayant, hormis les dizaines de milliers de fans de Portland. Le forfait de Brandon Roy, touché au ménisque, est rédhibitoire. Il était plus sage d’abandonner son retour pour préparer la saison prochaine avec une équipe au complet, plutôt que de risquer une blessure très grave.

En effet, les risques étaient présents face à des Suns en pleine bourre. S’il y a bien un joueur en vu en plus de Durant, Nowitzki et Gasol, c’est Amaré Stoudemire tout simplement intenable depuis son retour de blessure et le All-Star Break 26.6 à 56%, 9.6 rbds 1.1 blocks, 9.2 lancers tentés en moyenne. Cette menace est accompagnée par un Steve Nash qui a toujours ses jambes de 20 ans, Jason Richardson et Grant Hill en ailiers shooteurs/rebondeurs et quelques 3-pointeurs efficaces sur le banc, même Leandro Barbosa est de retour. L’équipe est donc au complet, aucune blessure n’affecte les joueurs principaux.

Conclusion: Ce déséquilibre est tellement immense qu’il est à parier un probable sweep des Blazers.

Phoenix 4-0 Portland

Denver Nuggets (4) vs Utah Jazz (5)

Saison Régulière: 3-1 pour les Nuggets

Choc parmi les chocs, l’image (cf ci-dessus) en dit long sur le combat qui attend ces deux équipes au bilan similaire (53-29) et à l’invincibilité à la maison qui les caractérise: 34-7 pour Denver, 32-9 pour Utah.

Les dès seront malheureusement pipés avant le début de cette match-up et c’est encore une histoire de blessure. Jamais épargné cette saison (Boozer, Williams, Kirilenko, Okur etc…), le Jazz a subi de nombreuses absences mais la perte sèche de Carlos Boozer (déchirure musculaire au niveau de la cage thoracique) pourrait durer tout le premier tour des playoffs et il n’apportera donc pas ses 19.1 pts et 11.5 rbds! Un mal pour un bien, Andrei Kirilenko a quant à lui manqué 15 des 17 derniers matchs de l’équipe en saison régulière mais devrait revenir, en attendant le feu vert des médecins, si Boozer est effectivement indisponible.

Millsap tiendra-t-il le choc?

C’est donc avec ces deux gros points d’interrogation que le Jazz s’en va tenter de passer le premier tour, Paul Millsap (15 pts, 12 rbds contre les Hornets, 10 pts, 24 rbds contre les Warriors…) ne devrait pas ménager ses efforts pour remplacer Boozer tandis que D-Will va nous faire du 20 points – 10 assists par match comme à son habitude et il est bien connu que dans l’adversité une équipe se transcende.

Il faudra que le banc suive (Korver, Koufos) tout comme les néo-titulaires que sont devenus des joueurs comme Wesley Matthews et C.J.Miles, deux scoreurs athlétiques qui restent énigmatiques à ce niveau de la compétition et qui n’ont pu éviter le déclassement du Jazz lors de la dernière journée.

Les Nuggets partent avec un gros avantage donc, mais la victoire ne tiendra pas qu’à cette (ces?) absences. Denver a une équipe solide, même sans son coach (en chimio pour un cancer de la gorge) George Karl, et qui s’autoproclame futur vainqueur de la ligue depuis le début de l’année. Les blessés sont revenus, notamment Kenyon Martin, la nouvelle machine à double-double de Denver qui boucle la raquette avec Nênê et sera décisif dans sa match-up avec Paul Millsap, il a les moyens de le tenir et de l’empêcher de prendre de l’envergure. Chris Andersen balaiera si besoin par des contres spéciaux et Johan Petro peut toujours rendre des services.. La franchise du Colorado possède également un des meilleurs joueurs et scoreur de la ligue avec Carmelo Anthony qui en a fini avec les pépins physiques et revient épauler Chauncey Billups aka Mr Big Shot, pour dynamiter les défenses. JR Smith et Ty Lawson ne seront pas de trop également.

Conclusion : Cette équipe s’agence donc comme une combinaison offensive/défensive très perfectionnée, les shoots longues distances, le jeu de transition sont leur pain quotidien et ils nous promettent déjà des envolées au-dessus des 100 pts. Le Jazz est tombé sur un adversaire de taille…et en ayant concédé l’avantage du terrain (principal atout des mormons), face à une équipe qui défend aussi bien sa maison, la mission est pour ainsi dire impossible.

Denver 4-2 Utah