Preview: Final Four EuroCup

Premier grand rendez-vous de cette fin de saison européenne, l’EuroCup connaitra ce dimanche son grand champion 2010. L’enjeu de taille: le successeur du Lietuvos Rytas, en plus des honneurs du sacre européen, obtiendra son ticket direct pour l’Euroleague 2010-2011… 4 équipes sont toujours en course: l’Alba Berlin, le PE Valence, le Bizkaia Bilbao et le Panellinios. Passage en revue des forces en présence.

Alba Berlin: le basket allemand à la fête

  • Position actuelle en championnat: Leader en Bundesliga.
  • Bilan total (championnat, EuroCup): 33-11 (23-7, 10-4).
  • Dernier titre: Coupe d’Allemagne 2009.
  • Coach: Luka Pavicevic (SER).

Le parcours

L’Alba Berlin a réussi un parcours sans embûche pour accéder à ce Final Four. Lors du premier tour, les Allemands ont rentré un bilan de 5-1 pour facilement se sortir d’un groupe A qui comptait aussi les Italiens de Teramo, les Turcs du Galatasaray et les Ukrainiens de l’Azovmash. La seule frayeur du premier tour aura eu lieu lors de la visite en Turquie. Ce jour-là, l’Alba est tombé sur une furia turque: Darius Washington (31 points, 8 rebonds, 5 assists), Mike Wilkinson (20 points, 6 rebonds) et Simas Jasaitis (19 points, 7 rebonds) sortaient tous les trois des matchs parfaits pour faire lourdement tomber Berlin 93-79.

Le deuxième tour sera lui aussi une formalité. Dans un groupe très ouvert, les hommes de Pavicevic prendront le dessus sur le DKV Joventut (de 4 et 6 points) et Le Mans (de 5 et 12 points). Seul l’Aris parviendra à les mettre en difficulté en les battant à deux reprises — les Grecs sont d’ailleurs les seuls à avoir gagné à l’O2 World cette saison. Mais le groupe est très disputé. Les hommes de David Blatt, les seuls à avoir battu l’Alba à deux reprises, s’écroulent complètement et sont défaits par les Manceaux (deux fois) et par la Joventut à une reprise. Du coup, avec un bilan de 4-2, les Allemands accèdent à la phase des play-offs, tout en évitant le PowerElectronics Valencia et héritant de l’Hapoel Jérusalem pour une place en F4.

En déplacement à la Goldberg Arena de Jérusalem, les Allemands passent un sale quart d’heure – au propre comme au figuré. Ils livrent une première mi-temps à oublier, ne scorant que 18 points en 20 minutes. Les Israéliens rejoignent les vestiares avec 12 points d’avance, 30-18. Dominé dans le jeu, l’Alba parvient à bien limiter la casse, porté par un Derrick Byars au sommet. Mais en face, Brandon Hunter signe un match gargantuesque, 23 points et 10 rebonds. Et les Israéliens l’emportent de 6 points, 67-61. Un écart qui, vous vous en doutez si Berlin est au F4, ne sera pas suffisant. Devant 15.000 supporters, les Allemands livreront un match quasi-parfait. Une entame de match parfaite (20-7 lors du premier quart), un troisième quart-temps appliqué (16-9) et le match était plié. Au bout du compte, les Allemands l’emportent à la maison 72-59 et gagnent la série 133-126 pour continuer à rêver d’un deuxième trophée européen après la Coupe Korac 1995.

Le roster

Dépourvu de véritables stars, l’Alba Berlin peut compter sur une solide phalange composée des US McElroy, Jenkins, du Monténégrin Blagota Sekulic et les trois jokers US Rashard Wright, Derrick Byars et Adam Chubb. le chef d’orchestre et cerveau du collectif allemand est Immanuel McElroy. Point forward typique d’1,94m, il excelle au scoring (10 ppg), au passing (3.2 apg), au rebond (4.1 rpg), tout en ne perdant qu’1,1 ballon par match en, moyenne. Bref, un joueur propre, régulier et sur lequel le coach peut toujours s’appuyer. Autre valeur sûre des Allemands, l’intérieur Blagota Sekulic s’est imposé après des aventures mitigées au Real et à Salonique. A l’aise dans la peinture, le Monténégrin est aussi capable de s’écarter de l’anneau pour montrer son efficacité à mi-distance. Efficace dos à l’anneau, il possède le bagage technique pour en faire une menace plus qu’intéressante en-dessous.

Pour compléter la menace, Luka Pavicevic peut également compter sur quelques feux-follets capables de coups d’éclat. A l’image de Derrick Byars lors des PO (16,5 ppg, alors que sur le reste de la saison, il se contentait de 6 ppg), Rashard Wright, Julius Jenkins et Adam Chubb sont des joueurs à ne pas négliger, même s’ils évoluent dans des registres différents. Chubb et Byars sont tous deux des joueurs de banc, qui peuvent faire de gros dégâts dès leur entrée au jeu. Et ils sont en général assez percutants vu le relativement faible temps de jeu qui leur est accordé. A l’inverse, Jenkins et Wright sont tous deux titulaires. Mais leurs volumes de jeu paient une précision et une régularité en berne. Toutefois, sur un match, tous deux sont capables de se révéler comme un facteur et de faire la différence.

Panellinios BC: l’outsider-surprise

  • Position actuelle en championnat: 4ème de la A1.
  • Bilan total (championnat, EuroCup): 24-13 (15-8, 9-5).
  • Dernier titre: Champion de Grèce 1957.
  • Coach: Ilias Zouros (GRE).

Le parcours

Le Panellinios a livré une campagne européenne très discrète. Mais costaude, puisqu’ils ont écarté des références de l’EuroCup comme Gran Canaria, le PGE Turow, le Brose Basket et la SLUC Nancy. Et qu’ils sont les seuls à avoir fait tomber Bilbao… Mais reprenons depuis le début.

Le moins que l’on puisse dire du Panellinios est qu’ils ont attaqué la compétition le pied au plancher. Face à des adversaires redoutables (Gran Canaria, SLUC, Turow), les Grecs ont cumulé en trois matchs trois larges victoires: 89-60 face à Gran Canaria, 72-81 après prolongation à Nancy et 83-65 face aux Polonais de Turow. Un départ en trombe qui connaitra un coup d’arrêt lors des déplacements à Turow et Gran Canaria, deux duels conclus par deux défaites consécutives. Le Panellinios joue sa qualification sur son dernier match face à Nancy. Une victoire l’envoie dans le Top16, tandis qu’une défaite oblige le cercle grec à quitter la scène européenne. Emmené par un Joshua Davis on fire (28 points, 5 rebonds), les hommes de Zouros livrent un match très intense à domicile, remportant le match sur les 10 dernières minutes (29-14 dans le dernier quart-temps pour une victoire 77-64). Ils décrochent même la première place grâce au point average sur Gran Canaria.

Le deuxième tour leur tend les bras, avec trois clubs ambitieux: Bizkaia Bilbao, Brose Basket et le Benetton Trévise. Mais une nouvelle fois, les Grecs vont soulever des montagnes pour se sortir de ce groupe. Ils conserveront leur brevet invincibilité à domicile en battant à tour de rôle Brose (70-62), le Benetton (88-79) et, plus fort encore, Bilbao (77-70). Avec un tel bilan à la maison, ils se permettent quelques largesses à l’extérieur. Ils iront bien vaincre le Benetton Trévise 81-85, mais perdront des plumes en Allemagne et en Espagne. terminant avec un bilan de 4-2, ils sont à égalité avec Bilbao, mais le point average jouant, ils se contentent de la seconde place du groupe.

Une seconde place qui les pousse dans les bras de Gran Canaria pour un remake du premier tour. Et comme ils en ont pris l’habitude, ils se montreront particulièrement brillants à la maison. Lors du premier duel disputé à Athènes, les locaux emportant la mise 81-70, se bâtissant un matelas de 11 points avant de se rendre en Espagne. Un déplacement qui sera géré de main de maitre, avec un écart qui sera rapidement stabilisé entre 5 et 8 points. Et au finale, les Grecs perdent le duel 75-68, mais remportent la série de 3 petits points. Et le Panellionios, créé en 1929, continue une aventure européenne en passe de devenir la plus belle de l’histoire du club.

Le roster

Attendant un titre depuis plus de 50 ans, le Panellinios a faim. Attente d’un titre quelconque depuis plus de 50 ans, mélange de joueurs US de qualité et de joueurs grecs méconnus. Et emmené par le coach de l’année en EuroCup Ilias Zouros, le club a de solides ambitions. Basé sur un jeu tourné sur l’attaque, les hommes de Zouros ont su imposer un quatuor infernal composé des US Devin Smith et Rod Blakney et deux Grecs passés sous le radar de l’Olympiacos et du Panathinaikos, Ian Vougioukas et Kostas Charalampidis. Devin Smith, ancien MVP de la Coupe d’Italie 2008, renait après une expérience mitigée au Fenerbahce. Avec 14.4 ppg et 4.2 rpg, Smith a retrouvé son costume d’ailier agressif, capable de driver mais surtout d’ajuster à distance ou à mi-distance. Des qualités qui ont fait de lui un membre de la All-EuroCup First Team. Kostas Charalampidis a lui aussi mis en avant ses qualités de précision cette saison. Impeccable depuis la ligne des LF (63/68 sur la saison), l’arrière grec a brillé derrière la ligne des 3 points, avec près de 40% de moyenne à 26/66. Sous-estimé depuis son passage chez les pros en 99, Charalampidis est désormais reconnu comme une menace offensive de niveau européen, à l’image de sa nomination dans la All-EuroCup Second Team.

A côté de ce duo infernal, Zouros peut aussi compter sur les solides intérieurs que sont Ian Vougioukas et le nouveau venu Chris Owens. Vougioukas, 2.11m, représente l’archétype de l’intérieur européen: grand et technique, mais peu puissant. Des caractéristiques qui lui permettent toutefois de cumuler en moyenne près de 10 ppg et 5 rpg. Chris Owens, véritable globe-trotter changeant de club chaque année, est le PF US typique. Explosif, puissant, aimant jouer des coudes inside. Arrivé en cours de saison en Grèce, il est désormais parfaitement intégré dans le roster et, lors des quarts de finale, a joué un rôle centrale dans le succès du club en cumulant 10.5 ppg et 8.5 rpg sur 2 matchs. Une véritable upgrade donc, qui a permis à Rod Blackney de renaitre. Auteur d’un premier tour fracassant, le PG US s’était éteint lors du second tour de cette EuroCup. Jusqu’à l’arrivée de Chris Owens il y a de cela 4 matchs. Depuis, Blackney a cumulé 16 ppg… Un parcours semé d’embûches bien maitrisées, un roster dépourvu de vrai grand nom mais bourré de qualités: le Panellionios est en ordre de bataille pour créer une énorme surprise ce week-end…

Power Electronics Valencia: l’incontestable favori

  • Position actuelle en championnat: 4ème de la Liga ACB.
  • Bilan total (championnat, EuroCup): 32-11 (20-9, 12-2).
  • Dernier titre: Uleb Cup 2003.
  • Coach: Neven Spahija (CRO).

Le parcours

Solidement installé à la quatrième place en Liga ACB, le PowerElectronics Valencia a fait une forte impression tout au long de son parcours européen. 12 victoires, 2 défaites, une suprématie et une maitrise lors de chacun des tours disputés, les Valencians ont fait une énorme impression et se placent en favoris légitime de ce Final 4. On pourra toujours objecter que les groupes disputés étaient loin d’être les plus complexes – Hemofarm, Le Mans, BC Triumph et Hapoel Jérusalem, UNICS Kazan et Galatasaray.

Mais les deux démonstrations faites face à l’Aris Salonique en disent long sur le niveau de l’équipe. Ils ont tout d’abord été donner une leçon de maitrise en Grèce en remportant 64-71 devant le chaud public grec, derrière les 18 points du surprenant Marko Marinovic. Le deuxième duel, à Valence, sera encore bien plus impressionnant. A la maison, les Espagnols livreront une leçon de basket. la première mi-temps sera exemplaire, conclue par un cinglant 47-28. La qualification déjà en poche, les hommes de Neven Spahija continueront à jouer le jeu en prouvant la profondeur du roster. Thomas Kellati inscrira 18 points, José Simeon cumulera 5 points, 4 rebonds et 5 assists, tandis que Rafa Martinez (9 points, 4 rebonds, 2 steals, 8 fautes provoquées) et Matt Nielsen (13 points, 6 rebonds, 7 fautes provoquées) faisaient leur habituel travail de destruction… Et sur cette démonstration, les Valencians s’ouvraient la voie du F4 de Vitoria.

Le roster

Sans exagérer, on peut dire que le PowerElectronics Valencia possède un roster digne d’un Top 16 de l’Euroleague (voire quarts de finale). Drivé par le génial et rigoureux Neven Spahija, les Espagnols ont mis sur pied un savant mélange de joueurs techniques et physiques, talentueux et durs au mal, efficaces offensivement et défensivement.

Illustration des talents en présence: Valence possède dans son roster le Rising Star de l’année (Victor Claver, 8.9 ppg et 5.2 rpg sur la campagne européenne) et deux membres de la All-EuroCup First Team: Nando De Colo (13.6 ppg, 3.9 rpg, 2.6 apg) et Matt Nielsen (9.8 ppg à 55%, 5.3 rpg, 5 fautes provoquées par match). On rajoute à ce trio infernal des joueurs du calibre des solides intérieurs comme Serhiy Lishchuk (9.6 ppg à 60% à 2 pts et 9/16 à 3 pts), un Kosta Perovic qui retrouve son basket (10 rpg, 3.8 rpg) ou un Flo Pietrus toujours présent pour faire le dirty job, l’agressivité et les qualités d’arrière-maestro Rafa Martinez (11.6 ppg à 70% à 2 pts et 93% aux LF). Illustration de la profondeur du roster de Valence: Thomas Kelati, qui était le moteur offensif de Malaga l’an passé (11.6 ppg en 16 matchs EuroLeague), est la sixième option offensive de Spahija…

Pas besoin d’en dire plus pour vous faire comprendre que Valence, vainqueur de la première ULEB Cup en 2003 apparait comme le favori numéro 1 ce week-end.

Bizkaia Bilbao: comme à la maison…

  • Position actuelle en championnat: 10ème de la Liga ACB.
  • Bilan total (championnat, EuroCup): 24-19 (13-16, 11-3).
  • Dernier titre: Palmarès vierge.
  • Coach: Fotsios Katsikaris (GRE)

Le parcours

Il y a de cela quelques mois, nous vous présentions le double-visage du Bizkaia Bilbao. Katsikaris venait de prendre les rênes du club et proposait un grand changement de cap. Devenu impérial en Liga ACB, le club basque a perdu des plumes en EuroCup. Invaincu lors des 10 premières rencontres européennes, Bilbao a perdu 3 des 4 duels qu’il a disputé. Face à Trévise et sa paire d’intérieurs Motiejunas (9 points, 5 rebonds, 7 fautes provoquées) – Nicevic (14pts, 5 rbs) tout d’abord, face au Panellinios ensuite. Mais la qualification pour les quarts de finale était déjà en poche.

Les Basques retrouvaient les Tchèques du CEZ Nymburk. Cette double-confrontation révèlera un nouveau visage du Bizkaia Bilbao. Jusqu’alors très tourné vers l’attaque, les Basques vont remporter une série très tendue. Le premier duel, disputé en Tchéquie, est devenu un classique. Mené de 10 points à la mi-temps et 7 points après 30 minutes de jeu, les Basques ont écrasé la concurrence lors du dernier acte, remportant le dernier quart-temps 24-5. Ce match a aussi permis de prouver la profondeur du roster de Bilbao. Banic et Blums passant à travers de leur match, c’est Jérôme Moiso, Chris Warren et Axel Hervelle qui se mettent en avant. Mais plus que tout, la rigueur défensive de Bilbao voit le jour: les Tchèques sont limités à 31% de réussite à 2 points, ne tentent que 9 malheureux lancers-francs sur la rencontre et sont ultradominés au rebond 41-28. Le deuxième duel sera tout aussi fermé. un avantage pour des Basques qui garderont parfaitement le contrôle sur le match et ne s’inclineront que de 6 points. Et rejoint le club des 4…

Le roster

Créé il y a seulement 10 ans, Bilbao a mené depuis sa création une politique de transfert prudente mais efficace. Articulé autour de l’axe Banic (depuis 2005)-Salgado (depuis la création du club en 2000 en D3 espagnole), le club s’est progressivement enrichi. Janis Blums, Damir Markota, Renaldas Seibutis ou Salva Guardia dans un premier temps, Axel Hervelle, Jérôme Moiso, Alex Mumbru et Chris Warren ensuite sont venus progressivement grossir les rangs basques. Et aujourd’hui, le club est en passe de remporter son premier trophée européen. En plus d’évoluer à domicile, les Basques possèdent la meilleure attaque et meilleure défense parmi les quatre équipes restantes. Et comptent dans leurs rangs Marko Banic (13.2 ppg à 70%, 4.1 rpg), l’un des plus sous-estimés des intérieurs européens, récemment élu MVP de l’EuroCup.

A ses côtés, Katsikaris peut compter sur un roster très large et bourré de talents et d’envie de bien faire. Des joueurs comme Alex Mumbru (8.3 ppg à 60%) ou Axel Hervelle (7.2 ppg, 4.9 rpg, 1.4 spg) par exemple, chassés du Real par Messina. Ou comme Moiso (7.8 ppg, 4.4 rpg, 1.3 bpg), globetrotter malgré son talent. Ou Chris Warren, qui après des va-et-vient entre Mexique et Europe, parvient enfin à s’installer en Europe (8.8 ppg). Bref, un roster ne manquant ni de talent, ni d’envie vu les revanches personnelles que ces gars doivent prendre vis-à-vis du milieu du basket de haut niveau. Et à Vitoria, à une dizaine de kilomètres de Bilbao, les Basques seront comme à la maison…

Le programme

Demis-finales:

  • PE Valence-Panellinios: samedi à 18:00 CET.
  • Bizkaia Bilbao-Alba Berlin: samedi à 20:45 CET.

Finales:

  • Match pour la troisième place: dimanche à 18:00 CET.
  • Finale: dimanche à 20:45 CET.

Le tout programmé en live sur EuroSport 2.