Les équipes provenant d’un « small market » passent très souvent loin des analyses réservées aux grande attractions Lakers ou Knicks. On décide de changer un peu les choses en s’intéressant à l’équipe officiellement la moins glamour de la ligue: les Milwaukee Bucks. Même si vous n’êtes pas un fan de l’équipe, vous devez vous poser une question en tombant sur leurs boxscores: Qui est titulaire? Pourquoi tel ou tel joueur ne joue pas une nuit puis reste 30 minutes sur le terrain deux jours plus tard? Quid des blessés? Du coaching? Du style de jeu? C’est ce que l’on va essayer de brosser durant ce post.
Le changement, c’est tout le temps
Une des particularités de l’équipe de Milwaukee, c’est de souvent changer de joueurs alors que le coach, depuis cinq ans, reste Scott Skiles. Le Front office n’hésite pas à fournir un arsenal de joueurs souvent sous-côtés qui se révèlent dans le gant de fer instillé par Skiles, on a ainsi pu avoir de belles surprises comme lors de la saison 2009/10 avec les Bogut, Jennings, Ridnour, Delfino, Ilyasova, Salmons, Mbah a Moute, Bell, Warrick, Redd etc…cette année, l’équipe a bien commencé la saison avec un 6-2 encourageant. Elle se drape d’un nouveau visage, portée par les deux combo-guards que sont Monta Ellis (19 ppg) et Brandon Jennings (16.9 ppg), cependant, derrière ces « presque » inamovibles titulaires, il n’y a aucune certitude.
Bien sûr, l’effectif n’est pas pauvre. On y retrouve un Ilyasova qui sortait d’une belle saison nourrissant de nombreux espoirs, Samuel Dalembert et Marquis Daniels sont arrivés, Mike Dunleavy retrouve ses jambes, tout le monde oublie Udrih, des intérieurs athlétiques comme Udoh et Sanders sont également présents…bref, il y a de quoi faire. Et pourtant, Scott Skiles essuie des quolibets de la part des fans de toute part. A tort ou à raison, nous ne sommes pas présents dans le vestiaire pour être d’une telle prétention, il n’en reste pas moins que sa gestion de l’effectif et du temps de jeu de ses joueurs est pour le moins énigmatique.
Sur Sports Illustrated, la rédaction s’est amusée à pondre un graphique avec le nombre de minutes jouées par chaque joueur, jetez-y un œil, c’est bluffant:
https://docs.google.com/spreadsheet/ccc?key=0ArDCUhUJTOYOdGFsanB0dDZNVTFRS3lOQmVtV1Q2SGc#gid=3
Et l’analyste Rob Mahoney de commenter:
Scott Skiles n’a pas le bénéfice d’un roster de titulaires avec une rotation précise. A part Monta Ellis et Brandon Jennings, théoriquement tous les Bucks peuvent sortir ou rentrer dans la rotation. C’est impossible de prédire qui jouera, et combien de minutes d’un match à l’autre. Rien n’est assuré et aucun rôle n’est attribué.
Naturellement, il y a les blessures. C’est le lot de toutes les équipes, Ilyasova a été blessé, Udrih et Przybilla sont sur la touche également. Mais cela n’explique pas tout. Samuel Dalembert, arrivé de Houston, a été un des premiers à remettre en cause cette gestion qu’il trouve erratique des temps de jeu, un reproche que Chris Douglas-Roberts, Maggette, Ilyasova ou Stephen Jackson ont déjà émis publiquement lors de leur passage à Milwaukee. Écoutons Samuel:
Ça ne marche pas! Pas le moins du monde. Je pensais avoir un rôle un petit peu plus important mais comme je l’ai dit, c’est le coach qui décide et tout le monde fait avec. C’est simple, tout le monde doit être prêt à produire dés qu’on appelle son nom. On a un roster avec beaucoup de joueurs qui ont des niveaux similaires. On veut donc tous des minutes. Quand on se retrouve sur le terrain, on se supporte les uns les autres, on fait ce qu’on peut.
Tout n’est bien sûr pas sur les épaules du coach et un simple regard sur l’effectif en dit long: il se doit de faire évoluer des joueurs (Brandon Jennings, Mbah a Moute, Sanders etc…) tout en incorporant un croqueur en provenance des Warriors-foufou (Monta Ellis), et en réussissant à défendre son panier entre des jeunes et des vétérans qui se tirent dans les pattes.
Une franchise sans cap
Le niveau des joueurs n’est pas forcément permis pour créer une telle alchimie, au regard des vétérans qui y sommeillent, l’impression ressenti est plus d’un banc de « joueurs dont on ne veut plus autre part » qu’autre chose, associé à de véritables jeunes en développement qui ont besoin de temps de jeu. Le timing est vraiment mauvais et la direction des Bucks ne donne pas d’idée claire, directrice, sur où doit aller l’équipe. Devront-ils jouer la 8ème place d’une conférence Est morose? Doivent-ils faire table-rase des années passées et sacrifier tous ces vieux contrats pour ne garder que des jeunes? Il est loin le temps où George Karl bénéficiait de Sam Cassell, Glenn Robinson, Ray Allen et Michael Redd pour former son escouade. Scott Skiles ne s’affirme évidemment pas assez. Il n’est pas connu pour sa gestion des égos ou sa truculente communication dans les vestiaires.
Il y a un problème général dans le Wisconsin, l’imposition de joueurs ne pouvant pas défendre (Jennings, Ellis) et l’arrivée de spécialistes défensifs qui sont frustre en attaque. L’inefficacité offensive de l’équipe est d’ailleurs criante, 21ème au rating offensif et avec ses deux leaders offensifs (Ellis&Jennings) qui shootent à respectivement 40% et 38%, tout cela accompagné naturellement d’un volume de jeu conséquent, plus de 30 tickets shoots associés à ces deux goinfres, derrière, les Ilyasova, Dunleavy, Daniels, Udrih, Mbah a Moute etc…se partagent la feuille avec 6-8 tickets shoots. Finalement, au vu des résultats de l’équipe, plutôt positifs, on se dit que Scott Skiles arrive à tirer le meilleur partie d’un jeu de carte pas forcément à son avantage.
Néanmoins, les problèmes au rebond se font sentir. Une des raisons du succès des Bucks lors des dix premières rencontres était leur domination sous le panneau mais Sanders, Udoh ou Ilyasova se sont révélés inconsistants pour l’instant dans ce domaine de jeu. Et croyez-le ou non mais l’absence de Mike Dunleavy touche directement ce pan de leur jeu, car avec sa taille et son agressivité, il faisait partie des dix meilleurs ailiers au rebond défensif. Le PER (Player Efficiency Rating) d’un joueur comme Ilyasova fait peur à voir à ce moment de l’analyse car là où Jennings et Ellis (+ de 20 de PER) réussissent tout de même à mener l’équipe, son absence (5.9! en dessous de Henson par exemple) à « Illy » est source de défaites, il contre même moins de fois que Monta Ellis, c’est dire à quel point la peur doit envahir Scott Skiles. Il n’a pourtant pas hésité à bencher le turc plusieurs fois, pour le faire réagir.
Il n’y a pas que du mauvais à Milwaukee, loin de là, puisque Larry Sanders s’épanouit en ce moment de fort belle manière, des performances saluées par Kareem Abdul-Jabbar en personne lorsque le jeune Buck a réussi à contrer dix fois dans un match, égalant le record de franchise de KAJ.
No Futur
Il se peut que la direction commence à penser à remanier l’effectif et…Scott Skiles. Ça n’avait pas fait grand bruit à l’époque mais en mars dernier, Scott Skiles avait (selon les insiders d’ESPN) lui-même demandé à partir au plus vite de la franchise, soit par un licenciement, soit un buyout de sa dernière année de contrat dans laquelle il est finalement rentré. La direction, avare comme souvent dans ce genre de cas, joue la patience et il ne serait pas étonnant de voir, à la fin de l’année, Scott Skiles ne pas être renouvelé et l’équipe complètement déstructurée pour rebâtir autour des jeunes restant (Jennings, Sanders, Mbah A Moute, Udoh etc..). Il ne semble pas y avoir de convergence entre la direction et le coaching, à part sur l’absence de communication.
Autre fait encore plus sous-estimé, la présence du public. Le Wisconsin, ce n’est pas sexy. Aucun joueur ne veut y aller en général mais les fans jouent un rôle dans cette affaire. Lorsqu’une franchise a du succès, qu’importe son marché, elle sera adulée. L’exemple le plus criant est encore celui des Green Bay Packers et leur attente légendaire pour avoir ne serait-ce qu’un ticket, vu que les résidents détiennent des passes pour ainsi dire à « vie ». Ce n’est pas le cas pour Milwaukee qui se fend d’un public mêlé entre quelques irréductibles, certains qui aimeraient y croire et les autres, qui se montrent lorsque leur équipe d’adoption vient affronter Milwaukee. Voilà comment la salle peut se remplir de LakerFan, KnicksFan, CelticsFan etc…et devenir hostile à l’équipe d’accueil! Il est aussi beaucoup plus simple de s’émerveiller devant une équipe qui joue bien que devant un roster abscon et une équipe qui n’a pas trouvé sa ligne de conduite.
Milwauke est à présent avec un bilan positif (12-10), 6-5 à la maison ET à l’extérieur, lui donnant le 6ème spot à l’Est et avec un meilleur bilan que les Lakers, les Pacers ou les Celtics. Une dynamique qui restera branlante toute l’année durant si Skiles ne trouve pas de solution finale à sa rotation.







« Devront-ils jouer la 8ème place d’une conférence Est morose? »
Avec le roster actuel, oui, c’est un peu à ça qu’ils sont condamnés. Ils ont une équipe de ventre mou, et c’est le pire en NBA. Bon an, mal an, ça joue les playoffs, mais gagner 35 matchs n’a aucun intérêt.
Après, je suis pas dans le secret des dieux, mais il y a quand même des incohérences dans le coaching de Skiles. Le traitement d’Ilyasova est très bizarre, Larry Sanders disait qu’il préférait sortir du banc et 1 semaine après, il se retrouve dans le 5, et puis le cas Drew Gooden…
Un dernier truc, Brandon Jennings arrive en fin de contrat et il a déjà dit que découvrir un grand marché lui plairait bien.
Définitivement non, Milwaukee et le Wisconsin, c’est pas glamour.
[MODE Stephyx ON]
Et Skiles, il pourrait pas penser un peu à ma fantasy en assurant 30 min a Ilyasova, plutot que de jouer au yoyo avec son temps de jeu?
Non mais sérieux, c’est bien beau le bilan positif, mais la vérité de la vie vraie, c’est mon équipe Fantasy et en l’occurence le niveau d’Ilyasova…
[MODE Stephyx OFF]
c’est marrant mais chaque année, je suis loin de trouver leur effectif sexy et pourtant ils sont, comme vous le dites dans le ventre-mou. En voyant leur effectif, je les mettrais dans la catégorie des washington, charlotte, new orleans et pourtant, ils sont toujours très compétitifs pour un spot en playoffs. Du coup, moi je donne beaucoup de crédit au coach
même si ta démonstration ne plaide clairement pas en sa faveur.
Mais bon, faut dire aussi que je ne les connais pas bien les joueurs à part les 2 arrières….
Pas du tout d’accord avec toi sur la valeur de l’équipe.
Il y a une sacré profondeur, avec des gars qui furent titulaires ailleurs. Après, c’est pas des All-Stars, on est d’accord, mais Udrih, Daniels, Dunleavy, Dalembert, Gooden, Ilyasova, Przybilla, Sanders, Udoh, c’est des bons pros, des gars de valeur.
Luc Mbah a Moute fait partie des très bons défenseurs de la league, il serait peut-être dans les All-Def Teams s’il jouait dans une équipe plus exposée. Et John Henson est un très bon rookie.
Vraiment, il y a des gars de valeur dans cette équipe, et quelques cerveaux, c’est pas du Charlotte ou du Sacramento.
Seulement, il manque probablement un leader, et pour reprendre ce que disait Bob sur les Warriors, Ellis à l’arrière, c’est un demi-boulet. Oui c’est un super finisseur, et pas un mauvais défenseur quand il veut, mais trop petit pour jouer SG et trop perso pour jouer PG.
D’un point de vue sportif, je ne peux qu’approuver les constats: le roster est bon, mais manque de leadership. Ellis et Jennings, ce sont deux très bons backups, mais ils n’ont pas de calibre d’un leader dans une top-team: trop croqueurs, pas des plus réputés en défense. L’association de deux croqueurs tels que ceux-là me parait déjà suspecte à première vue. Et quand on regarde le reste du roster, c’est encore plus étonnant.
Quant à l’engouement des fans, je me pose pas mal de questions:
1. Pourquoi les Packers sont si populaires et pas les Bucks? Est-ce que vous auriez une explication autre que celle de la tradition?
2. Si Minnesota parvient à avoir une bonne fanbase dans le Grand Nord des USA, pourquoi Milwaukee rencontre tant de problèmes à trouver son public?
Les exemples de franchises sportives qui marchent dans le nord du Midwest existent. Mais les Bucks n’ont jamais fait partie, malgré 35 ans d’existence et des résultats sportifs jamais fondamentalement mauvais. Difficile à comprendre…
Comparer les Bucks aux Packers est quand même un peu osé mon bon Max…^^
Les Packers en NFL, est une des 4-5 très grande franchises de la ligue, Lambeau Field est un mythe, leur histoire riche et longue comme le bras etc….
Pas grand-chose de tout ça à Milwaukee, si ce n’est le passage de Jabbar (1Titre au bout, certe).
Non mais les Packers c’est tellement hors-norme, c’est incomparable quelque soit la franchise que tu veux prendre en face. Une franchise qui date de 1919 et qui je cite:
« Les Packers de Green Bay sont la seule équipe du sport américain professionnel à être détenue par le public. Une coopérative regroupant plus de 112 000 membres en est propriétaire. Un président est élu pour représenter l’équipe lors des meetings entre les propriétaires de franchises NFL. »
Pour rendre sa franchise populaire, faut gagner, ou venir d’une très grande ville, c’est la seule solution à mon avis. Une fidélisation par un style de jeu, une direction inamovible, un peu de chance etc…tout ce qui fait qu’on peut monter une franchise de toute pièce dans l’Oklahoma et en faire une success story.
Ce qui est fou, c’est que les Bucks sont la 9ème franchise all-time. Ils sont devant les Knicks, le Heat, les Bulls, les Rockets, les Hawks ou les Pistons en pourcentage de victoires. Et en terme de titre de division, ils sont 4ème, juste derrière les Spurs, les Lakers et les Celtics, avec 13 titres en 45 saisons. Ce n’est quand même pas rien. D’où la difficulté à comprendre pourquoi les Bucks ont tant de soucis à se créer une fanbase.
A moins que les Packs sont en fait tellement populaire qu’aucun autre sport majeur ne pourra trouver sa place au Wisconsin?
« A moins que les Packs sont en fait tellement populaire qu’aucun autre sport majeur ne pourra trouver sa place au Wisconsin ? »
Ca c’est fort possible. Je ne sais pas comment ça se passe dans le Wisconsin mais je prends l’exemple de la Louisiane et de New Orleans où l’équipe de football des Saints (et le foot US en général) écrase tout sur son passage (pourtant en terme de palmarès et de tradition, les Saints c’est pas les Packers). Les Hornets sont absolument invisibles. Les gens en ont strictement rien à faire des Hornets, c’est assez affolant.
Je suppose que les Bucks doivent subir un peu le même traitement. Le problème de Milwaukee, c’est que personne n’en parle. Que l’équipe soit bonne ou mauvaise, ça ne change rien. Tout le monde s’en tape malheureusement.
J’ai demandé à un BucksFan pourquoi ce désamour, sa réponse:
the Packers and NFL own Sunday. The Bucks haven’t been good in many years, don’t have a clear day of week, and play only on cable. The Brewers get more love state-wide as well because they play outdoors in the summer, the Bucks play in the snowy winter.