[Real Madrid] Le départ d’Ettore Messina et la révélation Nikola Mirotic.

Depuis quelques semaines, je souhaitais vous proposer un article sur Nikola Mirotic, la nouvelle pépite du Real Madrid qui ne cesse de prendre de l’ampleur dans la large rotation madrilène....

Depuis quelques semaines, je souhaitais vous proposer un article sur Nikola Mirotic, la nouvelle pépite du Real Madrid qui ne cesse de prendre de l’ampleur dans la large rotation madrilène. Mais aujourd’hui, c’est une autre nouvelle qui a éclabousse le Real, la démission d’Ettore Messina.

Messina, un constat d’échec

Hier, vendredi, Ettore Messina a présenté sa démission à Juan Carlos Sanchez, le président de la section basket du Real Madrid. Il avait annoncé ce choix à ses joueurs la veille, après la défaite de son équipe contre Sienne, une défaite sans conséquence pour le Real, déjà assuré d’être premier de sa poule. La démission de Messina est un choc, vu le charisme et le pédigrée du coach italien.

En conférence de presse, après les remerciements d’usage à sa direction, Messina a justifié les raisons de son départ.

Ettore Messina : Il faut essayer d’aider à retrouver une union sur et en dehors du terrain. Le niveau de division, pas sur, mais en dehors du terrain, est arrivé à un niveau dangereux pour l’équipe et pour moi.

Depuis des mois, des rumeurs de conflit entre le coach et les joueurs circulaient. Ettore Messina les a confirmées après avoir longtemps protégé son groupe. Pourtant, selon le quotidien espagnol As, les joueurs n’ont ni demandé, ni obtenu la tête de Messina. C’est réellement un choix personnel, pour le bien du club.

Ettore Messina en conférence de presse

Ettore Messina en conférence de presse

Le coach italien estime que ses relations avec ses joueurs inhibaient tout le monde. Le conflit était ouvert et Messina ne fuit pas sa part de responsabilité.

Ettore Messina : C’est très difficile, non seulement pour celui qui entraine, mais aussi pour celui qui joue. Si tu vois que l’entraîneur est toujours controversé, ses décisions le seront aussi. C’est difficile pour les joueurs de jouer au Real Madrid, parce qu’ils ne sont pas bien et les gens attendent un plus haut niveau. Il y a beaucoup de raisons qui expliquent mon départ, car j’ai généré beaucoup de conflits verbaux et partir peut peut-être aider.

Par contre, Ettore Messina n’a pas souhaité faire le bilan de son année et demi passée sur le banc du Real, estimant qu’il est « trop tôt ». Néanmoins, il n’a pas gagné un trophée alors qu’il a obtenu le roster qu’il voulait. A part Sergio Llull, aucun joueur n’était présent dans le roster il y a 2 ans. Ni le talent (Rodriguez, Suarez, Velickovic, Tomic, Llull) ni l’expérience (Garbajosa, Prigioni, Reyes, Fisher) ne manquaient. Mais la mayonnaise n’a jamais vraiment pris.

Là où Xavi Pascual gère à merveille les égos à Barcelone, Ettore Messina a échoué avec sa rotation très large. Travis Hansen et Rimantas Kaukenas l’an dernier, puis Jorge Garbajosa cette année, sont partis en cours de saison car ils ne se sentaient pas assez impliqués. La mise à l’écart de Garbajosa aurait d’ailleurs enflammé le vestiaire. Sous son règne, Messina a utilisé 26 joueurs, preuve qu’il n’a jamais trouvé la bonne formule. Il a coaché 109 matchs toute compétition confondue, 76 victoires et 33 défaites.

Mirotic, la révélation

Si le bilan de Messina se résume à un constat d’échec, il faut tout de même signaler sa principale réussite, sortir de l’ombre un intérieur de 20 ans, Nikola Mirotic.

Recruté en 2006 par le Real Madrid alors qu’il n’avait que 15 ans, cet intérieur originaire du Monténégro a fait ses gammes avec l’équipe réserve. Prêté l’an dernier à Palencia, en deuxième division (LEB Oro), il n’avait pas explosé. Alors, au milieu des Garbajosa, Reyes et Velickovic, il n’était pas vraiment attendu.

Utilisé avec parcimonie en début de saison (91 minutes sur les 21 premiers matchs), il a explosé suite au passage à tabac de Charleroi à Madrid (94-45) juste avant Noël. Ce soir-là, Mirotic avait cumulé 19 points (7/11) et 6 rebonds en 20 minutes. Avec 25 d’éval, il fut le meilleur joueur du match. A partir de là, son temps de jeu va progresser. Lors du top 16, il va tourner à 9.7 points (57.1% à 2 et 3-points), 4.7 rebonds (13.5 d’éval) en 21 minutes.

Intérieur fuyant, ultra-efficace face au panier quelque soit la distance, Nikola Mirotic est une menace offensive constante. Grand comme un solide poste 4 (2.08), pas encore très épais (102kgs), mobile et manieur de ballon comme un ailier, il évolue dans le même registre que Velickovic, mais justifie son temps de jeu par une rentabilité extrême alors que le serbe n’a jamais vraiment convaincu Messina.

Jonathan Givony, le boss de DraftExpress, l’a scouté et estime qu’il est « plus dur et plus polyvalent que les intérieurs européens traditionnels. » En général, les intérieurs fuyants ont la réputation de fuir également le contact. Mais Mirotic est constamment agressif. Jonathan Givony explique : « offensivement, ce n’est pas difficile de comprendre pourquoi Mirotic a gagné des minutes. C’est en fait en défense qu’il a surpris, où il a émergé comme l’intérieur le plus constant du Real Madrid. »
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Bien sûr, à tout juste 20 ans, il a aussi ses points faibles, notamment le rebond et un sens de la passe à revoir (16 assists en 470 minutes, soit 1 toutes les 29 minutes), mais pour Givony, ce n’est pas ça qui l’éloignera de la NBA. C’est plutôt le contrat de 9 ans signé en 2006 avec une clause libératoire de 2M$ qui ferait peur à n’importe quel GM NBA.

Mais là, c’est le point de vue américain. Un peu à l’image de son coéquipier Sergio Llull, Nikola Mirotic ne fait pas une fixation sur la NBA, comme il l’a indiqué à As en début de semaine.

Nikola Mirotic : Mon esprit est ici. Je ne pense pas à la NBA. Mes rêves sont à Madrid. Je veux jouer plusieurs années ici. Je suis jeune. Je dois travailler et je suis concentré.

A seulement 20 ans, Nikola Mirotic a fait le plus dur dans un grand club, il a gagné son temps de jeu. Depuis 3 mois, il est la principale satisfaction de l’équipe. L’étape de la confirmation ne va pas tarder. Le talent et l’éthique de travail sont là. Les ingrédients sont donc réunis.