A deux semaines des débuts des championnats du monde 2010 en Turquie, nous débutons notre couverture par un retour sur la dernière édition avec, dans les grandes lignes, la victoire espagnole, la défaite américaine et les surprises africaines.
L’Espagne, pour une première historique

MVP incontestable de ce tournoi, Pau Gasol
Pau Gasol, Juan Carlos Navarro, Jose Calderon, Jorge Garbajosa, Rudy Fernandez, Carlos Jiménez, Carlos Cabezas, Berni Rodríguez, Felipe Reyes, Marc Gasol, Alex Mumbrú, Sergio Rodríguez et Coach “Pepu” Hernández : les 13 héros qui ont offert a l’Espagne son premier titre majeur. En effet, avant 2006, l’Espagne était toujours a la poursuite de son premier sacre. Multiple médaillés de bronze (EuroBasket 91 et 01) et d’argent (JO84, EuroBasket 35, 73, 83, 99 et 03,), jamais les Ibères n’avaient connu la joie de monter sur la plus haute marche du podium.
Quatrième du dernier EuroBasket et septième aux JO d’Athènes deux ans plus tôt, les Espagnols ne comptent pas parmi les favoris pour le titre mondial. L’Argentine, le Team USA, les champions d’Europe grecs leur sont supérieurs. Les Espagnols ne sont que des outsiders a ne pas négliger.
Le début de compétition confirme ce jugement, dans un premier tour simple a gérer (face a l’Allemagne, l’Angola, le Japon et le Panama). Les Espagnols écartent d’entrée de jeu les Néo-Zélandais 86-70, poussés par le 48 points du trio Navarro-Gasol-Garbajosa (16 points chacun). Le Panama subira le même sort, défait 101-57.
L’Espagne fait alors face a son premier défi, face au vice-champion d’Europe allemand. Le choc attendu, revanche de la demi-finale de l’EuroBasket, accouchera d’une promenade de santé pour les Espagnols. Pau Gasol (16 points, 3 rebonds) et Jorge Garbojosa (12 points, 7 rebonds) neutralisent la raquette allemande – Dirk Nowitzki (14 points, 6 rebonds, 5 assists) et Pat Femerling (9 points, 3 rebonds). Nowitzki sous contrôle, les Espagnols déroulent, soutenus par les 20 points (6/6 a 2 pts, 2/3 a 3 pts)-6 assists de Jose Calderon et les 19 points de Navarro. Les Espagnols frappent un grand coup en s’imposant 92-71. Mais au-delà du résultat, la manière – collective et remplie de bonne volonté – impressionne. Les bonnes dispositions affichées contre l’Allemagne seront confirmées face a l’Angola – victoire 93-83, après un 25-12 sur le premier quart-temps – et le Japon – victoire facile 104-55.
Avec 5 victoires lors du premier tour, la cote des Ibères montent en flèche. En huitième de finale, c’est une rencontre avec une Serbie secouée au premier tour et une défaite surprise concédée face au Nigeria. Et pour le dire platement, il n’y aura pas de duel. Les Espagnols ont rapidement mené 13-4. Un écart qui sera géré par Rudy Fernandez – auteur de 18 points en sortie de banc- un gigantesque Pau Gasol (19 points, 15 rebonds) et les 13 points de Jose Calderon. Côté serbe, Darko Milicic tiendra la dragée haute à Pau Gasol (18 points, 15 rebonds) et Marinovic rentrera 15 points. Mais c’est insuffisant pour ne serait-ce qu’inquiéter des Ibères impériaux qui l’emportent 87-75.
En quart de finale, la Lituanie subira le même sort que les Serbes. Pris à la gorge d’entrée de jeu (32-11 au debut de deuxième quart-temps), les Baltes ne trouveront pas le solution pour arrêter le duo catalan Navarro (22 points) – Pau Gasol (25 points-9 rebonds). En demi-finale, le champion olympique argentin attend l’Espagne. Pour la première fois de la compétition, les Espagnols sont titillés et inquiétés. Avec un Ginobili au sommet de son art (21 points, 4 rebonds, 4 assists), un Nocioni à son niveau (15 points) et un Scola performant inside (8 points-8 rebonds), les Argentins ne sont pas passés loin de la montre en or.
Mais au-delà de cette victoire aussi historique que difficile à empocher, ce sont les larmes d’un Pau Gasol emmené en fauteuil roulant hors du parquet, la faute a un pied fracturé, qui a marqué les esprits. On comprend alors que la première finale mondiale de l’histoire du basket espagnol se disputera sans Pau Gasol, chef d’orchestre et catalyseur de l’attaque ibère…
Sans Gasol, comment l’Espagne peut-elle espérer battre des Grecs, champions d’Europe en titre et vainqueurs 101-95 en demi-finale du Team USA de LeBron James, Carmelo Anthony et D-Wade?
En misant tout sur la défense… Après avoir joué tout le tournoi sur leur réussite offensive, les Espagnols vont surprendre les Grecs en mettant en place une défense de fer, et en les asphyxiant littéralement. Les joueurs de Giannakis sont limites à 38% à 2-pts, 23% à – pts et à 12 lancers-francs tentés. La déroute de Spanoulis illustre le naufrage grec: lui qui tournait a près de 15 ppg a été limité à 4 points, rendant un hideux 1/10 aux FG… Diamantidis ne fait guère mieux: 4 points, 2/9 aux FG et 5 fautes commises en 25 minutes. De l’autre côté du parquet, Juanca Navarro et Jorge Garbajosa alimentaient la marque, avec 20 points chacun. Felipe Reyes, peu utilisé depuis le début du tournoi, y allait de 10 en 9 minutes de jeu… Après les frayeurs des demi-finales, la Seleccion survolait la finale, s’imposant au final 70-47. Et Pau Gasol, malgré son absence en finale, était élu MVP du tournoi.

Décevante Team USA
Quatre ans après le naufrage d’Indianapolis (élimination en quarts de finale), les USA avaient soif de revanche en débarquant au Japon. L’intronisation de Coach K à la tête du Team USA a permis de mettre en place un projet et de remotiver les plus grands à revenir sous la bannière étoilée. C’est donc armé de l’artillerie lourde que les USA entamaient la compétition, avec les LeBron James, Dwyane Wade, Carmelo Anthony, Dwight Howard, Chris Paul, Chris Bosh ou Elton Brand…
Le début de compétition laisse augurer de bonnes choses pour le Team USA. Lors des phases de poule, ils accumulent les bonnes performances: victoires de 11 points face a Porto Rico, +31 face a la Chine, +19 face a la Slovénie, +9 face a l’Italie et +45 face au Sénégal. Les bonnes intentions semblent donc se confirmer: le Team USA compte parmi les grands favoris. Vainqueurs de leur groupe, ils retrouvent les Australiens en huitième de finale. Nouveau cavalier seul des Américains, qui écrasent les Aussies, 113-73, dans une démonstration de maitrise (55% a 2 pts, 51% a 3 pts, 24 assists, 24 TO provoquées, 19 fautes commises et un adversaire limite a 40% aux FG).
L’Allemagne leur tend les bras en quart de finale. Comme face aux Australiens, la défense US fait la différence, obligeant la Mannschaft à shooter sous les 40% et perdre 24 ballons sur le match. Dirk Nowitzki symbolise à lui seul les difficultés connues par son équipe: 15 points mais seulement 25% de réussite (3/12 et 9/9 aux LF) et 5 TO. Carmelo Anthony, lui, ne passait pas à côté de son match, enquillant 19 points dans la victoire 85-65 des siens.
Après 7 matchs de démonstration et de maitrise tant offensive que défensive, tout l’édifice s’est écroulé en demi-finale.
Face a des Grecs champions d’Europe en titre et réputés pour leur rigueur défensive, les américains vont prendre l’eau de toute part. Théo Papaloukas rend une copie parfaite avec 12 assists, 8 points et 5 rebonds. Michalis Kakiouzis cumule 15 points et 6 rebonds. Vassileos Spanoulis prouve qu’il a le niveau NBA en rentrant 22 points tandis que Big Sofo dominait la raquette en inscrivant 14 points. La bonne défense vue lors des deux rencontres précédentes ne dérange nullement le jeu grec. Ne perdant que 11 ballons, ils shooteront à plus de 60% (35/56, 62,5%) et délivreront 19 assists. Mieux, sur les 2e et 3e quart-temps, ils enfileront un énorme 63-45 à un Team USA dépassé malgré ses stars… Ils se reprendront et iront quand même chercher la médaille de bronze face a l’Argentine. Et de là, voir naître une « polémique », prenant leur breloque et quittant le Japon avant même la finale et la cérémonie officielle du podium…quelle classe!
Quatre ans après Indianapolis donc, 2 ans après la défaite en demi-finale des JO, le Team USA passait une nouvelle fois au travers de son objectif: décrocher un titre majeur. Ce sera chose faite 2 ans plus tard, à Pékin à l’occasion des Jeux Olympiques.
Les révélations africaines
Au rayon révélations, on a pu assister il y a quatre ans à l’explosion du basket africain. Depuis l’arrivée des pays africains aux Championnats du Monde (le Centrafique en 1974), ils n’avaient jamais réussi à rivaliser et inquiéter les pays européens et américains. 2006 permettra aux Africains de rentrer dans la danse et de jouer les yeux dans les yeux avec les grands du basket. A quatre reprises, l’Angola et le Nigeria ont mis en péril des équipes majeures du basket européen.
Dés la première journée, les Nigérians ont réussi un véritable exploit. Emmenés par un super duo Ebi Ere (15 points)- Ime Udoka (18 points, 7 rebonds, 5 assists), les hommes de Sam Vincent se sont imposes 82-75 face aux champions du monde en titre Serbo-monténégrins. Mieux, ils ont conquis cette victoire en y mettant la manière. Ils ont rapidement pris les commandes, attaquant avec un solide 11-3. Un écart que les Serbo-monténégrins n’ont jamais réussi a résorber, et ce en dépit de la sortie prématurée de Udoka pour 5 fautes personnelles. Les Nigérians se sortiront sans trop de soucis du premier tour avec une troisième place, devant les Serbo-Monténégrins, le Venezuela et le Liban.
Pour le premier huitième de finale de l’histoire du pays, l’Allemagne attendait les surprenants Africains. Si les Allemands ont finalement réussi a l’emporter, ils ne doivent ce succès qu’aux exploits de Dirk Nowitzki et Ademola Okulaja, auteurs de 42 des 78 points de l’équipe, dont l’ensemble des points inscrits par la Mansschaft dans le dernier quart-temps. Côté nigérian, ce sont surtout Ekene Ibekwe (22 points, 10 rebonds, 3 blocks), Gabe Muoneke (16 points, 5 rebonds, 4 assists) et Tunji Awojobi (15 points) qui se sont illustrés dans ce match presque historique. Jamais une équipe africaine n’était passée aussi près d’une victoire (- 1 point), défaite au final 78-77 – d’un quart de finale.
L’autre équipe africaine en compétition n’a, elle non plus, pas déçu. L’Angola a aussi inquiété un grand du basket européen, la France. Pourtant, le huitième de finale avait mal démarré pour l’African Dream Team, rapidement menée 17-4 et ensuite 34-17. Dans les cordes, les Angolais ne se sont pas laissés abattre. Ils batailleront pour revenir dans le match. Et grâce aux Cipriano (12 points, 7 assists, 6 rebonds), Almeida (13 poins), Morais (11 points) et Gomes (11 points, 7 rebonds), ils reviendront au contact. A 57-60 à 40 secondes du buzzer, tous les espoirs étaient de nouveau permis… Sauf que la maitrise d’Aymeric Jeanneau (6/6 aux LF) et de Flo Pietrus (2/2 aux LF) mettra fin aux espoirs africains. Ils s’inclineront 62-68, mais non sans avoir montré de solides atouts…
L’histoire aurait pu être différente car ce n’est que grâce à une triple prolongation que l’Allemagne a battu l’Angola en match de poule. Cette victoire, les Allemands la doivent à un gigantesque Dirk Nowitzki, auteur de 47 points (dont un 3-pts pour forcer la prolongation et 11 des 13 points scores par la Mannschaft dans la dernière extra-période) et 16 rebonds.
Ce succès allemand était d’une importance capitale: il leur a permis d’éviter la France et de jouer le Nigeria en huitième de finale. Sans cela, on aurait eu droit à un huitième de finale 100% africain Angola-Nigeria. En conséquence, pour la première fois de l’histoire du basket, un pays africain aurait été quart de finaliste d’un Championnat du Monde FIBA. Peut-être pour cet été?
Pour terminer cet article en beauté, nous vous proposons le top 10 de Canal + de ce Mondial, une vidéo très franco-américaine.


perso j’ai jamais compris pourquoi coach K a laissé Howard sur le banc en 2nd mi-temps. alors qu’il se baladait en 1ere. c’est le souvenir que j’en ai en tout cas. bosh et brand ne s’en sortait pas avec sofo.
J’ai aussi ce souvenir, Howard était certainement le joueur le plus taillé pour contrer sofo mais il est resté scotcher au banc.
Mais les grecs évoluaient à un tel niveau ce jour là qu’ils étaient probablement imbattable.
Leur chute contre l’Espagne est d’autant plus inexplicable, passé du magnifique au misérable en quelques heures, ça reste un mystère du sport.
Sinon, globalement, j’ai un bon souvenir de la compet, les matchs de l’Allemagne contre l’Angola et le Nigéria, la France qui perd contre le Liban mais va chercher la 5e place, le final de la Grèce contre l’Australie et le sacre espagnol sans Pau Gasol, mais pour lui, c’était sympa de se replonger quelques minutes dans ce mondial japonais.
« Mais les grecs évoluaient à un tel niveau ce jour là qu’ils étaient probablement imbattable »
pas totalement, un moment il y a quand même 33-21 pour team usa et a partir de ce moment il y a ecroulement, 4 ans après je n’ai toujours pas compris comment cela a pu arriver.