Dans ce tour d’horizon d’été des équipes NBA j’ai déjà évoqué pas mal d’équipes ayant effectué un gros chantier, et bien là avec le Jazz d’Utah on passe à tout autre chose avec un statut-quo quasi complet…
Ce qui a changé
Arrivées : Eric Maynor (draft)
Départ : Aucun pour l’instant
Ils restent : Paul Millsap, Kyle Korver & Mehmet Okur & Carlos Boozer (refus d’utiliser leur clause de départ)
Qu’en penser ?
La surprise Boozer
Voir Boozer renoncer à la dernière année de son contrat avec le Jazz pour tester le marché et sécuriser la fin de sa carrière NBA via un contrat longue durée semblait absolument acquis. L’été du Jazz n’était pas loin de l’être aussi… Un départ rapide de Boozer via Free Agency, compensé par la resignature longue durée de Millsap capable du même rendement au même poste mais plus jeune, moins cher et moins fragile question blessures.
Mais voilà, Boozer n’était visiblement pas très confiant concernant sa côte de popularité auprès des GMs NBA après une demi-saison et préfère différer sa quête de contrat d’une année, empochant du même coup plus de 12M/$ pour l’exercice 2010. Cette décision de l’ailier fort a en tout cas fortement perturbé le plan de bataille du GM du Jazz en faisant considérablement monter la masse salariale garantie de sa franchise, réduisant du même coup la marge de manœuvre pour conserver Millsap ce qui était la priorité numéro 1.
La prolongation d’Okur
Comme Boozer le Turque pouvait tester le marché cet été mais a choisi de rester jusqu’en 2010, décision qui n’était par contre pas une immense surprise. Utah a d’ailleurs choisi de s’assurer sa présence deux années de plus avec une prolongation de contrat pour un montant autour des 20 M/$, une bonne décision selon moi.
Garder Okur était nécessaire pour rester une bonne équipe puisqu’il est le seul joueur de grande taille valable mais aussi le meilleur shooteur à 3pts de l’équipe, 3pts qui constituent le point faible du Jazz depuis des lustres. La durée est parfaite, le montant pas délirant (10M/$ par saison).
La resignature de Millsap
Millsap a constitué la belle surprise de la dernière saison d’Utah : titulaire pendant la moitié de l’année pour faire face à l’absence de Boozer, l’ailier fort a bien assuré enchaînant double-double sur double-double, battant du coup un record de franchise pour les doubles-doubles points/rebonds consécutifs, et faisant totalement oublier le PF All-Star du Jazz. Sur la saison, Millsap valait du 13pts 9 rebonds, 16pts 10 rebonds en tant que starter, le tout à 24 ans.
Vouloir le conserver et même en faire le PF du futur au détriment de Boozer était parfaitement logique. Pour retenir le joueur, le Jazz a choisi de s’épargner de longues et pénibles discussions contractuelles avec un message clair : « tu négocies à l’extérieur et on verra si le tarif nous convient ».
Devant un marché des FA assez verrouillé avec peu d’équipes ayant de la marge et parmi elles peu ayant un besoin d’ailier fort au profil de Millsap, le restricted Free Agent va peiner à trouver un gros contrat. C’est finalement Portland, probablement dans un esprit tactique face à un rival de division plus que pour répondre à un besoin, qui va se dévouer et offrir 32M/$ sur 4 ans assorti d’un gros bonus de signature.
Le contrat étant plutôt raisonnable Utah a sans surprise choisi de s’aligner. Millsap sera donc un joueur du Jazz jusqu’en 2013 et touchera environ 8M/$ par saison.
Un trade de Boozer inévitable ?
20M/$ sur le poste 4 ça fait beaucoup et le tandem Boozer/Millsap est pas le top de la complémentarité puisque évoluant dans un même registre (rebondeur-scoreur pas génial en défense) et ne pouvant guère être associés efficacement pour cause de manque de centimètres.
Du coup on a tout de suite pensé à un trade de Boozer mais l’affaire est complexe…
En effet, la masse salariale actuelle d’Utah est au dessus des 80M, bien ancrée dans la zone luxury tax, or ne pas payer la luxury tax a été l’un des piliers du management de Kevin O’Connor ces dernières saisons. Concrètement, il est probable qu’un deal de Boozer devra être, au moins en partie, favorable financièrement et le contrat de l’ailier fort étant expirant c’est assez difficile de faire beaucoup mieux.
Le minimum à recevoir dans un échange classique du contrat de Boozer ne permettra pas de dépasser les 3 millions d’économie (x2 = 6M/$ quand même pas négligeable) et je ne vois pas bien l’intérêt pour les quelques équipes (la liste se résume quasiment au Thunder) disposant d’un peu de marge financière pour la saison prochaine à se mêler à un transfert du joueur.
Quant aux deals sportifs je n’en vois pas qui seraient au moins neutre pour les finances du Jazz. Faire venir un extérieur bon scoreur et shooteur à 3pts serait une bénédiction pour l’effectif de l’équipe mais qui cibler ? Des gars comme Rip Hamilton ou Stephen Jackson sont sûrement disponibles mais tous deux sont signés longue durée ce qui risquerait de prolonger la situation difficile financièrement de la saison prochaine une ou deux saisons.
C’est à voir mais on pourrait bien voir un statut quo là aussi et un Boozer terminant du mieux possible, puisque le dernier gros contrat de sa carrière est à la clé, son passage au Jazz.
Bilan
La décision de l’été a été de ne rien changer, même si un départ volontaire de Boozer aurait sûrement été bien vue par le management de la franchise, et c’est donc sur l’intérêt d’une stabilité qu’Utah doit être jugé.
- Le groupe est de bonne qualité, plutôt très bien rodé et pas vieillissant.
- Utah n’a ni la flexibilité financière, ni l’attractivité nécessaire à un splash sur le marché des Free Agents.
- Le Jazz a dans ses valises une jeune recrue potentielle très intéressante pour l’été prochain avec en sa possession le first rounder des Knicks dépourvu de toute protection (résidu de la fantastique gestion d’Isiah Thomas)
Dans ces conditions, je ne trouve rien de très critiquable dans le choix du statut-quo. Utah restera comme chaque année une très bonne équipe au complet, une bonne équipe dans des conditions normales c’est-à-dire avec au moins un joueur important sur le flanc.
A suivre quand même le cas Boozer, un trade le concernant pouvant évidemment radicalement changer le visage de l’équipe et du travail du GM.

Je pense que Boozer partira avant février.
Difficile d’estimer une intersaison ou peu de choses ont bougé.
Moi je me demande prq un groupe qui a fini 8e de la conférence ouest n’est pas renforcé ?
On parlait pas d’une retraite d’Harpring aussi à un epoque ?
Pas de renfort parce que pas vraiment moyen d’en avoir en attendant un hypothétique trade de Boozer.
Et puis ya ce pick des Knicks dans un an qui joue probablement, c’est quand même la possibilité d’un sacré renfort pour pas cher.
Bob, vois-tu des mouvements prévus cet été? Boozer sera FA fin de saison, est-ce que les Jazz pourraient tenter de le trader dans ces conditions ou alors il vont gentiment laisser passer cette saison pour laisser partir Boozer et lancer un nouveau cycle pour la franchise autour de l’axe Deron-Millsapp?
Bah comme précisé Utah verrait sûrement d’un bon œil un trade de Boozer, le souci c’est que je pense l’aspect financier très important pour eux d’où un trade carrément difficile à monter.
Un trade purement financier ne changerait évidemment rien au sportif, alors c’est à voir si le nouveau proprio (le fils de l’ancien qui vient de mourir si je ne m’abuse) est d’accord pour avoir une masse salariale de mammouth et partir sur un deal ambitieux, dans ce cas de figure ya sûrement des possibilités : Boozer est un excellent joueur et un contrat expirant pour l’été où tout le monde veut miser, c’est clairement quelque chose qui se trade !
Concilier les deux (ambition et finances) passerait par un deal plus complexe, avec peut être trois ou quatre équipe et/ou des joueurs accolés à Boozer car + de salaire sortant = un écart maximum avec les salaires entrants qui augmente, par exemple si on parle de trader Boozer+Korver ou Boozer+Harpring par exemple (eux aussi expirants) ça ferait 17 ou 18 millions qui se barrent pour environ 13 qui rentrent et donc un potentiel d’économie important malgré la légalité du transfert.