Roy Hibbert : la future machine

Le poste de pivot se repeuple lentement mais sûrement. Andrew Bynum, Greg Oden ou Al Jefferson sont les figures de proue de cette nouvelle vague. Plus discrètement, un joueur de 22 ans, diplômé de Georgetown, commence à se démarquer : Roy Hibbert. Focus sur un géant capable de devenir une sacrée menace dans les années à venir.

De la raquette aux raquettes.

Natif du Queens, le petit Roy passera sa jeunesse dans le Maryland. Gamin, il s’essaiera à de nombreuses activités, aussi diverses que le tennis, le golf… ou le piano. Mais le petit grandit plus vite que les autres et au lycée, il intègre naturellement l’équipe de basket, coaché par Dwayne Bryant, un ancien joueur universitaire passé par Georgetown. Il a d’ailleurs toujours ses entrées sur le campus des Hoyas et recommande chaudement son poulain à Craig Esherick, le coach de l’époque.

Néanmoins, celui-ci sera viré l’été suivant, et le freshman devra convaincre un autre coach, John Thompson III. Il n’est alors qu’un gros bébé qu’il faut développer. Le campus de Georgetown n’est pas forcément le pire endroit pour ça, puisque la fac a formé Ewing, Mourning ou Mutombo par le passé. Hibbert mettra environ 2 ans à éclore. Associé à Jeff Green et DaJuan Summers, il va dominer la Big East en 2006 et 2007, et remporter le tournoi de la conférence en 2007, une première depuis 1989. 2007 est réellement son année et celle des Hoyas, puisqu’ils iront jusqu’au Final Four.

Hibbert est alors annoncé comme un potentiel lottery pick, comme Jeff Green, mais contrairement au futur ailier du Thunder, le géant choisit de terminer son cursus universitaire. Sa dernière année sera décevante, tant sur le plan individuel où il n’est pas la machine dominatrice attendue, que collectivement, Georgetown étant éliminé dès le deuxième tour du tournoi NCAA par le trublion Davidson, mené par la « crevette » Stephen Curry. Sa carrière universitaire se termine en eau de boudin et ne restera pas graver dans les annales, malgré quelques éclats, comme ce winning shoot improbable, à 3-points, face à Pittsburgh.
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John Thompson III ne tarit pourtant pas d’éloges sur son poulain. Mais il pense qu’il aura besoin de temps pour s’imposer en NBA.

Il sera une présence des deux côtés du parquet dans cette league, pour une longue période.

Mais les scouts s’inquiètent. Sa taille, sa puissance, ses moves post bas et son efficacité ne font pas oublier son potentiel athlétique limité, son manque de vitesse, de verticalité et d’explosivité, et sa naïveté en défense. La hype est passée, il n’est plus annoncé comme lottery pick, sa place se situe autour du 20e choix.

Les Raptors mettent le grappin dessus en 17e position mais le sacrifient immédiatement pour un pari plus important : Jermaine O’Neal. L’avenir nous dira que, sportivement, ce ne fut pas l’idée de l’année. Dans l’Indiana, Hibbert réalise une première saison où se mêle une impression positive sur son potentiel offensif, et plus contrastée sur sa propension à faire des fautes.

Progression.

Roy Hibbert était donc forcément attendu pour sa seconde saison. Trop technique pour un bust, il devait prendre possession du poste 5 et arrêter de faire des fautes qui lui coûtent des minutes précieuses. En présaison, le travail semblait porter ses fruits : il est plus agressif, plus difficile à contrôler et plus polyvalent. Durant l’été, il a travaillé son hook et tend à devenir ambidextre. Mais le plus important, comme il l’a confié dans l’Indianapolis Star, reste la confiance.

Je me sens plus en confiance en bas. J’ai juste besoin de savoir à quel moment scorer, car je veux être une présence permanente. J’ai juste besoin de rester agressif et en confiance lorsque j’ai le ballon.

Vu le style de jeu rapide des Pacers, la présence d’Hibbert est importante. En règle générale, les Pacers évoluent avec trois shooteurs, avec un Murphy qui s’écarte beaucoup, et font de la place en dessous pour leur point de fixation. Ses qualités de finisseur doivent faire le reste.

Le travail a porté ses fruits : 11 points à 52.1% en 26 minutes, auxquels il ajoute 10.2 rebonds et 2.8 blocks. Il est, encore, gêné par les fautes mais c’est moins récurrent. En témoigne ses 29 minutes sans la moindre faute contre les Knicks. Pour le travail défensif, Hibbert a été conseillé par Jeff Foster, défenseur sous-côté mais plus qu’apte à la tâche. Hibbert est un joueur grand, massif, pas mauvais contreur, mais naïf et qui se laisse trop souvent aller au contact, ce qui l’a pénalisé l’an dernier auprès des arbitres. Le vétéran des Pacers avait donc pour mission de lui faire franchir un cap.

Toutefois, en bon perfectionniste, Jim O’Brien indique que ce n’est pas le seul axe où son pivot peut progresser.

Il a encore beaucoup de travail à fournir. Je pense qu’il a la capacité de réellement progresser durant plusieurs années, et si ça marche, il va devenir un joueur terrifiant.

Jeff Foster ne dit pas autre chose de son collègue du poste 5.

Dans un avenir très proche, si ce n’est pas déjà le cas, il sera un scoreur post bas dominant, un gars sur qui compter quand vous lui donnez le ballon pour inscrire des points.

Dans l’Indiana, terre de basket moribonde depuis la retraite de Reggie, on croit beaucoup en Danny Granger. Mais il est évident qu’il n’arrivera pas, seul, à remettre à flot la franchise. Un garde du corps de 2.18m, capable de mettre la balle dans le panier, sera une aide particulièrement appréciée dans une league où seulement 6 pivots ont dépassé les 15 points par match l’an dernier.