Fran Blinebury, journaliste NBA depuis 1977 et contributeur régulier de NBA.com, a publié un article sur son blog pour évoquer la particularité des Knicks de 1970. Teamwork set them apart titre-t-il ce papier vraiment passionnant, écrit en octobre 2012, dont je vous propose une traduction complète pour fermer le chapitre du premier titre.
Les New York Knicks de 1970 n’était pas près à vous couper le souffle puisque ils avaient fait de l’effort collectif le socle de leur jeu.
Il y aura toujours Willis Reed et Walt Frazier, Dave DeBusschere et Bill Bradley, Dick Barnett et Dave Stallworth et Cazzie Russell et Mike Riordan et Nate Bowman. Vous ne pouvez pas parler de l’un sans penser à l’autre.
Il n’y avait pas un assemblage de mecs individualistes prêts à gagner la course par leurs propres moyens plutôt que collectivement. Ils étaient toujours capable d’aller plus vite, plus loin ensemble. Soulevez la couverture et vous pourrez voir le travail interne comparable à une montre suisse. Fermez les yeux et vous pourrez entendre comme une symphonie.
Move the ball !
Find the open man !
Il s’agit des mantras de coach Red Holzman, aussi simple et mortelle qu’une aiguille, et c’est précisément comme ça que les Knicks hachaient leurs adversaires.
Ils étaient un puzzle qui avait trouvé sa pièce maitresse une saison plus tôt, le 19 décembre 1968, quand ils ont transféré Walt Bellamy et Howie Komives à Detroit pour DeBusschere. A 29 ans, DeBusschere avait déjà été entraineur-joueur pour les Pistons et quand il a amené son atttitude col bleu et sa féroce défense à New York au poste de power forward, cela a permis à Reed de retrouver sa position naturelle au milieu de la lineup.
Les Knicks avaient terminé la saison 1967-68 à 36-11 suite au trade de DeBusschere et avaient surpris les Baltimore Bullets au premier tour des playoffs, mais c’était juste un début. Quand la saison suivante a débuté, les Knicks étaient prêts. Avec DeBusschere dans ses rangs, Reed était plus à l’aise et plus performant en pivot. Il dominera la saison comme personne jusqu’à Michael Jordan en 1995-96, en gagnant les trophées de MVP, MVP du All-Star Game et MVP des finales.
Les Knicks ont débuté la saison par un 23-1, le meilleur départ de l’histoire NBA, et du 24 octobre au 28 novembre, ils remportent 18 matchs consécutifs, ce qui était à l’époque un record dans la league.
Le jeune Frazier s’imposait comme un futur Hall of Famer capable de prendre le commandement des deux côtés du terrain, tandis que le vétéran Barnett imposait son style de shoot unique kick-back-both-legs pour artiller sur les ailes. Pendant ce temps, Bradley, le All-American venu de Princeton était implacable dans son job sur le terrain, par son habileté à scorer et sa capacité à créer pour ses partenaires. Misez sur Russell, un ancien college player of the year à Michigan, et les Knicks avaient couvert toutes leurs bases.
Mais, alors qu’ils auraient pu être une équipe qui score assez de points pour gagner beaucoup de matchs si on les avait laissés se débrouiller tout seul, leur jeu était de défendre et de partager le ballon et ça les rendait spéciaux. C’était la base de la philosophie de jeu d’Holzman qui a fait des Knicks une équipe meilleure que les autres et les a élevés au niveau des meilleurs équipes championnes.
Walt Frazier : Nous personnifions le mot équipe car vous ne pouviez pas penser à Frazier sans penser à Bradley, sans penser à Reed, sans penser à DeBusschere, sans penser à Barnett. C’est comme ça que nous avions captivé cette ville. Black and white, travail collectif, altruisme. Sert le gars ouvert, toujours chercher le gars ouvert. Quand les gens pensent à cette équipe, ils se disent : ‘Oh, votre défense, vos joueurs étaient les plus intelligents à pratiquer ce sport, et votre travail d’équipe ! ‘ C’est comme ça qu’on se souviendra de nous pour toujours.
A une époque où l’individualisme était célébré aux Etats-Unis et Muhammad Ali était dans sa période regardez-moi qui l’a mené au sommet, les Knicks ont ramené à la mode des valeurs d’autrefois comme le travail en équipe et le sacrifice partagé.
Reed était clairement le capitaine et le leader, tournant à 21.7 points et 13.9 rebonds par match. « Clyde » Frazier, avec un jeu plus froid que sa garde-robe, tournant à 20.9 points et classé deuxième de la league aux assists avec 8.2 par match. DeBusschere, Barnett, Bradley et Russell scoraient tous en double-figure dans l’ambiance share-the-wealth et Holzman était nommé Coach of the Year tandis que les Knicks gagnaient 60 matchs pour la première fois de l’histoire de la franchise.
Le premier tour des playoffs amenait une nouvelle opposition avec les Bulls et un roster qui contenait Wes Unseld, Gus Johnson, Earl Monroe et Jack Marion. Les Knicks ont survécu à une série en 7 matchs. Au second tour, ils battaient le Rookie of the Year Kareem Abdul-Jabbar (encore Lew Alcindor) et les Milwaukee Bucks en cinq matchs.
Cela envoyait les Knicks dans une rencontre très relevée contre les Lakers avec Wilt Chamberlain, Jerry West et Elgin Baylor. Après deux matchs joués en prolongation et un sixième match perdu avec Reed forfait et blessé, ils arrivaient au match 7 qui a pratiquement explosé le Madison Square Garden.
Quand Reed, blessé, sort du tunnel et débarque sur le terrain, le niveau émotionnel aurait probablement pu lancer les Knicks sur la Lune. Reed gagne l’entre-deux contre Chamberlain, puis inscrit les 2 premiers paniers des Knicks. La légende, bien sur, concerne uniquement Reed. Mais c’était l’effort collectif traditionnel — et un show brillant, 36 points et 19 assists, de Frazier — qui a permis la victoire 113-99 et le premier titre NBA de New York.
Reed, Frazier, DeBusschere et Bradley sont tous aujourd’hui élus au Hall of Fame, reconnu pour leurs accomplissements individuels. Mais c’est la simplicité de leur style — pass the ball, hit the open man — qui raisonne comme la symphonie du basket. Ils jouaient ensemble, ce qui permet aux Knicks de 1970 de traverser les époques.


