Bonne surprise du début de saison, le Heat a remporté quatre de ses cinq premiers matchs. Un départ en fanfare qui valait bien qu’on s’intéresse de plus prêt au cas Miami.
Après la victoire à Washington…
Le Heat a remporté son quatrième succès de la saison à Washington, une victoire étriquée, de 4 points (93-89) alors que les floridiens étaient partis comme des boulets de canon (27-8, 10/14 au tir).
Si le Heat a coulé, le Heat a gagné, et le South Florida Sun Sentinel voit du positif dans la fin de match. Dwyane Wade (40pts et un tir décisif à 25 secondes du gong) a « délégué » des tirs cruciaux à Mario Chalmers (panier primé) et Jermaine O’Neal. « Au final, c’est juste une question de confiance » commentait Erik Spoelstra.
Sur son blog dans le même quotidien, Ira Winderman a livré quelques impressions en vrac. Il met un énorme bémol sur la mène. Mario Chalmers a pris un mauvais coup sur le tibia et a peu joué. Il n’a pas scoré mais « a bien fait circuler le ballon » dixit l’insider, par contre, il critique beaucoup Carlos Arroyo. Le porto-ricain fut incapable de défendre sur Arenas (3 fautes en 4’32…) et a switché par séquence sur Mike Miller, qui mesure 15cm de plus… « Cette équipe a des problèmes considérables à la mène » conclut Winderman sur ce sujet.
Autre problème soulevé par le bloggeur, le manque de talent et de créativité quand Wade n’est pas sur le parquet. Daequan Cook est actuellement blessé et ne peut donc pas apporter son scoring extérieur. Il critique surtout Dorell Wright, l’éternel espoir qui n’explosera jamais. Selon Winderman, quand il entre sur le terrain, c’est pour le montrer aux autres GMs.
L’énigme Beasley
Michael Beasley est un cas à part. Presque un problème. L’ailier sophomore, #2 de la dernière draft, avait gagné sa place durant le camp mais Erik Spoelstra ne le laisse pas sur le parquet lorsque le match se joue. Sur les deux derniers matchs, Phoenix et Washington, il a joué moins de 10 minutes en deuxième mi-temps et n’était pas sur le parquet lors des 5 dernières minutes. Pour son coach, c’était un choix tactique. Fin du débat ?
Évidemment non. Le Sun Sentinel propose à ses lecteurs de questionner son insider, Ira Windeman. Et les questions sur Beasley sont nombreuses. Un certain Albert lui a notamment demandé s’il pouvait expliquer dans quelle direction le Heat va avec Beasley ?
Le plan est de gagner des matchs et de mettre Dwyane avec les joueurs en qui il a confiance sur le parquet. A Oklahoma City, tout est basé sur la progression de Kevin Durant. Ici, tout est fait pour satisfaire Dwyane Wade. Ce qui doit se passer en premier, c’est que Michael doit gagner la confiance de Dwyane.
Lors du match suivant, face à Denver, Beasley n’a joué que 24 minutes, dont seulement 2 et demi dans le dernier quart-temps. Dans le même temps, Udo Haslem compilait 7 points et 4 rebonds dans la dernière période. La comparaison est vite vue.
Michael Wallace, du Miami Herald va dans le même sens que son homologue cité ci-dessus :
Ici, ce n’est pas Oklahoma City, ou Memphis, ou Sacramento, où les jeunes stars jouent 40 minutes par match, quoiqu’il se passe. Au Heat, les trois premiers quart-temps sont pour le développement de Beasley. Le quatrième, c’est pour gagner. Il doit gagner la confiance de ses partenaires et des coachs sous la pression. Il n’a pas forcément mérité d’être sur le banc lors des quatrièmes quart-temps. Mais il n’a pas forcément fait beaucoup, par rapport à Richardson et Haslem, pour obtenir du temps de jeu.
Après l’entraînement de dimanche, Erik Spoelstra a à nouveau pris part au débat.
La seule histoire que vous racontez, c’est qu’il n’a pas terminé les matchs. Il fait des progrès. Je les vois. L’équipe les voit. Cela nous aide à gagner.
Miami 96-88 Denver
Six matchs, cinq victoires. Le premier enseignement de ce match, c’est le bilan et le classement. « Nous voyons vraiment que cette équipe peut être très bonne » appréciait Quentin Richardson. Deuxième enseignement : la dernière victoire du Heat contre les Nuggets remontait au 17 décembre 2004. Le signe indien est vaincu, une semaine après avoir mis fin à une série de 17 défaites consécutives contre les Pacers.
Dans le bloc note d’Ira Winderman, on retrouve des compliments pour Richardson, bon au scoring et au rebond, Haslem, pour sa polyvalence — il a notamment défendu sur Anthony pour laisser Beasley à l’intérieur sur Allen — et Wright qui a défendu sur Billups lorsque Karl a mis en place un small ball. Le scoring équilibré est aussi mis en avant, quelques jours après les 40 points de Wade.
Mais les louanges principales viennent pour Mario Chalmers. En bref, il fut très bon. Bon en attaque, bon en défense, bon dans l’agressivité, bon au rebond. Il a joué les yeux dans les yeux avec Billups, avec 16 points, 5 assists, 4 rebonds et une bonne défense sur le meneur des Nuggets. Dans le Sun-Sentinel, Erik Spoelstra se montre satisfait mais exigeant envers son meneur titulaire.
Je trouve qu’il fait des progrès. Avec Mario, tout est dans la constance.
Jermaine O’Neal voit aussi une évolution par rapport à l’an passé.
En tant que meneur, il est plus vocal et plus leader.
Et Dwyane Wade annonce qu’il sera plus exigeant envers lui.
Je vais être un peu plus dur avec lui. Il a peut-être fait trois bons matchs mais aussi trois moins bons.
Quentin Richardson est aussi encensé. Il est réellement la bonne surprise de l’effectif. Pas franchement à son avantage en présaison, il semblait titulaire à l’aile un peu par défaut. Puis, il a scoré 18 points contre Phoenix, puis 19 contre Washington, puis 13 contre Denver, gobé 28 rebonds et planté 10 paniers primés en 3 matchs. Enfin, il s’est trouvé un rôle défensif vraiment important, alors qu’il était souvent raillé pour son manque d’implication dans ce secteur.
Erik Spoelstra est conquis par l’ancien Knick.
Sa mentalité et la manière dont il se bat, ce sont les qualités que nous voulons voir chez les joueurs des Miami Heat.
George Karl s’est également dit surpris par ses prestations.
Le gars qui m’a surpris, c’est Richardson. Je pense qu’il va faire une année effrayante. Shooter à plus de 50% de loin, avoir la maturité défensive qu’il a acquis, je ne me souviens pas l’avoir vu comme ça dans le passé.
James à Miami ?
LeBron James in Miami is not a crazy idea. Le Miami Herald sait faire dans les titres aguicheurs. Mais est-ce que le raisonement se tient ?
Réunir Wade et James est une idée intéressante, presque un fantasme. Les deux joueurs ont du plaisir à jouer ensemble en sélection. Les deux joueurs veulent gagner des titres. Et les deux joueurs voient grands, alors pourquoi ne pas le faire ensemble ? Ensemble, ils pourraient dominer la league pendant 10 ans et former le duo le plus dominateur depuis O’Neal et Bryant.
Financièrement, le Heat a la possibilité d’attirer James. Alors que Cleveland ne peut pas signer Wade. Si les deux stars veulent évoluer ensemble, ce sera donc à Miami.
Néanmoins, après nous avoir mis l’eau à la bouche, le Miami Herald nous rappelle que débaucher James ne sera pas chose facile et la complémentarité entre 2 joueurs ayant une grosse préférence pour le drive et la finition dans la raquette ne sera pas évidente à trouver. Comme une pirouette, la plume nous rappelle qu’attirer Stoudemire ou Bosh sera plus utile et plus du domaine du possible.
Dans le Sun-Sentinel, le propriétaire Micky Arison a confié que Dwyane Wade devrait rester à Miami. A son avis…
J’ai toutes les indications qui montrent que Dwyane veut rester. Il aime Miami. Il aimerait y passer toute sa carrière. Mais la réalité est que je n’ai pas de signature sur son contrat. Bien sûr, nous avons discuté d’une prolongation cet été. J’étais déçu que nous n’ayons pas trouvé d’accord, mais c’était le droit de Dwyane.
Au passage, il confie que Pat Riley devrait rester dans l’encadrement de la franchise pour quelques années.
Un banc… de qualité ?
Le Miami Herald a proposé un article sur le banc, et plus particulièrement la second unit, plutôt performante. Celle-ci est composée de Arroyo, Wright, Beasley, Haslem et Anthony. Première chose qui frappe, Michael Beasley en fait partie ?! En effet, l’ailier du Heat évolue régulièrement avec les remplaçants afin de se muer en option offensive principale.
Mais c’est gênant défensivement, puisqu’Udonis Haslem doit désormais s’occuper de l’ailier adverse. Beasley étant inefficace sur des joueurs plus petits et plus rapides que lui. Haslem n’est pas forcément plus disposé pour cette tâche mais il est plus agressif et plus malin en défense.
Défensivement, je défends sur l’ailier mais c’est le seul ajustement que j’ai effectué en jouant avec le second groupe. C’est un travail. J’ai le sentiment que je peux contenir n’importe quel joueur dans cette league en face à face. C’est différent de sortir des écrans et de défendre sur les pick and rolls. Je dois m’y habituer.
Plus généralement, le banc a répondu aux attentes et aux interrogations que la présaison avait commencé à nourrir. Carlos Arroyo apporte du punch, Dorrell Wright commence à devenir bon défenseur et Joel Anthony est une poutre.
Erik Spoelstra : J’ai le sentiment que nous disposons de quelques joueurs qui pourrait être de bons septièmes hommes dans d’autres équipes.
Même les utilités comportent de jolis noms : James Jones, Daequan Cook (actuellement blessé, il s’est entraîné lundi), Jamaal Magloire et… Yakhouba Diawara, qui risque de trouver le temps long.
Miami 90-76 Washington
Une semaine après, les deux équipes se retrouvent. Wade avait scoré 40 points, le Heat a aligné les victoires alors que les Wizards ont concédé 4 défaites depuis. La confiance est donc plutôt dans le camp floridien.
Miami a souffert une mi-temps avant que Wade ne score 29 points en deuxième mi-temps, dont 14 dans le dernier quart-temps. Si la perf individuelle est bonne, la perf collective, notamment défensive, est excellente. Dans le quatrième quart-temps, les pertes de balles se sont enchainés, les paniers furent rares, le collectif de Washington a été annihilé ! Le Heat fournit ainsi son meilleur départ (7-1) en 22 saisons alors que le roster ne fait probablement pas partie des plus flamboyants de l’histoire de la franchise.
Mais il semble se passer quelque chose de fort en Floride. Autour d’une superstar capable de tous les exploits, des joueurs à la mentalité exemplaire et avec une bonne marge de progression se défoncent pour ce maillot. Erik Spoelstra, le plus jeune coach de la league impose sa patte : discipline, humilité, rigueur et défense. Pat Riley nous l’avait vendu comme ça il y a un an, il n’y a rien à en jeter.

Beasley, c’est un cas vachement spécial quand même. On s’en doutait un peu au moment de sa draft, c’est pour ça que Rose était un choix plus sur.
Je trouve Miami vachement patient avec lui, on a pas entendu que du bien de lui cet été et il est titulaire. Il finit pas les matchs ok, mais s’il défend pas, à quoi bon ?
Je suis sceptique sur le gugus…
Ce ne serait qu’un nième exemple de pur talent jamais vraiment exploité car trop idiot pour ça…M’enfin ya pas encore péril dans la demeure !
Sinon Miami impressionne notamment par sa solidité défensive (3e équipe NBA) et Beasley y participe forcément (ne serait-ce qu’en étant pas aussi merdique qu’il a pu l’être l’an passé défensivement ?), le 80% de victoires ça durera pas super longtemps pour le Heat à mon sens le manque de talent finira par se payer cette saison. Concernant la Free Agency James + Wade ça n’a pas de sens…
Deux FP bouffeurs de ballons qui jouent plus ou moins de la même façon ça ne marchera pas. Une poignée de matchs tout les 4 ans sous la bannière Américaine ne nous donne absolument aucune info sur la façon de se passerait 100 matchs par an pendant 5 ans avec les deux loustics dans la même team. Avec leur façon de jouer actuelle, qui font deux des top 3 NBA donc évidemment rien à changer de ce côté là, ils se feraient plus de l’ombre qu’autre chose : je ne vois aucun des deux accepter de muer en lieutenant si tôt dans leur carrière.
Miami doit cibler un 4 scoreur (Bosh, Stoud ou Boozer, dans cet ordre de priorité)
Ouai, Chris Bosh semble être LA solution du Heat l’année prochaine. S’ils peuvent garder Haslem/O’Neal a un tarif pas trop exorbitant, ils pourraient faire venir un Chris Bosh qui est en mode « onfire » en ce début de saison confirmant ainsi son dur labeur estival. James, c’est juste n’importe quoi, il ira à N.Y.C vendre des maillots, perdre des matchs et basta.
Concernant Beasley, j’ai le sentiment qu’il se fait pas mal bouger par ses partenaires, et que ça le tire vers le haut. Néanmoins, s’il fait partie du cinq majeur, il n’est pas encore un maillon indispensable de l’équipe, à cause de ses lacunes défensives.
Le problème est d’ailleurs plus collectif qu’individuel. Beasley et son profil hybride, c’est un casse tête pour le coach. Il manque de vitesse pour défendre sur un 3, il manque de poids pour prendre un 4. Ainsi, Haslem doit défendre sur les 3 adverses, ce qui est quand même assez impensable.
J’ai le sentiment qu’il serait plus à l’aise dans un small ball, mais c’est pas la direction que compte prendre le Heat.