Décimés par les blessures, des joueurs (Mills, Pendergraph, Batum, Outlaw, Oden, Rudy) au staff (Nate McMillan, victime d’une rupture d’un tendon d’Achille, Maurice Lucas, cancer de la vessie) en passant par le propriétaire (Paul Allen souffre d’un cancer), les Blazers ont connu des dernières semaines compliquées.
En outre, la franchise de l’Oregon connaît un début de saison irrégulier (14-9, 5-5 sur les 10 derniers matchs). Tous ces éléments laissent penser que l’actualité sera chargée (road trip à l’Est, rumeurs, nouvelle blessure ?) lors de cette semaine que nous passerons avec la franchise.
Blessures
« Un nouveau jour, un autre blessé pour les Blazers » Jason Quick, l’insider de l’Oregonian a le sens de la formule pour annoncer la blessure de Rudy Fernandez. L’arrière espagnol sera le 7e opéré à Portland cette saison, et il ne reste que 9 joueurs valides. Le pire n’est même pas le nombre de blessés, mais bien la gravité. Le premier à revenir sera le rookie Jeff Pendergraph. Il faudra tout de même attendre fin décembre pour voir ses qualités.
Ainsi, Dean Demopoulos, le remplaçant de Nate McMillan sur le banc, a décidé de changer la manière d’organiser les séances d’entraînement. Le travail physique est relégué au second plan, derrière l’approche mental. Le but : que la peur de se blesser n’envahisse pas les valides !
Sur le même sujet, l’excellent blog Blazers Edge propose un historique des fractures de la rotule. Ainsi, on apprend qu’Elgin Baylor, touché en 1965, a eu du mal à s’en remettre, et des joueurs de son gabarit, comme Shawn Bradley, à 22 ans, et Priest Lauderdale, à 23 ans, s’en sont plutôt bien remis. Idem pour Dino Radja, à 29 ans. Il y a un an, Andrew Bynum a connu les mêmes soucis et a réussi à revenir à un bon niveau.
Ce même blog propose une illustration des malheurs des Blazers, qui montre bien la diversité des maux dont ont pu souffrir les Blazers.

Victoire à Indiana
Entre deux équipes amoindries, le match était plutôt incertain. D’un côté Danny Granger manquait à l’appel, de l’autre… on ne refera pas la liste tellement elle est déprimante. L’ambiance n’était donc pas au beau fixe pour ce début de road trip — un premier match, soldé par une défaite, avait eu lieu le 7 à New York.
Les Blazers se sont finalement imposés 101 à 92, les leaders Brandon Roy (29pts-7rbs-5pds) et LaMarcus Aldridge (20pts-8rbs) ont fait le boulot, et c’est déjà rassurant.
Joel Przybilla : Ils ont montré ce soir qu’ils étaient nos go-to-guys. Je n’aime pas revenir à la saison dernière, mais c’est la manière dont nous gagnions l’an passé. Ils nous portaient sur leurs épaules.
Pour l’Oregonian, Jason Quick a surtout souligné que Brandon Roy avait sorti sa panoplie de franchise player. A 7’43 du buzzer final, les Pacers venaient de revenir à égalité (83-83) alors qu’ils étaient menait de 9 points. Roy sera alors impliqué sur les 13 points suivants, scorant 10 et délivrant la passe décisive à Steve Blake pour un 3-points.
Sur Blazers Edge, on pointe surtout la domination des Pacers inside, qui aurait pu tourner au désastre. Les Pacers ont contrôlé le rebond et ont pu tenter 92 tirs, contre 79 aux Blazers. Un différentiel compensé par l’adresse, mais quand on voit un Hansbrough gober 11 rebonds, dont 7 en phase offensive, en seulement 22 minutes, ça peut faire peur. L’absence d’Oden, et son impact physique, sont compensés par Przybilla. Sauf qu’il a aussi besoin de se reposer. Et là, c’est le désert. Ni Juwan Howard, ni Dante Cunningham ne sont des poutres…
Qui est Dean Demopolous ?
Que vous suivez la NBA avec attention ou de temps à autre, le nom de Dean Demopolous ne doit pas vous être familier. A Portland, c’est un peu pareil, ce quinquat aussi grisonnant que souriant est un inconnu parfait. Certains sauront qu’il a dirigé l’université de Temple pendant 16 ans (de 1983 à 1999), d’autres auront reconnu un fidèle assistant de Nate McMillan à Seattle puis Portland.
Pour rassasier les plus curieux, le Portland Tribune lui a consacré un papier. On y apprend ainsi que Dean Demopolous a toujours souhaité devenir head coach en NBA, même si les circonstances ne sont pas celles qu’il aurait imaginé pour des débuts. Puis, il avoue ne pas avoir envie de changer le style de jeu de son équipe. Il restera fidèle aux principes de McMillan.
Dean Demopolous : Quand vous perdez votre meilleur joueur, vous perdez un leader, et tous les autres doivent élever leur niveau de jeu. C’est la même chose ici. Tous les coachs interviennent de la même façon, et les joueurs réagissent. Nous essaierons de joueur à l’image de Nate.
Il indique également qu’il compte sur tout le staff Monty Williams, Bill Bayno, Joe Prunty et Kaleb Canales pour l’accompagner dans cette mission. S’il est placé en pôle position, c’est tout le staff qui doit compenser l’absence du leader. Coach McMillan l’appuie.
Nate McMillan : Tout ne repose pas sur moi. Je crois en ces hommes. Quand je les ai engagé, je leur ai fait confiance. Si quelque chose devait arriver, ils auraient été capable de compenser. Dean sera le responsable mais les autres contribueront également, tout comme ils m’aident quand je suis là. Nous sommes tous impliqués.
Enfin, l’assistant avoue qu’il aimerait bien, un jour, diriger à nouveau une équipe. Pas forcément à Portland, où il ne souhaite pas la chute de McMillan, mais ailleurs, si une offre se présentait, il ne dirait pas forcément non…
Dean Demopolous : Quand vous avez le job de Head Coach, vous avez la chance de modeler votre équipe en fonction de vous et de votre staff. Comme nous le faisons pour Nate.
Quel type de coach serait alors Demopolous ? C’est peut-être Nate McMillan le plus capable de répondre.
Nate McMillan : C’est un formateur. Même s’il est fougueux, je le connais aussi doux quand il n’est plus sur un terrain.
Une défaite (presque) rassurante
Escale suivante, Cleveland. Dans la matinée précédant le match, Brian Windhorst, du Plain Dealer annonçait les probables forfaits de Williams et Varejao, malades. Mais les deux lascards étaient bien là, ils vont même réaliser chacun dans leur registre, un double double. Le meneur va ainsi compiler 14 points et 10 assists, l’intérieur brésilien fera mieux, 22 points et 10 rebonds. Ajoutez les 33 points de LeBron James…
Les Blazers ne seront pas ridicules : Roy (23pts-6pds) et Aldridge (22pts) recevront le soutien de Miller (20pts), Howard (15pts) ou Przybilla (11rbs-3blks), le hold-up n’est pas passé loin, mais la fatigue et l’exigeance d’un road trip se sont rappelés aux Blazers dans le dernier quart-temps, alors qu’ils avaient 12 points d’avance au début du troisième quart-temps. Sur Blazers Edge, Dave appréciait d’ailleurs la perf de son équipe, malgré la défaite.
Si les Blazers jouaient tous les matchs de cette manière, même si ce n’est pas parfait, il n’y aurait plus grand chose à se plaindre.
Autre remarque plutôt intéressant du bloggueur, sur André Miller.
Andre Miller a mené l’attaque. Il a pénétré, il a distribué, et il a rentré des tirs. J’ai la vague impression qu’il est plus en confiance contre des équipes de la conférence East, mais ce n’est qu’une impression.
A méditer, pour un trade ?…
Rumeurs…
Ce n’est pas un secret, les Blazers ont besoin de renfort dans la raquette. Les pertes sont lourdes. Ainsi, Sean Meagher, bloggueur pour l’Oregonian, a fait le point sur les rumeurs.
Une question principale se pose : qui est le plus dealable ? Andre Miller et Jerryd Bayless apparaissent en tête de liste. Le vétéran ne donne pas le sentiment de s’intégrer à cette équipe et le jeune loup cherche un temps de jeu plus régulier.
Sean Meagher cite alors Marc Stein, l’insider d’ESPN, qui a fait le point sur les joueurs les plus tradables. Andre Miller serait le numéro 1. Beaucoup, dont Stein, croient que Kevin Pritchard a signé Andre Miller simplement parce qu’il serait facile à transférer plus tard. Les Blazers n’ont pas eu Turkoglu, ils ont manqué Millsap, ils n’ont pas trouvé d’accord avec Lee, alors ils se seraient rabattus sur Miller avec l’idée de le dealer à plus ou moins long terme. Le plan est crédible même s’il ne sera jamais confirmé officiellement.
Parmi les cibles évoquées, on trouve Nate Robinson, Brandon Bass et Ramon Sessions. Trois joueurs sur le marché cet été, soit dit en passant. Un dirigeant de la conférence Ouest va plus loin, et donne même des conseils.
Ils ont besoin d’un joueur comme Mo Williams pour jouer avec Brandon Roy. Ils ont besoin d’un shooteur à côté de lui.
La fatigue rattrape les Blazers
Les Blazers restaient sur cinq succès consécutifs face aux Bucks, alors ce déplacement dans le Wisconsin ne devait pas être plus inquiétant que cela. Seulement, malgré la paire Aldridge (31pts) – Roy (23pts-8rbs-6pds), les Bucks vont réussir à l’emporter, après 2 prolongations. Pourtant, les Blazers avaient 6 points d’avance dans la première prolongation. Le retour des Bucks signifiaient que la chance des rouges et noirs était passée.
Jason Quick, de l’Oregonian s’est montré particulièrement critique vis-à-vis de la mène. Steve Blake n’est plus en réussite depuis plusieurs matchs. En fait, sur les 8 derniers matchs, il a rendu un atroce 16/49, dont 7/29 à 3 points. Il a distribué 31 assists pour 14 balles perdues. Ce samedi, Blake a rendu un 3/10 (1/7 à 3-pts), a délivré 1 passe décisive et perdu 3 ballons. Andre Miller n’a pas été beaucoup plus bon, 2/12 au tir, mais au moins, il donne des ballons (7 assists, 3 TOs). Pour Quick, l’ancien Sixer est « une énigme », alternant les coups d’éclat et les erreurs stupides. Finalement, le plus productif fut Jerryd Bayless, 9 points à 3/6 en 18 minutes.
Steve Blake : Personnellement, je dois mieux jouer. C’est tout ce que je peux dire.
Sur Blazers Edge, la situation est résumée efficacement : « Blake et Miller ont cumulé un 5/22 au tir, 8 assists, et 6 turnovers. C’était atroce. »
Dean Demopoulos résume la soirée.
Dean Demopoulos : Je pense que ce groupe a donné tout ce qu’il avait. Ils étaient simplement cuits.
Le retour à l’Ouest va faire du bien. Les Blazers vont revenir au Rose Garden pour affronter les Kings (cette nuit) et les Suns (jeudi).
2-6
2-6, c’est le bilan des Blazers depuis 8 matchs. Alors oui, il y a eu des blessures, des hauts et des bas chez les joueurs clés, mais la franchise a de hautes ambitions, et Nate McMillan a tenu à le rappeler dans les colonnes de l’Oregonian.
Nate McMillan : Nous n’abandonnons pas cette saison. Nous avons 9 joueurs. Donnons leur une chance et essayons d’obtenir les playoffs, et après, voyons ce qui va se passer. Il y a encore beaucoup d’espoir. Il est encore tôt. Nous aurons un calendrier compliqué, mais nous avons encore la possibilité de faire un mois correct. Je reste positif car j’apprécie cette équipe. Vous avez toujours des hauts et des bas durant une carrière, il faut apprendre de ces situations et vous adapter.
Le coach des Blazers, qui a dirigé la séance de lundi, a indiqué qu’il envisageait de changer son cinq de base. Andre Miller pourrait par exemple remplacer Steve Blake qui connait une mauvaise période actuellement (cf un peu plus haut). Jerryd Bayless pourrait aussi voir son temps de jeu grimper afin d’apporter du punch en sortie de banc.

Toujours aussi intéressante cette rubrique et bien documenté.
Ils ont la poisse quand même ces Blazers, j’aime bien l’image, elle résume peut-être ce début de saison.
Dommage, quand on voit le potentiel du roster.
Bon il serait bien que celui qui s’amuse avec sa poupée voudou s’arrête maintenant.
Sérieusement c’est à se poser des questions…