Une semaine avec… les Wizards

Le retour d’Arenas devait relancer les Wizards et les replacer dans la bonne moitié de la Conférence Est. Nouveau Coach, des leaders revenus de blessure, une première victoire probante à Dallas… et patatra. Les défaites vont s’enchaîner (9 en 11 matchs), l’infirmerie va se remplir, et le climat devenir électrique dans le vestiaire. Comment se relever ? Comment la presse et les insiders jugent cette équipe ?

Le décès d’Abe Pollin

Propriétaire des Zephyrs / Bullets / Wizards depuis 1964, Abe Pollin est décédé le 24 novembre, à 85 ans. Artisan du déménagement des Bullets vers Washington en 1973 — il avait financé le Capital Centre via son entreprise Washington Sports & Entertainment — et du changement de nom, Bullets en Wizards, en 1996, à cause des consonances négatives liées à l’ancien nom, Pollin faisait partie des propriétaires emblématiques de la NBA.

De nombreuses personnalités ont tenu à lui rendre un dernier hommage.

David Stern : Avec le décès d’Abe Pollin, la famille NBA a perdu son membre le plus vénéré, qui assumait la franchise Wizards avec sa femme Irene. Ils ont eu un dévouement incomparable pour la ville de Washington. Durant sa maladie, il s’est battu avec une détermination qui restera une source d’inspiration pour tous. Nous témoignons notre plus grande sympathie à Irene et ses deux enfants, pour qui il a toujours été dévoué, et à toute la famille Pollin.

Communiqué des Washington Nationals (MLB) : Les Washington Nationals et la famille Lerner se joignent à toute la communauté de Washington DC et des fans de sport dans le pays pour pleurer la perte d’Abe Pollin. Il n’était pas juste un propriétaire d’une équipe sportive depuis presque 40 ans; il était surtout une force significative de la renaissance de la banlieue de Washington DC, et un magnifique collaborateur à la personnalité, la santé et le bien-être de notre communauté. Il laisse un héritage important. Toutes nos condoléances vont à la famille Pollin et l’entreprise Washington Sports and Entertainment en ses moments douloureux.

Wes Unseld : J’ai simplement perdu un très, très bon ami. Je pense que c’est plus dur que je ne pourrais l’expliquer. Ce sera un grand vide pour le sport et la communauté. Mr Pollin était un compétiteur incroyable.

En vidéo, je vous propose de constater la tristesse de nombreux joueurs, Arenas, Jamison, Young et Foye, ainsi que Wes Unseld, après le match contre Philadelphie.
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Pour l’honneur, les Wizards ont gagné contre les Sixers. Le Verizon Center a observé une longue minute de silence avant que le show ne reprenne le dessus. De nombreuses photos du défunt propriétaire ont été projetés, notamment des images du titre des Bullets de 1978, dont Wes Unseld était le leader.

Après le match, tous les joueurs ont reconnu s’être battu pour « Mr P. », le premier supporter de l’équipe.

Antawn Jamison : J’avais discuté avec lui il y a une semaine et demi, et il était toujours le même Mr Pollin, même s’il savait qu’il allait décéder. Il m’avait dit que j’étais son gars et qu’il avait apprécié tout ce que j’avais fait pour lui. Maintenant, savoir qu’après nos victoires, je n’entendrai plus sa voix me disant ‘Good job, man’ ou ‘Je crois en toi’, c’est dur à accepter.

Gilbert Arenas (sur Antawn Jamison) : Vous avez vu ce qu’il a fait ce soir ? Il a joué sa vie ce soir. Nous ne voulions rien d’autre que gagner pour Mr P. Il nous considérait comme sa famille. Il croyait en nous.

Hasard du calendrier, ce décès est intervenu juste le jour où les Sixers d’Eddie Jordan débarquait à Washington. L’ancien coach de la franchise a rappelé une anecdote, il s’était fait embaucher par Pollin en 10 minutes. Jordan fut le meilleur coach des Wizards ces 30 dernières années, après la longue, longue traversée du désert qui a suivi la fin des années 70.

Dans le Washington Post, on pouvait lire que Ted Leonsis, qui avait acheté les Washington Capitals en 1999 à Pollin pourrait racheter les Wizards. Néanmoins, l’homme d’affaire a reconnu avec élégance que « ce n’était pas le moment de parler de ce sujet. »

Retour en grâce.

Écarté par Flip Saunders, Nick Young, 3 minutes sur le parquet entre le 8 et le 21 novembre, a fait un retour remarqué contre les Sixers. L’ancien arrière d’USC, qui s’est révélé depuis 2 ans comme un bon scoreur en sortie de banc, est revenu en grâce contre les Sixers. Il a profité de la blessure de Butler pour claquer 20 points à 50% en 32 minutes. Trois jours plus tôt, il s’est retrouvé sur l’inactive list, banni par Flip Saunders.

Nick Young : J’étais très surpris. Je n’étais déjà pas habitué aux DNP, alors me retrouver inactif ! Ça m’a blessé.

Mais en NBA tout va très vite, alors Young va se défoncer à l’entraînement, il sera même le meilleur joueur sur le parquet, révèle le Washington Times. Surtout, il s’est investi en défense, ce qui n’est pas naturel pour lui. Il a confirmé en match, contre Philadelphie.

Flip Saunders : En défense sur Iguodala, il a fait du très, très bon travail… En plus, il a bien joué en attaque, il a rentré de bons tirs.

Désormais revenu dans les petits papiers de Saunders, Nick Young devra confirmer et conserver sa place lorsque les blessés (Butler, Miller) feront leur retour. A première vue, le retour de Butler n’a pas changé la donne, puisqu’il a conservé son spot lors des deux matchs suivants, Oberto étant sorti du cinq de base.

Miami 84-94 Washington

En déplacement à Miami, les Wizards ont signé une deuxième victoire consécutive, une première cette saison. Une victoire solide, comme on dit, marquée par l’entrée d’Antawn Jamison dans l’histoire des Wizards, en inscrivant ses 16 000e points sous ce maillot. Il rejoint ainsi Shaquille O’Neal, Tim Duncan, Dirk Nowitzki et Kevin Garnett dans le club des joueurs en activité à plus de 16 000 points et 6 000 rebonds.

Autre anecdote, Gilbert Arenas a obtenu la première victoire de sa carrière contre Dwyane Wade. Le meneur des Wizards s’était incliné 19 fois en 7 saisons contre l’arrière du Heat. Après le match, Arenas était surpris par les chiffres.

Gilbert Arenas : C’est vrai ? 0-19 ? Shhh… je pensais que c’était 0-12. Les choses ne vont pas toujours dans le bon sens.

Mais ce qui a plu à Flip Saunders, c’est l’investissement défensif de ses hommes. Nick Young, notamment, a brillé sur Wade (18pts, 6/19), histoire de marquer le coup après sa défense sur Iguodala.

Nick Young : Je savais que j’avais une grosse, grosse mission ce soir, et je savais ça allait être un challenge pour moi, mais je suis préparé à tout. J’ai observé Wade, j’ai étudié certains de ses mouvements. J’ai essayé de jouer dur et de faire aussi bien que possible.

Flip Saunders a aussi pu tester la profondeur de son banc. Mauvaise nuit pour Arenas (9pts-5pds), alors il a sorti Earl Boykins (10pts-9pds) de son chapeau, qui a apporté tout le punch qu’on lui connait en sortie de banc. Ainsi, Arenas a passé les 14 dernières minutes sur le banc, à encourager ses partenaires… sans tirer la tronche.

Rechute.

Flip Saunders : J’ai trouvé que nous avions fait des progrès la semaine passée, et nous avions fait des progrès au dernier match. Là, on a reculé. Nous n’avons rien montré, nous n’avons rien fait de ce que nous avions mis en place.

92-76, la Verizon Arena n’était pas vernie par la prestation de ses partenaires. Les Wizards n’ont jamais été devant et ont vécu un match cauchemardesque offensivement, n’inscrivant que 50 points en première mi-temps. La performance défensive des Bobcats était excellente, et seul Caron Butler (19pts-7rbs, 6/11) a pu tirer son épingle du jeu.

Les chiffres sont désastreux : autant de passes décisives que de balles perdues (14), Jamison qui ne prend pas un rebond pour la première fois depuis 4 ans, Arenas qui n’obtient pas le moindre lancer-franc, 39% de réussite globale… rien que la boxscore fait mal.

10 défaites, dont 8 de plus de 10 points, Flip Saunders pouvait résumer la situation en trois mots : « Déçu. Embarassé. Colère. »

Arenas en galère.

Après la lourde défaite concédée contre Charlotte, les prestations de Gilbert Arenas ont commencé à être critiqué. S’il tourne à 20.1 points depuis le début de la saison, il n’a scoré que 15 points lors de ses 2 derniers matchs. Dans le Washington Times, Flip Saunders a tenté de remotivé son meneur tout en prenant sa défense.

Flip Saunders : J’ai beaucoup lu que Gil voulait être le leader. Mais nous ne faisons rien qui le pousserait à faire le contraire. Je pense qu’il vit un mauvais passage. Il n’est pas efficace au tir, bien. Peut-être qu’il est en difficulté lors des back-to-backs… Je savais que ce serait difficile pour lui. Vous devez réaliser que depuis le training camp, nous n’avons eu que six jours de repos, et qu’il a eu un gros temps de jeu. Je pense qu’il a été un peu trop sollicité.

Gilbert Arenas, un peu désarçonné, s’est défendu.

Gilbert Arenas : Qu’est que vous attendez de moi ? Que je rentre et score 30 points ? Je ne vais pas tenter de marquer 30 points alors que nous avons beaucoup de joueurs offensifs ici. Au match précédent, j’étais à 4/7. Là, j’étais à 3/11. J’ai pris les tirs que je sentais. A part ça, l’attaque repose aussi sur les autres. Les back-to-backs ne me gêne pas. J’ai toujours mon explosivité. J’essaie de l’utiliser quand il le faut.

Par contre, il a reconnu qu’il n’avait pas suivi les instructions de Saunders durant le match contre les Bobcat. Pas par mauvaise volonté, mais pour des raisons de confiance en lui.

Gilbert Arenas : Il a continué à me dire de rester agressif, mais je ne sais pas. Je n’ai pas été comme ça depuis 2 ans. Donc, j’essaie de trouver une manière d’être à l’aise et d’avoir la confiance de l’équipe. Pour le moment, je ne sais pas si ces gars ont confiance en moi, pour que je prenne 10 tirs consécutifs.

Un discours plutôt inhabituel pour un joueur habitué à prendre le jeu à son compte. Les blessures ont affecté son rythme, son endurance, mais peut-être aussi son mental. Arenas a d’ailleurs admis que le début de saison moyen des Wizards avait contribué à cela. Si l’Agent 0 ne redevient pas lui-même, ça pourrait être catastrophique pour la franchise de Washington.

Dans le Washington Post, Antawn Jamison a apporté son soutien à Arenas.

Antawn Jamison : Je pense, et je lui ai dit, qu’il n’a pas joué au basket depuis longtemps. Les deux premières semaines, ça allait, mais, là, ça fait un mois et 15 matchs. C’est presque une courbe de progression. Je ne pense pas qu’il savait à quoi s’attendre, comme nous ne le savions pas. Donc, il doit être patient. Le collectif doit l’aider. Je sais qu’il n’est pas là où il le souhaiterait. Mais il faut rester patient.

Identité.

Lié aux difficultés d’Arenas ou non, le Washington Times s’est intéressé à l’absence d’identité de cette équipe. Après 15 matchs, elle n’a pas de style. Les blessures n’ont pas aidé à mettre un collectif en place, mais même les joueurs se posent des questions, à l’image de Randy Foye.

Randy Foye : Je pense que nous nous cherchons encore — qui sommes nous ? Nous essayons de trouver une identité. Sommes nous une équipe de run & gun ? Ou sommes nous une équipe de demi-terrain ? Nous essayons de trouver.

Pour Flip Saunders, il n’est pas question de changer son playbook, car les blessures sont responsables des difficultés actuelles des Wizards. Ses joueurs ont du talent, donc ils vont s’adapter.

Flip Saunders : Comme je l’ai déjà dit, quand vous perdez un joueur, cela affecte quasiment trois joueurs, le gars blessé, le qui était sur le banc et celui qui ne jouait pas du tout. Notre priorité est de jouer au basket, de la bonne façon, et de contrôler le match.

Les Wizards vont attaquer une série de 4 matchs en 6 jours, à commencer par Toronto cette nuit. Flip Saunders devra donc trouver l’alchimie en match, puisque ces joueurs doutent à l’entraînement. Le décès du propriétaire, Abe Pollin, a permis de souder à nouveau le vestiaire. Il faut désormais chercher des victoires sur le parquet.