Chaque semaine je vous propose un point complet sur le monde du basket féminin. Pendant toute la durée de la March Madness, je vous donnerais rendez-vous le jeudi.
Marion Jones
On va commencer par l’information la plus vendeuse bien sur, je vous avais parlé de l’envie de l’ex-sprinteuse dopée, Marion Jones, de revenir à ses premiers amour, le basket. Elle a signé un contrat hier avec la nouvelle équipe WNBA des Shock. Cette même équipe qui vient de quitter Detroit pour Tulsa.
Marion Jones n’est pas non plus une inconnue dans le milieu du basket. Elle a été, en 1994, la meneuse titulaire de l’équipe de North Carolina qui remporta le championnat universitaire (voir photo à côté). Mais elle avait préféré se concentrer sur l’athlétisme, avec tout le succès que nous lui connaissons. Enfin, succès est un bien grand mot. Comme vous le savez, elle a été chopée pour dopage après avoir gagné 3 médailles d’or à Sydney et condamné à 6 mois de prison. Elle est sortie il y a 1 an et demi et voulait reprendre sa carrière de basketteuse.
Marion Jones avait été draftée en 2003 par les Phoenix Mercury, en fin de 3ème tour et après un essai à San Antonio cet hiver, l’équipe de Tulsa lui a ouvert ses portes pour un nouvel essai en fin de semaine dernière et hier elle signait son contrat d’une saison (70 000 dollars).
Je suis très excitée à l’idée de débuter cette carrière. Je ne serai pas une rookie comme les autres, mais je ferai en sorte de me comporter comme tel et d’apporter tout mon enthousiasme.
A 34 ans et 8 mois après la naissance de son 3ème enfant, elle tentera donc le pari de faire oublier son image de sportive déchue en revenant au basket.
Et si elle devenait Rookie de l’année ? Et si elle cartonnait tout dans un style de jeu tourné vers l’attaque (merci coach Richardson) avec ce qu’il lui reste de ses qualités de vitesse ? Franchement … moi j’y crois pas du tout, je pense plus au grand coup marketting réalisé par une équipe toute neuve … Les premiers matchs de pré-saison, à partir du 1er mai, nous donneront les premières indications.
Euroleague – Jamais 2 sans 3
Lors de l’avant-match, Sandrine Gruda recevait le trophée de joueuse FIBA de l’année alors qu’Alba Torrens se voyait remettre celui de meilleure espoir.
Pour la 3ème année consécutive, la sélection Européenne se tape le reste du monde emmené par 75% d’américaines.
Bon d’accord, à l’image de ce lay-up 360° en contre attaque tenté (et raté) par Angel McCoughtry en plein milieu de la 2eme mi-temps, ou des petites 16 minutes jouées par Diana Taurasi, le reste du monde n’a pas joué au maximum.
Mais au final, dans un match archi serré de bout en bout, l’Europe l’emporte une nouvelle fois (93-79).

Agnieszka Bibrzycka et la bague de MVP
La polonaise, ex-joueuse de Gdynia où se tenait ce All Star Game et joueuse de l’année 2003, Agnieszka Bibrzycka (pour mon plus grand plaisir) d’Ekaterinburg est élue MVP grâce à son festival à 3 pts (6/10) pour apporter 20 pts (meilleure scoreuse du match) en 23 minutes.
Les françaises ont été en demi teinte … mais à l’inverse de ce que j’aurais pu imaginer Sandrine Gruda donnait l’impression de se faire chier sur le terrain, ne jouant qu’en marchant en mode arrosage (6 pts 3 rbds … 3/11 aux shoots) alors qu’Emmeline N’Dongue a joué un rôle majeur dans la victoire des européennes inscrivant 8 de ses 12 points dans le 4ème quart temps et confirmant ce que je pensais d’elle : il faut qu’elle soit entourée par de grandes joueuses pour faire ses stats.
Pour la forme, Diana Taurasi remportait le concours à 3 pts.
Étranger – titres en pagaille
En Italie se jouait le F4 de la coupe avec 4 françaises. Les championnes d’Europe 2001 Nicole Antibe et Audrey Sauret (Schio) dominent Géraldine Robert et Faenza au finish (62-61) alors que dans l’autre demi, Elodie Godin et Tarente se font sortir par Venise (71-67).
En finale, il ne restait donc que 2 françaises, mais une Nicole Antibe déchainée (17 pts) permet à son équipe de l’emporter, encore une fois sur le fil (66-65) et à nos 2 françaises de rajouter une ligne supplémentaire à leur palmarès très fournit.
En NCAA, Allison Vernerey (7 pts 7 rbds) et Duke s’imposent en finale de l’ACC face à North Carolina (ça change pas beaucoup par rapport aux gars …) 70-60.
Enfin, dernière française titré le week-end dernier, Jessica Clémençon remporte la conférence OUA (Ontario University Athletics) avec son Université de Windsor. En demies, elle assure 11 pts 8 rbds et 5 contres et en finale elle explose tout avec 19 pts et 7 rbds en 27 minutes. A noter qu’elle a aussi été nommée Rookie of the Year dans sa conférence !
Parmi les autres françaises, on notera les 17 pts d’Edwige Lawson en finale du championnat Israélien, défaite 69-65 pour la franco-américaine et son équipe.
Bad girl
Cette vidéo a fait le tour de tous les sites de basket féminin, quoi de plus normal puisqu’il s’agit d’une des probables futures stars du basket féminin. Une fille qui dunk encore plus facilement qu’une Lisa leslie ou Candace Parker, limitées à la contre attaque. Une fille surnommée la « Dwight Howard féminine » pour ses qualités aux dunks et ses stats exceptionnelles de 19 pts 9 rbds et 6 contres.
Mais voila, contre North Carolina notre amie Brittney Grener a pété un câble et mis une droite à la pauvre Jordan Barncastle …
et pour vous montrer sa facilité
NCAA – UCONN !!!!!
UConn est en train de battre tous les records NCAA cette saison. On pensait qu’ils n’étaient pas pret de retrouver une énorme équipe après celle composée de Sue Bird, Diana Taurasi, Alsjha Jones et autres mais cette saison est tout simplement magique pour les filles de l’Université de Connecticut.
Elle ont signé une 72ème victoire consécutives !!!! Et en finale de conférence, et pas n’importe comment : 70-32 !!! Impressionnant !
Cette équipe est emmenée par la probable future 1rst pick de la prochaine draft (9 avril), Tina Charles. Cette intérieure est déjà une super star dans le Connecticut et comme ce sont les Sun qui ont le premier choix, il ne fait aucun doute qu’elle jouera avec Sandrine Gruda la saison prochaine ! Mais comme si ca ne suffisait pas, elle a été nommée meilleure joueuse de sa conférence et elle est retenue dans la Team USA pour les mondiaux !
Mais voila, avec un secteur intérieur où co-habitent 2 possibles All Stars (Sandrine Gruda, Alsjha Jones), Connecticut prendra-t-il ce risque ?
Précisions
La semaine dernière, je vous avais rapporté que le club de Challes-Les-Eaux avait gagné un procès contre la fédération néerlandaise de basket concernant une joueuse blessée avec la sélection batave.
Maître Michel Pautot, avocat du club de Challes nous a fait parvenir le communiqué de presse dont je vous fait part ci-dessous.
REVOLUTION JURIDIQUE
JOUEURS ETRANGERS BLESSES EN EQUIPE NATIONALE :
UN CLUB DE BASKET INDEMNISE PAR LE JUGE
DES REFERES DE CHAMBERY
Une ordonnance de référé du 25 Février 2010 du Tribunal de Grande Instance de Chambéry condamne la Fédération Hollandaise de basket-ball (Netherlands basketfederation) à verser à titre provisionnel au club de Challes les Eaux Basket la somme de 69 802,95 euros pour l’indemnisation de la blessure de la joueuse néerlandaise Mlle Marlous Nieuwween occasionnée lorsqu’elle jouait en équipe nationale de Hollande, a indiqué l’avocat marseillais Maître Michel Pautot, défenseur du club.
La joueuse a été blessée en équipe nationale durant l’été 2008, ces blessures ont obligé le club de Challes les Eaux non seulement à rembourser des frais médicaux, mais de payer la joueuse blessée durant sa période d’incapacité et aussi sa remplaçante.
Pour Maître Michel Pautot, avocat spécialiste en droit du sport, la décision rendue par le juge des référés de Chambéry est une « révolution juridique. C’est la première fois qu’un club est indemnisé pour un joueur(se) blessé(e) en équipe nationale. Cette décision, rendue pour une basketteuse, est susceptible de s’appliquer aux autres disciplines, football, rugby, volley, handball. C’est en effet un sujet d’importance et d’actualité qui revient régulièrement dans les clubs employeurs mettant à disposition leurs vedettes étrangères dans les équipes nationales ».
De plus, le juge des référés Roland Esch a considéré que « le club de Challes n’a jamais été prévenu que Marlous Nieuwween allait jouer en équipe nationale de Hollande. Or, il ressort du règlement de la FIBA à l’article 100.1 que « la disponibilité d’une joueuse doit être demandée par écrit à la fédération nationale concernée et aux clubs auxquels la joueuse est rattachée et directement à la joueuse elle même au moins vingt jours avant le début de la période définie par sa fédération nationale pour les compétitions des équipes nationales ». »
De même, l’article 5.3 du même règlement FIBA prévoit que le bénéficiaire de la police d’assurance doit être le club avec lequel le joueur est sous contrat. Malgré les nombreux courriers adressés par le Club de Challes à la fédération hollandaise, celle-ci n’a jamais répondu et n’a rien remboursé, d’où l’action en justice du club.
Il s’agit d’un nouveau succès pour l’avocat marseillais qui est à l’origine de l’arrêt Malaja qui a bouleversé le sport professionnel européen en ce qui concerne la liberté de circulation des joueurs.
Le 23 Mars 2010, le juge des référés sera appelé à statuer dans une affaire similaire cette fois-ci contre la Fédération Slovaque, toujours à la demande de Challes les Eaux.
Tension entre clubs et sélections nationales
dans le football
Me Pautot souligne que la question des blessures des sportifs, salariés de clubs, avec leur sélection nationale secoue régulièrement le sport professionnel et en particulier le football avec ses enjeux financiers considérables.
En décembre 2009, l’entraîneur d’Arsenal Arsène Wenger entendait attaquer devant les tribunaux la fédération néerlandaise de football après la blessure de l’attaquant Robin Van Persie lors d’un match amical en sélection en novembre. Blessé à une cheville contre l’Italie, le joueur néerlandais manque depuis cruellement aux Gunners.
Un accord prévoyant des compensations pour la mise à disposition des joueurs, avait été trouvé entre la FIFA et l’UEFA après que le club belge du Sporting Charleroi avait attaqué la fédération marocaine pour la blessure d’ Abdelmajid Oulmers en 2004.
La fédération anglaise avait versé des millions de livres à Newcastle après la blessure du Ballon d’Or Michael Owen lors du Mondial 2006. A l’instar d’autres fédérations, elle contracte des assurances pour ses internationaux.
Mais le montant des polices est trop important pour certaines fédérations et une condamnation en justice pourrait les dissuader de faire appel à leurs joueurs évoluant dans les championnats européens.





Ce qu’est en train de faire UConn est tout simplement incroyable! 72 victoires de suite, c’est dingue. Pour la bracket féminine, leur côte chez les bookmakers va pas être très élevée, je vois pas qui peut les battre…
Et pour Marion Jones, c’est clair que ça sent le coup médiatique plus qu’autre chose mais la WNBA a bien besoin de coups médiatiques comme celui là en ce moment.
Et si les Sun prenait Tina Charles et échangeait dans la foulée soit Gruda, soit Jones, pour combler un trou dans le roster? Envisageable ou pas?
Tout est envisageable Max, mais si une des deux doit partir ca sera Gruda. Jones sort de … UConn =)
Le seul « trou » dans leur roster est au poste 3 avec Tamika Withmore (4 pts la saison passée contre 10 en carrière …)
Les lignes arrières sont jeunes et talentueuses avec les sophomores Jekabsone (All Star de l’Euroleague) et Renee Montgomery et le recrutement de la très régulière Kara Lawson.
UConn a toujours été une grande université de basket féminin, ils avaient déjà pas mal de record après le passage de Sue Bird, Diana Taurasi et Asjha Jones …