VLADE DIVAC
Vlade Divac (prononcez « Vla-dé Di-vats ») est né le 3 février 1968 à Prijepolje, ville yougoslave de 10.000 habitants située au carrefour entre Bosnie-Herzégovine, Monténégro et Serbie. C’est dans cette petite ville qu’il découvrira le basket. Il prendra sa première licence à KK Elan Prijepolje à l’âge de 12 ans. Et très rapidement, il se construit une petite réputation en Yougoslavie. Le KK Sloga Kraljevo, évoluant en première division yougoslave à l’époque, vient rapidement aux renseignements. Le KK Sloga signera Vlade lors de l’été 1982 et lui donnera rapidement sa chance dans le monde du basket professionnel. Le jeune Yougoslave saisira cette opportunité. A seulement 17 ans, il parvient notamment à inscrire 27 points face à la prestigieuse équipe de l’Etoile Rouge de Belgrade. Ça plante le décor et cadre le potentiel du bonhomme…
Les talents du géant de 2.16m ne passent pas inaperçus. Il devient l’attraction numéro 1 de l’été 1986. Les plus grands clubs se l’arrachent, mais c’est finalement le Partizan de Belgrade que choisira Vlade. Il y restera 4 ans, et collectera un championnat yougoslave, une coupe de Yougoslavie et une demi-finale d’Euroleague. Peu, mais en considérant la concurrence à l’époque dans le pays – Split avait Kukoc et Radja, le Cibona avait Petrovic, ce n’est pas mal pour les Divac, Obradovic, Paspalj ou Sasa Djordjevic que comptait le Partizan…
1986 sera aussi l’année du début de la révélation internationale de la Golden Generation yougoslave. Encadré par le mythique géant Drazen Dalipagic, les jeunes Divac (18 ans) et Petrovic (22 ans) conduisent les Yougoslaves à la médaille de bronze. Toni Kukoc et Dino Radja les rejoindront lors de l’été suivant à l’occasion de l’EuroBasket grec. Cette génération dorée écrasera le basket européen et mondial à la fin des années 80, décrochant l’argent aux JO de 88, deux EuroBasket 89 et 91 et le titre mondial 1990 en Argentine. Cela avant que la folie guerrière n’envahisse la Yougoslavie en 1991…
Débarquement du côté de L.A
Vlade Divac ne fera pas de vieux os au Partizan. Après deux ans dans la capitale fédérale yougoslave, il tente sa chance à la draft NBA. Il sera sélectionné en toute fin de premier tour, au 27ème choix. Et ce sont les Los Angeles Lakers de Magic Johnson qui le repêchent. Il débarque en Californie avec l’objectif de faire « oublier » le départ à la retraite de Kareem Abdul-Jabbar.
Pour sa première saison outre-Atlantique, Vlade s’en sort plutôt bien. A l’occasion de son septième match en NBA, il signera son premier double-double en carrière, avec un 13 points-11 rebonds face aux Pacers de Rik Smits. 8 autres suivront dans cette première saison. Il s’imposera comme un jeune pivot solide et polyvalent, bon scoreur – à l’image des 25 points rentrés face aux Kings le 15 janvier 89 – et bon rebondeur – comme en attestent ses 13 matchs au-delà des 10 rebonds. Son match de référence, il le signera le 7 janvier 1990, face aux Miami Heat. Ce soir-là, en 26 minutes de jeu, l’intérieur serbe cumulera 21 points et 14 rebonds. Bref, sa rookie-season est une réussite sur toute la ligne. Il est nommé dans la All-First Rookie Team, aux côtés de Tim Hardaway, Pooh Richardson, Sherman Douglas et David Robinson. Reconnu aux States, Divac devient une véritable superstar au pays. Les Serbes du Deca Loših Muzičara, icône du rock serbe des années 90, lui dédient même une chanson, humblement intitulée Vlade Divac…
Le pari de Vlade Divac est donc une réussite sur toute la ligne. Sa première saison est un franc succès, son jeu basé sur sa grâce, son intelligence de jeu, sa vision, ses capacités de passes, sa précision à mi-distance et la bonne utilisation de ses 2.16m détonnent dans une ligue où la lutte dans les raquettes se résument à un combat physique. Mais ces qualités, Divac a su les imposer et se faire respecter grâce à un jeu hors-norme.
C’est là pour le géant serbe le début d’une aventure de 16 saisons en NBA. Dès sa saison sophomore, il devient le pivot titulaire des Lakers et son caractère jovial, souriant et extraverti ravit les fans des Lakers. Sur le parquet, emmené par les anciens James Worthy et Magic Johnson, Divac découvre pour le premier fois le gout des NBA Finals. Mais face aux Bulls de Jordan, les Lakers craquent et s’inclinent 4-1. Vient alors l’été 91 et le départ à la retraite de Magic Johnson. Divac se retrouve en tête d’affiche au Forum of Inglewood. Mais, pour la première fois de sa carrière, Vlade Divac se retrouve embêté par les blessures. Il est limité à 30 matchs sur la saison, cumulant 11 ppg et 7 rpg en un peu moins de 30 minutes par match.
Cette saison jouera le rôle de détonateur. La saison 1992-93 sera celle de la renaissance et de la révélation pour Vlade. Malgré des moyennes correctes mais sans plus (12,8 ppg à 48,5%, 8,9 rpg, 1,6 spg, 1,7 bpg et 2,8 apg), l’intérieur de 24 ans se fait un nom au milieu des Ewing, O’Neal, Robinson ou Olujawon peuplant les raquettes à cette époque. Il livrera quelques très grands matchs, à l’image des 27 points mis aux Nuggets de Mutombo, les 18 pts-15 rbs face aux Cavs de Brad Daugherty ou un monstrueux 21 points-21 rebonds face aux Sixers en fin de saison.
Au-delà des rebonds et du scoring, on découvre au cours de cette saison de nouveaux aspects du jeu du Serbe. A commencer par sa qualité de passes. Il passera à 2 reprises à 2 assists du triple-double, face aux Warriors (16 poits, 10 rebonds, 8 assists) et face aux Pistons (25 points, 10 rebonds, 8 assists). Sa vision du jeu ne va pas à sens unique. En défense aussi, Vlade Divac se construit une petite réputation. Bien sûr, il n’a pas le physique d’un O’Neal, Robinson ou Ewing mais son sens aiguisé du jeu lui permet d’être toujours au bon endroit pour gêner l’adversaire que ce soit en interceptant le ballon (top-perfs de sa saison à 5 steals, à 3 reprises) ou aux blocks (7 blocks face aux Bullets, à 3 blocks du triple-double). Dans la jungle des raquettes, Divac s’impose tant grâce à son intelligence de jeu que grâce à son charisme.
Il restera 3 saisons supplémentaires aux Lakers. Il disputera notamment une campagne 1994-95 sensationnelle. Ses moyennes de saison parlent pour lui, puisque le grand serbe cumulera 16 points, 10.4 rebonds, 4.1 assists et 1.7 blocks par match, rentrant également 42 double-double sur la saison et claquant même un triple-double (21 points, 11 rebonds, 10 assists) face au Heat. Mais les Lakers ne parviennent pas à faire mieux qu’une demi-finale de conférence pour leur retour en playoffs. Sa dernière saison aux Lakers ne sera pas la plus réussie.
Il reste néanmoins toujours un pion important du système de Del Harris. Mais les Eddie jones, Cedric Ceballos, Nick Van Exel et la concurrence grandissante d’Elden Campbell inside empêchent Divac de continuer à progresser. Il perd du temps de jeu et son impact statistique en prend un coup. Les Lakers sont une nouvelle fois sortis très tôt des playoffs (3-1 face aux Rockets au premier tour). Le moment de la reconstruction approche à LAL et celle-ci passe Kobe Bryant, jeune lycéen de 17 ans qui a conquis le coeur de Jerry West.
Deux saisons à Charlotte avant le retour en Cali
Pr
oblème: avec le 24ème pick, les Lakers n’ont aucune chance de récupérer le jeune prodige. Un trade est alors monté avec les Hornets de Charlotte. Les Hornets, à la recherche d’un pivot depuis le départ de Zo Mourning à Miami, sont très intéressés par Vlade Divac. Les Lakers veulent Bryant que Charlotte a drafté. Ni une, ni deux: les deux équipes montent un deal envoyant Divac à Charlotte pour les droits de Kobe Bryant. Le renouveau pour les Lakers, mais un sérieux coup dur pour la carrière de Divac. Les Hotnets peuvent déjà compter sur quelques joueurs intéressants offensivement comme Dell Curry et Glen Rice tandis que Anthony Mason prend toute la place dans la raquette. Dans ces conditions, Vlade Divac n’est qu’un rôle-player de second rang.
Sa moyenne au scoring chute à 10 points et 8 rebonds lors de sa deuxième saison en Caroline du Nord. Il vivra à Charlotte des saisons 1996-97 et 97-98 très délicate. Free agent à l’issue de la saison 97-98, il n’est pas prolongé par les Hornets. Vlade Divac se retrouve donc sur le marché pour cet été 98 pourri par un lock-out qui amputera la moitié de la saison. Libre de tout contrat, Vlade Divac utilise le lock-out pour se refaire une santé à l’Etoile Rouge de Belgrade. Il y évoluera quelques mois, avant de signer pour 6 ans et 60 millions de dollars avec les Kings de Sacramento.
A Sacto, il débarque dans une équipe remplie d’ambitions suite à l’arrivée des frères Maloof dans le capitale de la franchise. Divac est une des pierres angulaires des nouvelles aspirations des Kings. Il débarque en même temps que Chris Webber et les rookies Jason Williams et Peja Stojakovic. Ce quatuor vient s’ajouter aux Corliss Williamson, Tariq Abdul-Wahad ou encore Jon Barry déjà en place. Dans cette nouvelle configuration, les Kings améliorent grandement leur rendement. Il passe du 27-55 en 1997/98 à 27-23 en 1998/99. Vlade Divac renait dans ce nouvel environnement.
On retrouve le Divac que l’on avait découvert aux Lakers: un joueur à la fois gobeur de rebonds (10 prises par match), scoreur (14 ppg) et passeur (4.3 apg). Avec C-Webb et Divac, les Kings proposent une magnifique raquette, composée par deux intérieurs à haut QI basket capables de partager le ballon. Le Serbe évoluera 6 saisons à Sacto. Face à la montée en puissance des Bibby et Stojakovic, le rôle de Divac se marginalise. Sa connaissance et sa maitrise du jeu font toujours des merveilles mais son impact statistique se réduit, passant progressivement de 14 ppg à 9 ppg lors de sa dernière saison.
Qu’à cela ne tienne, Vlade Divac évolue pour la première fois depuis bien longtemps dans une équipe candidate au titre. Les Kings disputeront entre 1998 et 2003 (à savoir les 6 saisons durant lesquelles Vlade était à Sacto) deux premiers tours (3-2 face aux Jazz en 1999, 3-2 face aux LAL en 2000), deux demi-finales de conférence (4-0 face aux LAL en 2001 et 4-3 face aux Mavs en 2003) et une finale de conférence (la hautement polémique défaite 4-3 face aux LAL en 2002).
Arrivé en fin de contrat à 35 ans, il n’est pas prolongé à Sacramento. Il se retrouve de nouveau sur le marché, et rejoint les Lakers pour un dernier tour des parquets. Cependant, des problèmes de dos viennent gâcher sa saison d’adieu avec les Lakers. Il ne jouera que 15 matchs, ne devant se contenter que de quelques bribes de garbage-time.
Il annoncera sa retraite en juillet 2005, après un parcours de 16 saisons dans la Grande Ligue. Il aura été le précurseur des succès futurs des Nowitzki ou Gasol, des intérieurs pas aussi bolybuildés que des US mais possédant un sens du jeu inégalé.
Vlade Divac aura aussi marqué la NBA pour avoir popularisé le flopping, l’art de se laisser tomber au moindre contact – Stojakovic le surnommait même le « père du flopping »…
Une reconversion humanitairo-politico-sportive
Après sa carrière réussie, Vlade Divac a bien réussi sa reconversion.
Suite à quelques investissements financiers foireux, l’intérieur serbe a focalisé sa reconversion autour de deux axes: l’engagement humanitaire et l’univers politico-sportif. Épaulé par 6 monuments du basket serbe (Predrag Danilovic, Aleksandar Djordjevic, Zarko Paspalj, Zeljko Rebraca, Dejan Bodiroga et Zoran Savic), Vlade Divac a été l’instigateur du Group Seven Children’s Foundation – devenue depuis la Vlade Divac Children’s Foundation -, une organisation venant en aide aux enfants victimes des conflits dans les différentes républiques d’ex-Yougoslavie, sans distinction de religion ou de nationalité.
Vlade Divac est aussi depuis 1997 membre de l’International Orthodox Christians Charities, organisation concentrant ses efforts envers les jeunes serbes. Pour ses nombreux efforts humanitaires, Vlade Divac a été nommé ambassadeur de l’Unicef, le Fonds des Nations unies pour l’enfance…
A côté de ses activités philanthropiques, l’ancien Laker s’est lancé dans une carrière politico-sportive. Vice-président du Partizan Belgrade, Vlade Divac a également occupé des fonctions au sein des Lakers – scout européen en 2005 et 2006 – et au Real Madrid – en tant que président de la section du club. Toutefois, ce dernier poste sera plus symbolique qu’autre chose… Sa plus grande réussite sera son engagement politique. Lors de l’élection présidentielle de 2004, il a ouvertement soutenu le candidat de centre-gauche Boris Tadic. Boris Tadic sera élu, vainqueur au second tour de la Présidentielle du candidat nationaliste Tomislav Nikolic. En 2009, il sera élu président du Comité Olympique Serbe.
Marié, Vlade Divac a trois enfants: Luka, Matija et Petra, adoptée après que ses parents aient été tués lors du conflit au Kosovo.
Sa fiche
- Né le 3 février 1968 à Prijepolje, Yougoslavie (Serbie actuelle).
- Poste : C.
- Taille : 2.16m.
- Poids : 120kg.
- Draft : 26e position par les Los Angleles Lakers en 1989.
Franchises
- KK Elan Prijepolje (1980–1982).
- KK Sloga Kraljevo (1982–1986).
- Partizan Belgrade (1986–1989).
- Los Angeles Lakers (1989–1996; 2004–2005).
- Charlotte Hornets (1996–1998).
- Sacramento Kings (1998–2004).
Palmarès
- 1989–90 NBA All-Rookie First Team.
- NBA All-Star en 2001.
- J. Walter Kennedy Citizenship Award en 2000.
- Membre des Euroleague’s 50 Greatest Contributors.
- Joueur de l’Année Mister Europa en 1989.
- Numéro 21 retiré par les Sacramento Kings.
- Médaillé d’argent aux JO en 1988 et 1996.
- Champion du Monde en 1990, 2002.
- Champion d’Europe en 1989, 1991 et 1995.
- Médaille de bronze aux Championnats du Monde 1986.
- Médaille de bronze aux Championnats d’Europe 1987 et 1999.
Stat en carrière NBA
- Points : 13398 soit 11.8 par match à 49.5% et 69.2% aux LF.
- Rebonds : 9326 soit 8.2 par match.
- Assists : 1631 soit 3.1 par match.
- Matchs : 1134, 121 en playoffs.



Une très belle bio pour un joueur qu’un peu tout le monde appréciait. Un charisme fou et un jeu vraiment agréable à regarder.
Le titre est un peu piquant, oui c’était un vicelard, mais finalement, tu en parles peu dans ton récit (même si la vidéo avec la chute face à Nowitzki est franchement drole après coup).
J’ai du mal a le considerer comme un vicelard. Pour moi, les vicelards, ce sont des mecs comme Bowen, Anthony Mason et les Knicks 90′s, les Pistons des 80′s voire des Ron Artest ou Doug Christie. Pas des mecs comme Divac. Je pense plus que Divac est un joueur tres intelligent, qui a vite decouvert qu’il etait plus a son avantage de flopper face aux bulldozers bodybuildes peuplant les raquettes US. Il sait qu’il n’a pas le physique pour lutter les yeux dans les yeux avec eux. Donc, il trouve la parade en floppant
D’ailleurs, l’image que je garde de Divac n’est pas celle de ses floppings ou de sa capacite a prendre des rebonds ou encore son shot. Ce a quoi je fais rimer Divac, c’est assists, passes lumineuses – notamment derriere le dos… – et oeil de lynx pour lacher le ballon.
« Ce a quoi je fais rimer Divac, c’est assists, passes lumineuses – notamment derriere le dos… – et oeil de lynx pour lacher le ballon. »
Idem.
Après dire qu’il n’était pas vicieux, je suis moins d’accord. Roublard, malin, intelligent ou vicelard, finalement, ça se rejoint