[World Championship 2010] — Un premier bilan

Après trois journées dans chaque poule, il est intéressant de faire un premier bilan du Championnat du Monde. Joueurs dominants, révélations individuelles et collectives, équipe de France, essayons de balayer un maximum de sujet.

MVP Race

Soyons clair, le MVP sera soit un champion du Monde, soit un joueur présent dans le dernier carré présentant des stats hallucinantes. Alors déterminer qui sera le MVP aujourd’hui est impossible. Néanmoins, quelques joueurs commencent déjà à se placer. Les premiers candidats à se démarquer sont Luis Scola (27.7ppg-7rpg) et Kevin Durant (21ppg-7.3rpg-2.7apg).

Le power argentin porte sa nation à bout de bras. Contre l’Australie, ses 31 points et 9 rebonds sont décisifs. Sa production de chiffres est impressionnante mais, avant tout, indispensable. Dans une certaine mesure, ses stats rappellent celles de Nowitzki avec l’Allemagne. Alors, forcément, il fait figure de candidat crédible.

Kevin Durant, candidat au titre de MVP

Kevin Durant, candidat au titre de MVP

Figure de proue de Team USA, Kevin Durant monte en régime au fil des matchs. Efficace face à la Croatie et la Slovénie, il a passé 39 minutes sur le terrain contre le Brésil pour 27 points, 10 rebonds et 3 steals. Le temps de jeu est irréel pour un pro au sein de la sélection US, mais qui montre à quel point le Thunder est indispensable à cette équipe.

Indispensable Marc Gasol (16ppg-6.3rpg-2.3bpg) l’est aussi pour l’Espagne. Le petit frère se positionne ainsi en troisième homme. Si la Lituanie va loin, Linas Kleiza (20.7ppg-8.7rpg) sera également un bon candidat, tout comme Vassilis Spanoulis (17.3ppg), Ersan Ilyasova (17.7ppg-7.7rpg) voire Nicolas Batum (15ppg-4rpg-2apg).

Par contre, les leaders d’équipes en perdition sont exclus de fait de la MVP Race. Cela ne nous empêche pas de dire un mot sur le canonnier néo-zélandais Kirk Penney (28ppg, meilleur scoreur de la compétition), le polyvalent chinois Yi Jianlian (25.3ppg-10rpg), le puissant pivot iranien Hamed Haddadi (22pph-10.3rpg, meilleur rebondeur), la vedette libanaise Fadi El-Khatib (20.3ppg-5.3rpg) ou le power jordanien Zaid Abbas (16.3ppg-8.7rpg).

Révélations

Un Mondial reste l’occasion de voir des joueurs s’affirmer ou se révéler. Dans la première catégorie, le futur pivot de Barcelone Kosta Perovic fait forte impression. Ses deux matchs à 20 points, contre l’Allemagne et la Jordanie, rappellent le talent offensif de ce pivot de 2.18m. L’intérieur serbe pèse pour le moment 16.3 points à 62.1% et 4.7 rebonds.

Dans le même genre, le futur pivot des Bulls Omer Asik est impressionnant de régularité. En une vingtaine de minutes, il apporte 10 points (56.5%), 8.3 rebonds et 1.7 blocks par match. Mobile, puissant, un brin vicieux et mesuré à 2.14m, le centre turc n’est pas un leader mais un rôle player appliqué. Par contre, son 4/14 aux lancer-francs fait désordre.

PJ Ramos, dominateur face à la Grèce

PJ Ramos, dominateur face à la Grèce

Présent à la draft 2010 mais non retenu, Bojan Bogdanovic s’est vengé des américains en scorant 17 points à 5/8 à 3-points. Il a surtout scoré dans les 11 dernières minutes, quand le match était déjà terminé, mais ses 3 tirs à 3-points consécutifs en 2 minutes ont permis aux croates de ne pas totalement sombrer. Depuis, son temps de jeu est plus limité, mais il a tout de même scoré 13 points (3/5 à 3-points) contre l’Iran. Belle gâchette, il a rentré 8 des 13 tirs extérieurs qu’il a tenté.

Un peu plus vieux (25 ans), PJ Ramos surprend tout ceux qui avaient vu sa grande carcasse à Washington il y a quelques années. Le géant porto-ricain (2.20m) a élargi sa palette. Il a toujours ses bonnes mains mais s’est considérablement endurci. Un joueur qui signe 16 points à 8/8, 8 rebonds et 3 assists contre la Grèce n’est pas un mauvais bougre. Face à la tenaille russe, il a aussi réussi à sortir du lot (15pts-9rbs, 7/14). Mark Cuban aurait coché son nom…

Enfin, un mot sur le lieutenant de Penney avec la sélection néo-zélandaise, Thomas Abercrombie. Gros défenseur, bon rebondeur très efficace à mi-distance (65.4% inside), il complète à merveille le leader des Tall Blacks. Agé de 23 ans, il pourrait rapidement venir en Europe. Ses 19 points contre l’Espagne et ses 11 rebonds contre la Lituanie font bien sur son CV.

Le parcours des Bleus

Trois matchs, trois victoires. Soyons honnêtes, personne n’imaginait un tel bilan il y a une semaine. La préparation fut tellement poussive que sortir du premier tour semblait déjà être un objectif. Mais une fois sur le sol turc, il s’est passé quelque chose. Remise en question individuelle et collective ? Odeur de la compétition ? Perspective de battre l’Espagne ? Allez savoir. En tous cas, la France a vaincu l’Espagne, a écrasé le Liban et est venu à bout du Canada.

Si dans le jeu, tout n’est pas toujours très séduisant, on ne peut rien reprocher aux hommes de Vincent Collet en terme d’intensité et d’agressivité. Le plus important, dans la perspective des matchs à élimination directe, est qu’ils ont réussi à tirer leur épingle de deux batailles de tranchées. Dont une sans Flo Pietrus. La France a la seconde défense de la compétition. Un bon parcours passera par là. Après le match contre le Canada, Ian Mahinmi a relevé l’importance de cette combativité et cette agressivité.

Le futur pivot des Mavs insiste également sur l’importance de Nico Batum (15ppg-4rpg-2apg) et Mickael Gelabale (14ppg-4.7rpg-1.3apg). Le premier était attendu, le second un peu moins. On a aussi la particularité d’avoir en Boris Diaw, un leader qui pèse 4 points par match. Mais à côté, Bobo apporte 6 assists, 5.7 rebonds, de la création, de la vista et du clutch. Après 8 tirs à 3-points manqués, il plante son premier panier primé dans le money time, contre le Canada.

Une France batailleuse

Une France batailleuse

La raquette est aussi performante. Plutôt décevant en Pologne l’été dernier, Alain Koffi tourne à 11.7 points (72.2%) et 5.3 rebonds. Son contre à la dernière seconde face au Canada est clutch, sa combativité tout au long du match est précieuse, ses rebonds sont importants et il dégage de l’autorité dans la peinture. Ian Mahinmi (7.7ppg-4.7rpg) a aussi pris de l’envergure par rapport à l’été dernier et pique du temps de jeu à Ali Traoré (6.3ppg-1rpg) qui n’a plus le même volume qu’au tournoi de Villeurbanne. Enfin, Flo Pietrus score peu (4 points en 2 matchs) mais sa défense est incroyable. Le voir batailler avec Marc Gasol était hallucinant.

Sur les spots extérieurs, Nando de Colo n’a perdu que 4 ballons en 3 matchs, pour 6 assists mais ses 6.3 points par match (14 contre le Liban) montre ses difficultés dans cette équipe. Il a du mal à diriger le jeu et son évolution laisse une marge de progression à cette équipe. Yannick Bokolo ne manque pas d’énergie et Andrew Albicy a déjà eu son momentum contre l’Espagne (13pts). Il a épaté la France du basket ce soir-là. Edwin Jackson (3 minutes en moyenne sur 3 matchs, 5 points inscrits) et Fabien Causeur (5 minutes, 2 tirs manqués contre le Liban) sont encore en attente de leur grand moment.

Ce matin, la France pointe à la première place du groupe et pourra l’assurer dans la soirée contre la Lituanie.

Une compétition disputée

Il y a 4 ans, le premier tour était presque désespérant. Peu de suspense, des roustes à la pelle, des hiérarchies (trop bien) respectées, il n’y avait que le groupe A, celui de la France, qui amenait de la vie avec la victoire du Liban sur les bleus et celle du Nigeria sur la Serbie. A part ça…

Cette année, la donne est différente. L’intouchable Espagne a perdu deux matchs sur trois, les USA ont été secoués par le Brésil, la Serbie s’est inclinée contre l’Allemagne, la Jordanie a poussé l’Australie dans ses retranchements, la Lituanie a remonté 17 points contre le Canada puis 18 contre l’Espagne, la Grèce a bataillé face à Porto-Rico… Les gros restent gros, on a assisté à quelques gifles, mais les petits sont capables de surprendre, ce qui rend ce premier tour vraiment palpitant.

Avec France – Espagne, USA – Brésil, Argentine – Australie ou Turquie – Grèce, on a déjà assisté à des matchs énormes. L’intensité est vraiment présente et le meilleur est à venir. Les matchs à élimination directe s’annoncent explosifs !

Be Sociable, Share!