Kobe Bryant – Le Black Mamba (Part 1)

Après une dernière année/tournée « hommage », Kobe Bryant raccroche donc les sneakers en 2016 de la plus belle des manières. 20 ans d’une carrière éblouissante en terme de résultats, de moments d’anthologie mais aussi, de désillusions. Surtout, Kobe aka le Black Mamba, a eu un impact phénoménal sur toute une génération. La grande question, à l’aune de son départ est la suivante: aura-t-il réussi à être plus qu’une réplique de Michael Jordan? A entrer dans la légende? Début de réponse.


UN ADN BASKET

De son nom complet Kobe Bean Bryant, né le 23 août 1978 à Philadelphie, il est le dernier de la fratrie comprenant également deux  grandes sœurs. Il s’avère être le neveu d’un ancien joueur de basket, John « Chubby » Cox et son père, aussi, joue au niveau professionnel. Pour l’anecdote, son prénom est choisi en l’honneur du fameux boeuf de Kobe japonais, que ses parents ont voulu original en le lisant sur un menu de restauration…Son deuxième prénom, Bean, est quant à lui relié directement à son père, surnommé sur les terrains de basket « JellyBean » , confiserie typiquement US, sorte de Dragibus.

q3-Kmk5WBref, c’est bien la présence paternelle sur les playgrounds de Philly qui va porter la famille aux quatre coins du pays puisque « Jellybean Joe », meneur aux talents multiples, ne trouvant pas sa place en NBA, décide de partir. Une décision compliquée à l’époque, après 606 matchs dans la grande ligue. Il choisit l’Europe plutôt que le Sud de la Californie, et son fils, à l’âge de 3 ans, affirmait déjà vouloir devenir une star de la NBA. Le père de Kobe rebondit donc en Italie, à Rieti, et ses enfants doivent s’acclimater, apprendre l’italien, tandis que papa brille au basket.

Évidemment, Kobe est aux basques de son père et nourrit par la même son goût aujourd’hui prononcé pour la culture sportive européenne (il est fluent italien et espagnol pour l’anecdote). Il a d’ailleurs failli être pris dans la folie « football », catégorie reine sur le vieux continent, en le poussant à jouer gardien de but avec les attraits de sa déjà grande taille d’adolescent.

Suivre la NBA, il le fait en recevant chaque semaine des cassettes vidéos que ses grands-parents enregistrent de l’autre côté de l’Atlantique, avec son père, toujours, en bénéficiant notamment de l’expertise de ce dernier. Il voue aussi un culte à Magic Johnson qui orne les murs de sa chambre, entre deux ballons de basket. Les « Bryant » passent la saison 1991/92 en France, en Alsace, à Mulhouse. Le style de vie est plus « difficile »: les enfants Bryant vont à l’école à Bâle (2h de trajet chaque jour), laissant peu de temps au jeune Kobe pour ses entrainements. Joe Bryant faisait cependant ses adieux au basket, sa femme, Pam, décidant alors qu’un retour aux États-Unis était devenu inévitable.

On se retrouve à nouveau proche des premières bases, Joe acceptant un poste d’assistant coach à La Salle, à une quinzaine de kilomètres de Philadelphie pour résidence. Si Kobe a du mal à faire la transition en devant s’adapter culturellement, ce n’est pas le cas sportivement parlant. Il devient un top player de son équipe à l’été 92 et entre au lycée Lower Merion en cette qualité. Il va jusqu’à faire des entrainements et des matchs à l’Université de Temple où Eddie Jones le côtoie. Il se cherche sur le terrain, sa « faible » taille le laisse envisager un poste d’arrière, même s’il était assez grand pour son âge (1.96m).

Il explose lors de la saison 1994/95 avec des moyennes affolantes en année junior: 31.1pts, 10.4rbds, 5.2ast, 4st et 3.8blk et sera honoré en tant que Joueur de l’année de la Pennsylvanie.

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Il attire rapidement l’œil des scouts de tout le pays, d’autant que sa scolarité est exemplaire, sa vivacité d’esprit, son intelligence, couplées à sa féroce compétitivité, font de lui un jeune loup sur les crocs. Lorsque vient le choix de l’Université, il sélectionne Duke, North Carolina, Villanova et Michigan dans sa short-list. Il aura fallu que Kevin Garnett décide de sauter le pas du lycée à la NBA Draft sans passer par la case Université pour faire naitre cette même idée chez Kobe, qui pense sérieusement devenir pro’. Son père arrange un petit workout avec les 76ers cet été-là et Kobe fait des merveilles. Il fait forte impression sur tous les scouts présents.

Coach Gregg Downer des AS: « J’ai vu pas mal de joueurs de basket passer mais jamais aussi bon que Kobe »

Il faut avouer que son parcours lycéen fût couronné de succès puisque son équipe, les « As » , termine la saison avec un 32-3 de bilan et un premier titre d’État depuis 42 ans. De quoi mettre Bryant au centre des attentions médiatiques. Sa dernière année, il la termine avec 30.8pts par match (2883 pts marqués en 4 ans, dépassant Wilt Chamberlain et Lionel Simmons), explosant les records de l’État. Plus que les chiffres, c’est la maitrise des fondamentaux qui lui permet d’écraser la concurrence: il sait prendre des appuis, créer son propre shoot et mieux, défendre.




Une équipe italienne ira jusqu’à proposer un contrat à Kobe pour attirer son père au poste de coach. Mais Kobe, lui, pense à directement faire le grand saut. La rumeur s’ébruite, Kobe ne dément pas et à 17 ans seulement il donne une conférence de presse dans le gymnase de Lower Merion. Il signe rapidement avec l’agence William Morris, qui, elle-même couche sur papier les premiers sponsors: Adidas et Sprite.

On apprendra plus tard que les Lakers et leur président, Jerry West, sont convaincus que Kobe est destiné à devenir une véritable star. C’est la raison pour laquelle, à la draft, West appelle très rapidement l’équipe qui drafte Bryant, à savoir les Charlotte Hornets (13ème pick) et monte un trade pour faire venir le jeune rookie de 17 ans en Californie contre Vlade Divac. A noter que les Lakers prendront Derek Fisher à la 24ème place de cette même draft. Par la suite, la masse salariale dégagée par le deal permet de faire signer Shaquille O’Neal et de mettre sur les rails une véritable dynastie.


CHAMPION MALGRÉ LUI

Seulement six joueurs en NBA ne sont pas passés par la case Université, le cas Bryant en dit long sur la confiance qu’il a déjà emmagasiné. Son arrivée dans la grande ligue doit néanmoins être comprise dans le cadre de la Jordan-mania. Kobe avait beau admirer Magic Johnson, son véritable modèle, son idole, c’était Jordan. C’est Phil Jackson lui-même qui dépeint cette ambition, même s’il prend les rênes de l’équipe 3 ans plus tard, décrivant une situation de 1999/2000:

Kobe était déterminé à dépasser Jordan pour devenir le plus grand joueur de ce sport. Cette obsession était frappante. Il maitrisait non seulement beaucoup de gestes de Michael mais en plus, il avait adopté ses manières. J’ai organisé une rencontre entre les deux assez rapidement pour lui faire comprendre l’importance du collectif, les premiers mots sortis de la bouche de Kobe furent: « Tu sais, je peux te botter le cul en un-contre-un » .

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Jerry West raconte aussi les premières questions que lui a posé Kobe: « comment avez-vous pu inscrire plus de 30 points par match alors qu’Elgin Baylor tournait aussi à cette moyenne? ». Son égotrip est gigantesque, il fera tout au long de sa carrière sa plus grande force et sa plus grande faiblesse.

Il va devoir passer par une longue période d’ajustement, néanmoins, de 1996 à 1999 où ses résultats sur le terrain ne reflètent pas ses espérances. Après avoir signé un contrat de 3 ans et 3.5M$, il débute en jouant les Summer Pro League à Long Beach, confirmant avec 25pts marqués qu’il était un attaquant hors-pair. Del Harris (coach des Lakers) et Jerry West sont très satisfaits de leur poulain tournant à 24.5pts et 5.3rbds par match. Cependant, ce jeunot veut jouer arrière, et le tandem Nick Van Exel – Eddie Jones prend déjà toutes les minutes disponibles. Kobe devient quand même, à l’époque, le plus jeune joueur à jouer un match NBA (18 ans et 72 jours), puis le plus jeune titulaire (18 ans et 158 jours), Del Harris le ménage, d’autant que l’équipe est compétitive.

Kobe épate, encore, lorsqu’au Rookie Game il enquille 31pts (record de l’époque) et s’en va remporter le Slam Dunk Contest, premier Laker à réaliser cette performance:




Il termine la saison avec quelques highlights, 7.6pts de moyenne et beaucoup de déchets dans son jeu (41% au shoot), les Lakers s’effondrant au second tour des Playoffs contre le Jazz. A noter que Kobe se distingue par quatre air-ball dans le Game 5, incluant deux possibilités d’égaliser à 3pts dans la dernière minute. Shaquille O’Neal n’aura que des mots élogieux suite à cet échec:

Bryant était le seul gars sur le terrain avec les tripes et le cran nécessaire pour tenter des tirs de ce style

Kobe intègre la All-Rookie second Team mais pas le starting 5. Pire, avant le début de la saison 97/98, Jerry West et Del Harris se mettent d’accord pour que Kobe soit le sixième homme officiel de l’équipe. Le joueur ne se fait pas prier et embrasse son rôle avec professionnalisme, jouant entre 20 et 30 minutes par match. Il en ressort plus affuté offensivement parlant (15.4pts par match), palliant aux divers pépins du Shaq mais aussi de Van Exel, Eddie Jones et autres Campbell, Horry. Les Lakers luttent avec les Sonics de Payton et Baker pour la première place à l’Ouest, Kobe en profite pour glaner sa première sélection au All-Star Game.

Très rapidement, les médias comparent le style de jeu de Kobe à celui de Michael Jordan, prétendant au trône selon les grands titres des journaux sportifs. Le reste se passe sur le parquet:




Feud que l’on retrouvera au All-Star Game 1998 et qui vaudra les premières soufflantes dans les oreilles du jeune prodige. En effet, il refusera de passer le ballon à Karl Malone pour continuer à défier Jordan, ce que George Karl n’appréciera pas, il le benchera tout le dernier quart-temps en punition. En fait, c’est un problème que l’on croisera tout au long de la carrière de Kobe, sa propension à ne pas partager la gonfle, à ne pas jouer collectif quand il le faut. Même Jordan aura des mots à lui susurrer à propos de cette attitude. Kobe voulait être une star tout de suite, il voulait surpasser un Jordan au pinacle de sa carrière basket. Or, il n’a fait qu’attirer l’ire de ses principaux soutiens.

Del Harris lui-même commencera par baisser son temps de jeu au fur et à mesure que le jeunot fait fît de ses coéquipiers en attaque. Une leçon qu’il a appris à la dur, Harris étant satisfait de son travail défensif à la fin de la saison et de sa contribution au collectif. Les Lakers perdent en Finale de Conférence contre le Jazz de Stockton-Malone et Hornacek.

Une forte période de turbulences vient secouer la NBA avec le lockout, où l’on attend la fin de la prise d’otage. Kobe en profite pour enregistrer un CD Hip-hop (jamais sorti) et rencontre sa femme par la même occasion pour un mariage courant 2001. Ses parents étaient contre un mariage aussi jeune et n’ont pas assisté à la cérémonie, tout n’est pas rose chez les Bryant. Une fois le lockout terminé, il reste 50 matchs à disputer, les Lakers décident de tout chambouler: Dennis Rodman signe, Del Harris est débarqué au profit de Kurt Rambis, puis en mars, Eddie Jones et Elden Campbell sont envoyés à Charlotte – décidément! – contre Glen Rice, J.R. Reid et B.J Armstrong.

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Kobe intègre le 5 majeur et le travail qu’il abat en coulisse paie. Il joue les cinquante matchs en tant que titulaire et rend 19.9pts de moyenne à 46.5% de réussite, 5.3rbds, 3.8ast, 1.4st. Il intègre de facto la All-NBA Third Team, de part sa versatilité et son jeu All-around, il enquille aussi neuf double-double. Plus important, il construit sa légende à base d’une part d’un travail titanesque aux entrainements, puis d’autre part, avec des tirs clutchs qui font mouche (ou pas) mais qu’il n’hésite jamais à prendre. Lorsqu’il faut prendre un tir de la gagne ou compliqué, Kobe s’impose comme l’homme de la situation. D’autant que Dennis Rodman apportait son expérience et Glen Rice attirait les défenseurs à l’extérieur de la raquette, permettant au duo Kobe-Shaq de s’exprimer librement.

Cependant, des rumeurs enflent concernant la relation du nouveau duo gagnant des Lakers. Il se murmure que Shaq jalouse Kobe, une réunion entre joueurs a même dû être organisée pour mettre fin à cette querelle, faisant empirer les choses. Le plus étonnant dans le fonctionnement de ce tandem réside dans sa dynamique: un véritable choc des cultures et deux forts caractères qui pourront se détester en dehors du terrain mais un retour à la réalité et une union cathartique sur le parquet. Ils sont alors trop jeunes pour arriver à cet étrange compromis, résultat, les Lakers se font éjecter en demi-finales de Conférence contre les Spurs.

Du changement était attendu à la direction de l’équipe, on cherche donc la Roll’s Royce des coachs en signant Phil Jackson qui amène dans ses bagages Tex Winters et l’attaque en triangle. Jerry West était persuadé de deux choses: il détenait avec la relation Kobe-Shaq le futur de la franchise; il fallait réussir à faire concilier ces deux joueurs avec un coach ayant l’expérience et l’intelligence psychologique adéquate des grands champions. Les méthodes peu orthodoxes du Maitre Zen ont permis à Jordan, Pippen et Rodman d’écrire l’histoire, on attend le même éclat; voilà une décision qui doit, alors, flatter l’égo de Kobe.

Il avait déjà pu mesurer l’intérêt des Lakers à son égard: il signe en cours de saison du lockout une extension de contrat de 6 ans et 70M$.


PHIL JACKSON, LE TRIANGLE ET LE THREE-PEAT

A l’évidence, jouer pour le coach symbole de victoires et de Michael Jordan, était une aubaine pour Kobe. Il passe tout l’été à travailler sur son jeu, sa défense et sa rapidité. Dès le début de la saison 99/00, le tandem Kobe-Shaq est transfiguré. Sur le terrain, le système de Phil Jackson permet une grande circulation du ballon, de la vitesse et surtout, les deux stars s’éclatent. L’équipe remporte 25 de ses 30 premiers matchs, les Lakers finissent par écraser toute la Conférence Ouest (67-15), le Shaq est honoré en tant que MVP.

Dans le même temps, Kobe exulte (22.9pts à 46%, 6.3rbds, 4.9ast, 1.6st) tant en attaque qu’en défense et ce, malgré quelques matchs manqués à cause d’un os cassé dans la main en début de saison. Il noircit toutes les cases sur le plan statistique, il accepte son rôle de star de luxe aux côtés du MVP. La saison du Shaq lui permet d’ailleurs de se concentrer plus souvent sur sa défense, il réussit notamment à annihiler un Allen Iverson feu-follet en février, le condamnant à 0/9 dans le quatrième quart-temps. C’est le type de challenge qui lui vaudra un spot dans la All-NBA First Defensive Team (plus jeune joueur à intégrer ce cercle).

PHILADELPHIA - JUNE 15: Kobe Bryant #8 of the Los Angeles Lakers chats with Allen Iverson #3 of the Philadelphia76ers during game five of the 2001 NBA Finals played June 15, 2001 at the First Union Center in Philadelphia, Pennsylvania. NOTE TO USER: User expressly acknowledges that, by downloading and or using this photograph, User is consenting to the terms and conditions of the Getty Images License agreement. Mandatory Copyright Notice: Copyright 2001 NBAE (Photo by Andrew D. Bernstein/NBAE via Getty Images)

Kobe s’exprimait récemment sur le cas Iverson, futur Hall of famer:

A.I m’a poussé à devenir encore plus obsessif, j’ai dû réfléchir longuement comment résoudre ce problème qu’il nous causait en étant si bon. Je l’ai croisé il y a peu et je lui ai dit qu’il ne réalisait pas à quel point il m’avait poussé dans mes retranchements, en défense notamment. Je crois qu’en 1999 il m’avait planté 41pts sur la tête et lorsqu’on a pris le bus, j’ai dit à mes coéquipiers: vous savez quoi? Je dois devenir un défenseur d’élite parce que ça ne peut pas se reproduire

Les Playoffs arrivent rapidement, les Kings et les Suns sont balayés, il fallait plutôt jeter un oeil sur l’affrontement contre les Blazers qui ira en 7. Avec 13pts de retard dans le quatrième quart-temps du Game 7, les Lakers vont revenir et l’emporter. Il ne reste alors qu’à battre les Pacers de Reggie Miller en Finals, chose faite en 6 rencontres, non sans mal, puisque le tournant de la série se déroule au Game 4 où Shaq prend sa sixième faute, et les rênes de l’équipe sont confiées à Kobe par Phil Jackson himself, demandant à ses troupes de passer tous les ballons par Kobe.

https://www.youtube.com/watch?v=IhGj48eVZK0

Sans parler de l’échauffourée entre Kobe et Reggie, toujours mémorable, Bryant veut prouver à qui veut bien l’écouter ou le regarder jouer, qu’il n’a peur de personne.

Un premier titre après quatre saisons en NBA, notre virtuose ne pouvait rêver mieux. Il en profite pour se reposer à l’été – et ne pas rejoindre ses compatriotes aux J.O de Sydney – afin d’être frais pour le back-to-back. D’autant que les Lakers continuent d’assembler les pièces autour de leur duo, si les Fisher, Fox, Horry sont inamovibles, on voit arriver Horace Grant dans la raquette. Ce renforcement est salutaire car la saison 2000/01 est plus problématique: des blessures pour le trio Kobe-Shaq-Fisher en pagaille, pas mal de troubles mais une fois les retours de blessures, 8 victoires consécutives pour aller en Playoffs.

La montée en puissance de Bryant est palpable, il explose avec la confiance du coach et prend les choses en main offensivement (28.5pts à 46%, 5.9rbds, 5.0ast, 1.7st), tout en enregistrant une moyenne de 40.9 minutes jouées par soir!! Il réalise ses deux premiers triple-double en carrière, et établit ses premiers record de carrière avec 52pts marqués par-ci, 5 shots contrés par-là. On reconnait les grands joueurs à l’élévation de leur jeu en Playoffs, Bryant ne dérogera pas à la règle. La campagne 00/01 est splendide: les trois premières équipes sont successivement sweepés, les Blazers, Kings et Spurs, Kobe réalise par exemple une perf’ énorme dans les Game 4 contre les Kings en enregistrant 48pts et 16rbds:




Contre les Spurs de Gregg Popovich, en Finales de Conférence, il tourne à 51.4% de réussite au shoot (54/105), incroyable. Il retrouve cependant Allen Iverson sur son chemin en Finals. Et son équipe de cœur (il est né en Pennsylvanie) vient lui arracher, à la surprise générale, un match en OT! Un classique où A.I plante 48pts sur la tête d’un Bryant bouche-bée. Une fois passé l’effet de surprise, les Lakers vont enchainer 4 victoires et terminer avec une seule défaite au compteur sur cette campagne de Playoffs où Kobe joue son meilleur basket (29.4pts à 46%, 7.3rbds, 6.1ast, 1.6st). A 22 ans, Kobe Bryant a déjà deux titres de champion dans la poche.

Le « Black Mamba » s’arrêtera-t-il en si bon chemin? Que nenni, on prend les mêmes et on recommence pour aller chercher, cette fois, le très rare et prisé Three-Peat. Le travail acharné que Kobe abat reste phénoménal durant l’intersaison, il soigne son shoot en prenant 1000 jumpers par jour tandis que le GM s’occupe de rapporter quelques pièces (Lindshey Hunter, Samaki Walker). Les Lakers ouvrent la saison 2001/02 en remportant 16 de leurs 17 premiers matchs, Kobe étant le catalyseur de cette dynamique ultra-positive tandis que le Shaq souffre encore de pépins physiques récurrents. KB8 se retrouve alors en patron de l’équipe, au four et au moulin, meilleur playmaker de l’équipe.

Sa popularité n’en ressort que grandie, puisqu’il apparait pour la quatrième fois d’affilée au All-Star Game, recevant même le titre de MVP du match (31pts, 5rbds, 5ast). Il avait à cœur de réussir ce matchs des étoiles particulier puisqu’il se déroulait à Philadelphie. Il reçoit cependant pas mal de huées des fans locaux, la faute à la victoire en Finals contre les Sixers quelques mois plus tôt. Il le répètera alors souvent: les huées le motivent plus que les applaudissements. Son plaisir, il ne le boude pas et l’équipe n’en est que bonifiée, terminant à 58-24 au bilan la saison.

Les mêmes adversaires se retrouvent sur leur chemin: les Spurs de Duncan et Robinson, où Bruce Bowen essaie de verrouiller Kobe, en vain:




Puis les Kings de C-Webb, Peja, Bibby, Divac, affectueusement surnommés les « Queens » par le Shaq. Les affrontements sont monumentaux et celui-ci reste dans l’histoire, les deux équipes se retrouvant en Finales de Conférence. Pour une fois, ce ne sont ni Shaq, ni Kobe qui sauvent l’équipe mais un certain Robert Horry, après l’échec des deux stars:




A l’époque, le déséquilibre avec la Conférence Est est si grand que les Finals n’ont que peu d’intérêt. En retrouvant les Nets de Kidd-Kittles-Martin, les Lakers sont en roue libre et sweepent des Finals presque trop faciles. Kobe prend plaisir à être l’homme qui reçoit chaque soir les double-team, il joue 43.8 minutes par match et termine avec 26.6pts, 5.8rbds, 4.6ast, 1.4st cette campagne pour le coup du chapeau, trois titres d’affilée, c’est fait!


LAKERS, TON UNIVERS IMPITOYABLEUH

Les ennuis ne sont jamais loin, quand bien même le succès est retentissant de cette entreprise menée par Phil Jackson. Au début de la saison 2002/03, le Shaq manque des matchs, et Kobe décide de se passer de ses coéquipiers la majeure partie du temps, le succès passé est grisant. Cela lui permet d’enquiller – son rêve – 30pts par match mais sa sélection de tirs est trop aléatoire, il shoote parce qu’il le veut, pas parce que le collectif en a besoin. Ce sont ces tempéraments que Jackson a tenté de calmer, notamment lors de la rencontre avec Jordan sus citée. Il ne faut pas longtemps pour que les critiques tombent rapidement sur le (toujours très jeune) Kobe Bryant. Il tourne à 30pts, 6.9rbds, 5.9ast, 2.2st avec pas moins de 32.9% d’utilisation du ballon de l’effectif. Ce type de comportement est tenable si les résultats sont au rendez-vous, ce qui n’a pas été le cas.

Shaquille O'Neal and Kobe Bryant of the Los Angeles Lakers during a National Basketball Association game at the Great Western Forum in Los Angeles, CA.

Au retour du Shaq en novembre, les Lakers restent amorphes et les rumeurs enflent sur des passe-d’armes verbales entre le Big Daddy et le wanna-be-Jordan, un des nombreux quolibets de ses détracteurs. Kobe en veut au supporting cast qui ne « fait pas le boulot », d’autres voudraient qu’il mette un peu d’eau dans son vin et devienne un vrai leader etc…

Récemment, Samaki Walker fût interrogé sur le cas Bryant et une anecdote assez coquasse en est ressortie, datant de 2002, que rapporte Zach Harper:

Samaki Walker: C’était une des situations les plus dingues que j’ai connu, surtout que l’histoire repose sur un billet de 100$. Après l’entrainement, on se retrouvait entre coéquipiers, on jouait encore à des petits jeux du style tenter des tirs du milieu de terrain, c’était régulier. Le deal était simple: on mettait tous un billet de 100$ dans un pot chacun notre tour, celui qui mettait le panier en premier remportait la mise. Évidemment, Kobe connaissait quelques difficultés dans sa vie personnelle, donc j’excuse un peu son comportement de l’époque. Alors, Kobe remporte le pot global, la règle étant qu’on a 48 heures pour donner les 100$ au vainqueur. Ça faisait quelques minutes, Kobe monte dans le bus et vient me réclamer la somme. De tous les joueurs, il vient m’embêter moi, ce qui m’interroge encore aujourd’hui.


Alors je lui dis simplement: « je n’ai pas l’argent sur moi, et pourquoi tu viens me chercher pour 100 dollars? » Donc je remets mes écouteurs pour être tranquille et là, sans crier gare, Kobe m’assène un coup de poing dans la gueule!! Et là, tout est parti en couille. D’abord, je ne comprends toujours pas pourquoi il a fait ça, étai-ce vraiment pour 100$??? Je ne pense pas. Je sentais que j’allais le détruire physiquement, alors j’ai dit à Phil d’arrêter le bus, je lui ai dit: « écoute, là il a porté sa main sur moi, arrête ce bus ». J’ai demandé à Kobe de sortir avec moi, mais il a refusé, il savait ce qui l’attendait.


Au final, je ne suis jamais allé à cet entrainement, on m’a mis dans une salle pour me calmer. Je savais que son vestiaire était accolé au mien, alors je l’ai attendu là-bas, il n’est jamais venu. Il ne s’est plus montré, il n’a pas pris le bus du retour, je pense qu’il a pris un taxi pour rentrer à l’hôtel histoire qu’on ne se croise pas. Donc bon, je décide d’aller plus tôt au match car Kobe est toujours là très en avance. J’avais déjà décidé dans ma tête que je lui rendrai la pareille et là, le garde du corps du Shaq (Jérôme) s’est pointé et m’a dit: « tu ne me croiras pas mais j’ai réussi à convaincre Kobe de sortir du vestiaire, il veut te parler ».


Je me décide à y aller, Jérôme commence à me faire la morale: « Tu sais, ça n’en vaut pas le coup. Je sais ce que tu veux faire mais écoute, ce n’est pas une situation où quelque chose de positif en ressortira ». Il me fait comprendre, en gros, que je peux faire de cet incident quelque chose de plus grand mais que je devrais tracer ma carrière autre part. Ce qui était vrai. Si Jérôme ne m’avait pas convaincu , car je le respecte beaucoup, je pense que j’aurais quitté les Lakers bien plus rapidement.

Une équipe, ça vit, un collectif, ça se transforme et Kobe avait été trop loin dans cette confrontation, à son jeune âge. Il faut comprendre que ce type d’incident est plus popularisé aujourd’hui et médiatisé à cause des avancées technologiques (le coup de Blake Griffin il y a peu sur un membre du staff), or, en 2002/03, Twitter n’existait pas et encore moins des smartphones à 16MP et vidéos en 4K.

LOS ANGELES - FEBRUARY 14: Kobe Bryant #8 of the Los Angeles Lakers talks to Samaki Walker #52 during the NBA game against the San Antonio Spurs at Staples Center on February 14, 2003 in Los Angeles, California. The Spurs won 103-95. NOTE TO USER: User expressly acknowledges and agrees that, by downloading and/or using this Photograph, User is consenting to the terms and conditions of the Getty Images License Agreement. Mandatory copyright notice: Copyright 2003 NBAE (Photo by: Andrew D. Bernstein/NBAE/Getty Images)

Tout ça pour dire que le héros des uns peut cacher un homme plus sombre, toujours. Kobe aimait à se faire appeler le « vilain », en référence à ces méchants qu’on aime détester dans les Comics, en voici une part. Il faudra, comme on le verra plus tard, de nombreux échecs à Kobe pour comprendre qu’il a besoin des autres pour gagner. Sa mésentente avec le Shaq et même Phil Jackson sera de commune renommée, mais le patron des Lakers, Jerry Buss, a déjà choisi qui serait le porte-étendard de sa franchise pour la décennie à venir.

Les Lakers allaient donc mal après ce Three-peat. Les résultats s’en sont ressentis rapidement, en décembre, une défaite de 27pts contre les piteux Nets – battus en juin en Finals on le rappelle – déclenche un électrochoc. Kobe score 44pts contre les Sixers la nuit suivante et débute, en janvier, une série de 9 matchs consécutifs en marquant plus de 40pts par match, dont 52 contre les Rockets en prolongation. Les Lakers gagnent 8 de leurs 9 rencontres à ce moment-là.

L’équipe termine à 50-32 la saison, Kobe termine deuxième meilleur marqueur de la saison derrière T-Mac (30ppg quand même) avec plus de 41.5 minutes par match de moyenne, de quoi éteindre un organisme. Il n’en est rien, c’est lui le catalyseur d’un retour au premier tour contre des Wolves menant 2-0, il tourne à 31pts-6ast de moyenne pour affronter les Spurs.

San Antonio remporte les deux matchs à la maison, Kobe permet avec 39 puis 35pts d’égaliser aussi à domicile, pour s’écrouler dans le décisif Game 5 où Robert Horry manque un tir à 3pts clutch (94-96), le match 6 n’étant alors qu’une simple formalité (+28 pour S.A), le mental de l’équipe ayant dépéri dans le Game 4.

Ecrit par:

N.K

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